‹ Œuvres de Théophile Gautier: PoésiesChapitre 87 sur 122 · PENSÉE DE MINUIT 2'J'J · texte numérisé non relu

PENSÉE DE MINUIT 2'J'J

« Que voulez-vous de plus? Tout vous rit, Ton vous aime. — Oh 1 vous avez raison, je me le dis moi-même,

Uavenir devrait m'être cher; Mais c'est en vain, hélas I que votre voix m'exhorte: Je rêve, et mon baiser à votre front avorte,

£t je me sens le cœur amer. »

L^ CH^'MSO'H. DE OillG'H.ON

NGE de poésie, ô vierge blanche et blonde, Tu me veux donc quitter et courir par le monde } Toi qui, voyant passer du seuil de la maison Les nuages du soir sur le rouge horizon, Contente d'admirer leurs beaux reflets de cuivre, Ne t'es jamais surprise à les désirer suivre; Toi, même au ciel d'été, par le jour le plus bleu, Frileuse Cendrillon, tapie au coin du feu, Q}iel grand désir te prend, ô ma folle hirondelle 1 D'abandonner le nid et de déployer Taile?

ff Ah 1 restons tous les deux près du foyer assis. Restons; je te ferai, petite, des récits, Des contes merveilleux, à tenir ton oreille Ouverte avec ton œil tout le temps de la veille. Le vent râle et se plaint comme un agonisant; Le dogue réveillé hurle au bruit du passant; Il fait froid : c'est l'hiver ; la grêle à grand bruit fouette Les carreaux palpitants, la rauque girouette Comme un hibou criaille au bord du toit pointu. Où veux-tu donc aller?

— « O mon maître, sais-tu

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