‹ Œuvres de VauvenarguesChapitre 120 sur 264 · IMITATION DE PASCAL · texte numérisé non relu

IMITATION DE PASCAL

passe la raison ; mais quelle démonstration peut-on avoir sur des faits, et principalement sur des faits merveilleux, que l'esprit de parti peut avoir altérés ou supposés en tant de manières? Une seule démonstration, ajoutent-ils, doit prévaloir sur les plus fortes et les plus nombreuses apparences; ainsi la plus grande probabilité de nos miracles ne contre-balancerait pas une démonstration de la contradiction de nos mystères, supposé que l'on en eût une.

Il est donc question de savoir qui a pour soi la démonstration ou l'apparence. S'il n'y avait que des apparences dans les deux partis, dès lors il n'y aurait plus de règle ; car comment compter et peser toutes ces probabilités? S'il y avait, au contraire, des démonstrations des deux côtés, on serait dans la même peine, puisque alors la démonstration ne distinguerait plus la vérité. Ainsi la vraie religion n'est pas seulement obligée de se démontrer, mais il faut encore qu'elle fasse voir qu'il n'y a de démonstration que de son côté. Aussi le fait-elle, et ce n'est pas sa faute si les théologiens, qui ne sont pas tous éclairés, ne choisissent pas bien leurs preuves.

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