A 6. — DU BON ET DU BEAU
Le terme de bon emporte quelque degré naturel de perfection; celui de beau, quelque degré d'éclat ou d'agrément'. Nous trouvons l'un et l'autre réunis dans la vertu, parce que sa bonté nous plaît, et que sa beauté nous sert. Mais d'une médecine qui blesse nos sens, et de toute autre chose qui nous est utile, mais désagréable, nous ne disons pas qu'elle est belle; elle n'est que bonne; de même à l'égard des choses qui sont belles sans être utiles.
M. Grouzas' dit que le beau naît de la variété réductible à l'unité, c'est-à-dire d'un composé qui ne fait pourtant qu'un seul tout et qu'on peut saisir d'une vue ; c'est là, selon lui, ce qui excite l'idée du beau dans l'esprit.
' De perfection aussi, au môme titre que le ternie de bon. — G.
2 Jean-Pierre de Crouzas, mort en 1768, est l'auteur d'un Traité sur le beau. — F. — [A quoi bon citer Crouzas, pour ne rien dire de plus que ce qu'il dit ?—V.l
Dans l'édition qu'il a donnée, et dans celle qu'il préparait, Vauvenargues mettait en tt:îte de ces Réflexions un petit Avertissement qui a été supprimé, on ne sait pourquoi, dans les éditions suivantes, et que nous rétablissons ici. —G.