‹ Œuvres de Théophile Gautier: Poésies (volume 3)Chapitre 90 sur 139 · LE BANC DE PIERRE · texte numérisé non relu

LE BANC DE PIERRE

u fond du parc, dans une ombre indécise, Il est un banc, solitaire et moussu, Où l'on croit voir la Rêverie assise, Triste et songeant à quelque amour déçu.

Le souvenir dans les arbres murmure, \

Se racontant les bonheurs expiés ; Et, comme un pleur, de la grêle ramure

Une feuille tombe à vos pieds. 1

Ils venaient là, beau couple qui s*enlace, Aux yeux jaloux tous deux se dérobant, Et réveillaient, pour s'asseoir à sa place.

Le clair de lune endormi sur le banc.

Ce qu'ils disaient, la maîtresse l'oublie; Mais l'amoureux, cœur blessé, s'en souvient.

Et dans le bois, avec mélancolie, Au rendez-vous, tout seul, revient.

Pour Tœil qui sait voir les larmes des choses. Ce banc désert regrette le passé»

Les longs baisers, et le bouquet de roses Comme un signal à son angle placé.

Sur lui la branche à l'abandon retombe, La mousse est jaune, et la fleur sans parfum ; La pierre grise a l'aspect de la tombe Qui recouvre l'amour défunt I...

l'épicurien 225

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