LE LION DU CIRQUE . 33I
Le belluaire ainsi gourmande son lion, Et le lion fait trêve à sa rébellion.
Mais toi, sauvage amour, qui, la prunelle en flamme, Rugis affreusement dans Tantre de mon âme, Je n'ai pas de victime à promettre à ta faim, Ni d'esclave chrétienne à te jeter demain; Tâche de t'apaiser, ou je m'en vais te clore Dans un lieu plus profond et plus sinistre encore. A quoi bon te débattre et grincer et hurler?
Le temps n'est pas venu de te démuseler.
En attendant le jour de revoir la lumière, Silencieusement, à l'angle d'une pierre Ou contre les barreaux de ton noir souterrain. Aiguise le tranchant de tes ongles d'airain.
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