Le lâche a moins d'affronts à dévorer que l'ambitieux
912. On ne manque jamais de raisons, lorsqu'on a fait fortune, pour oublier un bienfaiteur ou un ancien ami; et on rappelle alors avec dépit tout ce que l'on a si longtemps dissimulé de leur humeur'.
913. Tel que soit un bienfait, et quoi qu'il en coûte, lorsqu'on l'a reçu à ce litre, on est obligé de s'en revancher, comme on tient un mauvais marché, quand on a donné sa parole ^.
91/i. Il n'y a point d'injure qu'on ne pardonne, quand on s'est vengé.
915. On oublie un affront souffert, jusqu'à s'en attirer un autre par son insolence ^.
916. S'il est vrai que nos joies soient courtes, la plupart de nos afflictions ne sont pas longues "'.
* [Vous contredites le chap. du Bien et du mal moral. — V.]— Voltaire a voulu diie vous contredisez,, et il fait allusion au 43' chap. de V Introduction à la Connaissance de l'Esprit humain. Il faut remarquer que cette idée se retrouve à peu près identique dans la Maxime 31 f, où Voltaire, loin d'y rien reprendre, l'a notée du mot Bien. — G.
-^ [C'est dans la Préface du plat livre de Pecquet. — V.] — Pecquet est un obscur écrivain du 18^ siècle, qui a laissé, entr'autres ouvrages, un traité sur V Art de négocier. — G.
^-*-5 [Commun. — V.]
'• [Obscur. —V.] — Cette pensée nous paraît très-claire; on en peut, d'ailleurs, trouver l'explication dans la Maxime /i39''. — G.