‹ Œuvres de Théophile Gautier: PoésiesChapitre 75 sur 122 · L^ "DIV · texte numérisé non relu

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ON donnait à Favart Mosé. Tamburini Le basso cantante, le ténor Rubini, Devaient jouer tous deux dans la pièce; et la salle, Qpand on l'eût élargie et faite colossale, Grande comme Saint-Charle ou comme la Scala, N'aurait pu contenir son public ce soir-là.

Moi, plus heureux que tous, j'avais tout à connaître. Et la voix des chanteurs et l'ouvrage du maître. Aimant peu l'opéra, c'est hasard si j'y vais, Et je n'avais pas vu le Moïse français ; Car notre idiome, à nous, rauque et sans prosodie. Fausse toute musique; et la note hardie, Contre quelque mot dur se heurtant dans son vol, Brise ses ailes d'or et tombe sur le sol.

J'étais là, les deux bras en croix sur la poitrine Pour contenir mon cœur plein d'extase divine. Mes artères chantant avec un sourd frisson, Mon oreille tendue et buvant chaque son, Attentif comme au bruit de la grêle fanfare Un cheval ombrageux qui palpite et s'efiare.

Toutes les voix criaient, toutes les mains fhi^paient, A force d'applaudir les gants blancs se rompaient;

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