LE SPECTRE DE LA ROSE
LE STECTliE DE L^ %OSE
SOULÈVE ta paupière close Qji'effleure un songe virginal; Je suis le spectre d'une rose Qpe tu portais hier au bal.
Tu me pris encore emperlée Des pleurs d'argent de l'arrosoir, Et parmi la fête étoilée Tu me promenas tout le soir.
O toi qui de ma mort fus cause, Sans que tu puisses le chasser, Toute la nuit mon spectre rose A ton chevet viendra danser.
Mais ne crains rien, je ne réclame Ni messe ni De profundis; Ce léger parfum est mon âme, Et j'arrive du paradis.
Mon destin fut digne d'envie :
Pour avoir un trépas si beau Plus d*un aurait donné sa vie.
Car J'ai ta gorge pour tombeau,
Et sur Talbdtie où je repose Un poète avec un baiser Écrivit : Ci-git une rose Q)ie tous les rois vont jalouser.