‹ Œuvres de Théophile Gautier: PoésiesChapitre 66 sur 122 · LE 71U.AGE · texte numérisé non relu

LE 71U.AGE

ANS son jardin la sultane se baigne, Elle a quitté son dernier vêtement; Et délivrés des morsures du peigne, Ses grands cheveux baisent son dos charmant.

Par son vitrail le sultan la regarde,

Et, caressant sa barbe avec sa main,

Il dit : « L'eunuque en sa tour fait la garde,

Et nul, hors moi, ne la voit dans son bain.

— « Moi, je la vois, lui répond, chose étrange ! Sur l'arc du ciel un nuage accoudé; Je vois son sein vermeil comme l'orange Et son beau corps de perles inondé. »

Ahmed deviift blême comme la lune, Prit son kandjar au manche ciselé.

Et poignarda sa favorite brune...

Qjiant au nuage, il s'était envolé!

Page 1