‹ Œuvres de VauvenarguesChapitre 2 sur 264 · H AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

H AVERTISSEMENT

souvent réimprimé depuis, sur la vie et les écrits de VamenargueSy cl augmentée d'un assez grand nombre de morceaux inédits. L'éditeur donnait, en outre, des notes de Voltaire et de Alorellet, auxquelles il avait joint les siennes '.

Enfin, en 1821, parut Tédition-Brière, en 3 vol. in-8% tirée, deux ans après, en 3 vol. in-18, dont un se composait d'oeuvres nouvelles.

Ainsi, depuis plus d'un siècle que Vauvenargues est mort, il n'a été publié, en réalité, que trois éditions de ses œuvres, je veux dire celles de 1797, de 1806, et de 1821, les autres, en petit nombre d'ailleurs, n'étant que de simples réimpressions.

Je donne aujourd'hui la quatrième, et voici à quelle occasion : l'Académie française ayant proposé VÉloge de Vauvenargues, comme sujet du prix d'Eloquence à décerner en 1856, je voulus savoir, dans le dessein où j'étais de prendre part au concours, s'il ne restait pas quelque partie inédite de l'œuvre du moraliste. Je n'eus pas lieu de regretter ma peine ; car, dès les premières recherches, à Paris, et en Provence, patrie de Vauvenargues, les découvertes que je fis - , dans les dépôts publics et dans les collections particulières, me fournirent bientôt la preuve que l'édition-Brière, la plus complète qui eût paru jusqu'alors, était bien incomplète encore, et, d'ailleurs, souvent fautive; que le public n'avait guère que la moitié de ce que Vauvenargues a écrit, et que le travail des précédents éditeurs était non-seulement à achever, mais presque entièrement à refaire. Dès les premiers mois de l'année dernière, je tentai l'entreprise; mais peut-être, rebuté par sa longueur même, ne l'aurais-je pas menée à fin, si le résultat du concours ouvert pour l'éloge de Vauvenargues ne m'eût imposé, envers sa mémoire, une sorte de devoir pieux, dont j'étais tenu à m'acquitter, dans la mesure de mes ■ forces. Aujourd'hui, le travail fait, je viens rendre mes comptes au public,

* Quelques aimées auparavant, l'Académie française avait chargé de l'examen des œuvres de Vauvenargues, au point de vue de la latujue et du (joût: une commission dont faisaient partie Garât, Destutt-Traçy, Suard et Morellet. Il est probable que les notes de ces deux derniers, dans l'édition dont il s'agit, sont le résultat de cet examen, qui no fut jamais achevé, mais qui, certainement, avait été commencé.

- Aidé dans mes recherches par quehjues amis des lettres, j'ai à leur exprimer ici ma gratitude, et à citer, entre autres, MM. Victor Cousin, l'illustre maître; L. Barbier, conservateur-administrateur de la Bibliothèque du Louvre ; Bochebilière, de la bibliothèque Sainte-Geneviève ; Bouard, bibliothécaire de la ville d'Aix , et Gliambry, (|ui fait, avec la meilleure grâce, les honneurs de sa belle collection de documents et lettres autographes. Quant à M. G. Lucas- <

Montigny, à qui je dois la cession toute désintéressée d'une longue et importante correspondance entre Vauvenargues et le marquis de Mirabeau, je ne saurais mieux le remercier, qu'en le signalant à la roconnaissancc du ;,

public. '

SLR CETTE NOUVELLE ÉDITION. m

Pour la partie de ses œuvres que Vauvenargues a publiée lui-même, la tâche était tout indiquée : les deux éditions originales faisant foi, il n'y avait qu'à les suivre, tant pour l'ordre des matières que pour le texte : cependant, elles n'avaient pas été toujours suivies par les précédents éditeurs, et bien des fautes leur étaient échappées, que j'ai dû corriger. La difficulté commençait aux œuvres posthumes : la distribution confuse qui en avait été faite jusqu'alors, avait frappé, non-seulement les critiques, qui regardent de près aux choses, mais même les lecteurs les moins attentifs. Telles Réflexions, par exemple, se lapporlant à un même ordre d'idées, et souvent s'expliquant les unes par les autres, avaient été indûment séparées; je les ai rapprochées. J'ai mis, de même, dans unordrequim'a semblé plus logique les Caractères, partie considérable, et trop peu connue, de l'œuvre de Vauvenargues (voir, à ce sujet, la 2'' note de la page 291, et celles des pages 315 et 350). Tels Discours revenaient jusqu'à trois fois, avec des différences peu sensibles, à quelques pages de distance (voir les l"'" notes des pages 151 et 190); de même, dans les Caractères, pour une variante de quelques lignes, et souvent de quelques mots, des pages entières étaient répétées; de plus, tel morceau, faisant corps ici, reparaissait là, dépecé en maximes; enfin, pour les Maximes elles-mêmes, un remaniement complet était à faire. Dans sa seconde édition, Vauvenargues en avait supprimé plus de deux cents que les divers éditeurs avaient cru pouvoir rétablir, de leur chef, d'après la première édition, malgré l'intention expresse de l'auteur (voir la 1'* note de la page ^72) ; déjà semblable liberté avait été prise pour plusieurs morceaux, entre autres , pour le parallèle entre Corneille et Racine (voir la l"' note de la page 239). D'un autre côté, certaines Maximes étaient répétées mot pour mot; enfin, les pensées posthumes n'étaient pas distinguées de celles que Vauvenargues avait publiées luimême. J'ai donné d'abord celles que l'auteur avait maintenues dans sa seconde édition, et j'ai mis à la suite les pensées posthumes, mais en marquant la séparation ; puis, j'ai joint, à titre de variantes, aux Maximes définitives, celles qui n'en différaient que par quelques détails de rédaction, et j'ai rejeté à la fin, imprimées en caractères plus petits, celles que Vauvenargues avait mises au rebut. Dans toute l'édition, d'ailleurs, en tenant un compte scrupuleux des véritables variantes, que l'on trouvera toujours placées au-dessous du texte auquel elles se rapportent, j'ai mis mes soins à retrancher les répétitions, qui, non-seulement grossissaient inutilement le volume, mais déroutaient ou fatiguaient l'esprit (lu lecteur, et c'est grâce à ces suppressions très-nombreuses que j'ai pu donner, en deux volumes in-S", le double, au moins, de ce que l'édilion-Brière donnait en trois.

Quant aux notes, j'ai conservé, autant que je l'ai pu, celles des précédents commentateurs; cependant, j'ai dû en retrancher un certain nom-

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