‹ Œuvres de Théophile Gautier: PoésiesChapitre 5 sur 122 · AL. GUIRAUD · texte numérisé non relu

AL. GUIRAUD

Dieu Ta faite une heureuse et belle créature.

luedit. M****'.

RUNE àla taille svelte, aux grands yeux noirs, brillants, A la lèvre rieuse, aux gestes sémillants, Blonde aux yeux bleus rêveurs, à la peau rose et blanche, La jeune fille plaît : ou réservée ou franche, Mélancolique ou gaie, il n'importe ; le don De charmer est le sien, autant par l'abandon Que par la retenue ; en Occident, Sylphide, En Orient, Péri, vertueuse, perfide, Sous l'arcade moresque en £ace d'un ciel bleu. Sous l'ogive gothique assise auprès du feu, Ou qui chante, ou qui file, elle plaît ; nos pensées Et nos heures, pourtant si vite dépensées.

Sont pour elle. Jamais, imprégné de fraîcheur, Sur nos yeux endormis un rêve de bonheur Ne passe fugitif, comme l'ombre du cygne Sur le miroir des lacs, qu'elle n'en soit, d'un signe Nous appelant ve^s elle, et murmurant des mots Magiques, dont un seul enchante tous nos maux. Éveillés, sa gaité dissipe nos alarmes.

Et lorsque la douleur nous arrache des larmes,

Son baiser à l'instant les tarit dans nos yeux. La jeune fille 1 — elle est un souvenir des deux, Au tissu de la vie une fleur d'or brodée, Un rayon de soleil qui sourit dans Tondée !

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