‹ Œuvres de VauvenarguesChapitre 254 sur 264 · et 2 font 4. — V · texte numérisé non relu

et 2 font 4. — V

*o Var. : « Si une pièce est faite pour être jouée, il n'en faut pas juger par la lecture, mais par l'effet des représentations. »

*' Il semble que dans cette remarque l'auteur a en vue M. et Madame Dacier, traducteurs d'Homère et d'autres anciens écrivains grecs et latins. C'est principalement Homère dont il paraît qu'il est ici question. Si cela

beautés et les mêmes fautes, il me paraît plus raisonnable d'en conclure que c'est un écrivain qui joint de grands défauts à des qualités éminentes, une grande imagination et peu de jugement, ou beaucoup de force et peu d'art, etc. ; et, quoique je n'admire pas beaucoup l'esprit humain, je ne puis cependant le dégrader jusqu'à mettre dans le premier rang un génie si défectueux, qui choque continuellement le sens commun.

870. Nous voudrions dépouiller de ses vertus l'espèce humaine, pour nous justifier nous-mêmes de nos vices, et les mettre à la place des vertus détruites; semblables à ceux qui se révoltent contre les puissances légitimes, non pour égaler tous les hommes par la liberté ', mais pour usurper la même autorité qu'ils calomnient»

871. Un peu de culture et beaucoup de mémoire, avec quelque hardiesse dans les opinions et contre les préjugés, font paraître l'esprit étendu.

872. Il ne faut pas jeter du ridicule sur les opinions respectées; car on blesse par là leurs partisans, sans les confondre 2.

873." La plaisanterie la mieux fondée ne persuade point, tant on est accoutumé ^ qu'elle s'appuie sur de faux principes.

87/i. L'incrédulité a ses enthousiastes, ainsi que la superstition : et, comme l'on voit des dévots qui refusent à Cromwell jusqu'au bon sens, on trouve d'autres hommes qui traitent Pascal et Bossuet de petits esprits*.

875. Le plus sage et le plus courageux de tous les hommes, M. de Turenne, a respecté la religion ; et une infinité d'hommes obscurs se placent au rang des génies et des âmes fortes, seulement à cause qu'ils la méprisent ^.

876. Ainsi", nous lirons vanité de nos faiblesses et de nos folles erreurs.'

est, Vauvenargues a eu raison de supprimer dans sa seconde édition un jugement qui ne fait pas lioiineur à son goût. — S. — Nous croyons que Vauvenargues veut parler de Shakespeare, et non pas d'Homère que, dans le Discours sur le Caractère des dilférents siècles^ il défend précisément contre les reproches qu'il lui ferait ici. — G.

i II faut égaliser. — S. — Voyez les Maximes 219'^ et 288^. — G.

'-i [Trivial. — V.]

"^ il faut, je crois, accoutumé à voir ou à croire qu'elle s'appuie, etc. Il faudrait aussi, je crois, au lieu de qu'elle s'appuie^ répéter que la plaisanterie s'appuie, autrement la phrase n'est pas claire. — S.

4 [Faux. — V.]

5 [Déclamation triviale. — V.] — Voltaire, en effet, ne devait guère goûter cette Maxime, pas plus que les quatre qui précèdent. — G.

0 Cette Maxime est la conclusion de la précédente. — G.

Osons Tavouer : la raison l'ait des philosophes, et la gloire fait des héros; la seule vertu fait des sages.

877. Si nous avons écrit quelque chose pour notre instruction, ou j)our le soulagement de notre cœur, il y a grande apparence que nos réflexions seront encore utiles à beaucoup d'autres; car personne n'est seul dans son espèce, et jamais nous ne sommes ni si vrais, ni si vifs, ni si pathétiques, que lorsque nous traitons les choses pour nous-mêmes ' .

878. Lorsque notre âme est pleine de sentiments, nos discours sont pleins d'intérêt.

879. Le faux, présenté avec art, nous surprend et nous éblouit; mais le vrai nous persuade et nous maîtrise.

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