‹ Œuvres de Théophile Gautier: PoésiesChapitre 11 sur 122 · AM. TASTU · texte numérisé non relu

AM. TASTU

Là, de bleuâtres demoiselles.

Fêtant du nénuphar les hôtes bienheureux, Éventails animés, se balancent sur eux

Avec leurs frémissantes ailes.

SAINTINB.

SUR la bruyère arrosée De rosée; Sur le buisson d'églantier; Sur les ombreuses futaies;

Sur les haies Croissant au bord du sentier;

Sur la modeste et petite

Marguerite, Qui penche son front rêvant; Sur le seigle, verte houle

Que déroule Le caprice ailé du vent;

Sur les près, sur la colline

Qui s'incline Vers le champ bariolé De pittoresques guirlandes;

Sur les landes ; Sur le grand orme, isolé,

La demoiselle se berce;

Et s'il perce Dans la brume, au bord du ciel, Un rayon d'or qui scintille,

Elle brille Comme un regard d'Ariel.

Traversant, près des charmilles.

Les Êimilles Des bourdonnants moucherons.

Elle se mêle à leur ronde

Vagabonde, Et comme eux décrit des ronds.

Bientôt elle vole et joue

Sous la roue Du jet d'eau qui, s'élançant Dans les airs, retombe, roule

Et s'écoule En un ruisseau bruissant.

Plus rapide que la brise,

Elle frise, Dans son vol capricieux.

L'eau transparente où se mire

Et s'admire Le saule au front soucieux;

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