‹ Œuvres de VauvenarguesChapitre 83 sur 264 · sur la compassion · texte numérisé non relu

sur la compassion

[Les âmes les plus généreuses et les plus tendres se laissent quelquefois porter par la contrainte des événements jusqu'à la dureté et à l'injustice ; mais il faut peu de chose pour les ramener à leur caractère, et les faire rentrer dans leurs vertus. La vue d'un animal malade, le gémissement d'un cerf poursuivi dans les bois par des chasseurs, l'aspect d'un arbre penché vers la terre et traînant ses rameaux dans la poussière, les ruines méprisées d'un vieux bâtiment, la pâleur d'une fleur qui tombe et qui se flétrit, enfin toutes les images du malheur des hommes réveillent la pitié d'une âme tendre, contristent le cœur, et plongent l'esprit dans une rêverie attendrissante. L'homme du monde même le plus ambitieux, s'il est né humain et compatissant, ne voit pas sans douleur le mal que les dieux lui épargnent ; fût-il même peu content de sa fortune, il ne croit pourtant pas la mériter encore, quand il voit des misères plus touchantes que la sienne; comme si c'était sa faute qu'il y eût d'autres hommes moins heureux que lui, sa générosité l'accuse en secret de toutes les calamités du genre humain, et le sentiment de ses propres maux ne fait qu'aggraver la pitié dont les maux d' autrui le pénètrent'.]

ZiO. — [sur les misères cachées.]

[La terre est couverte d'esprits inquiets que la rigueur de leur condition et le désir de changer leur fortune tourmentent inexorablement jusqu'à la mort. Le tumulte du monde empêche qu'on ne réfléchisse sur ces tentations secrètes qui font franchir aux hommes les barrières de la vertu. Pour moi, je n'entre jamais au Luxembourg, ou dans les autres jardins publics, que je n'y sois environné de toutes les misères sourdes qui accablent les hommes , et

* La Bruyère avait dit de môme {de l'Homme^ n" 79) : « Les gens déjà « chargés de leur propre mistre sont ceux qui entrent davantage, par la com- 1 passion, dans celle d'autrui. » — G.

98 RÉFLEXIOINS

que divers objets ne m'avertissent et ne me parlent de calamités que j'ignore. Tandis que, dans la grande allée, se presse et se heurte une foule d'hommes et de femmes sans passions, je rencontre, dans les allées détournées, des misérables qui fuient la vue des heureux, des vieillards qui cachent la honte de leur pauvreté, des jeunes gens que l'erreur de la gloire entretient à l'écart de ses chimères, des femmes que la loi de la nécessité condamne à l'opprobre, des ambitieux qui concertent peut-être des témérités inutiles pour sortir de l'obscurité. Il me semble alors que je vois autour de moi toutes les passions qui se promènent, et mon âme s'afflige et se trouble à la vue de ces infortunés, mais, en même temps, se plaît dans leur compagnie séditieuse. Je voudrais quelquefois aborder ces solitaires, pour leur donner mes consolations; mais ils craignent d'être arrachés à leurs pensées, et ils se détournent de moi : le plaisir et la société n'ont plus de charmes pour ceux que l'illusion de la gloire asservit; la joie et le rire ne font que passer sur leurs lèvres. Je plains ces misères cachées, que la crainte d'être connues rend plus pesantes; je veux, si je puis, fuir le vice, et fermer mon cœur aux promesses des passions injustes; mais il y aurait de la dureté à n'être pas touché de la faiblesse de tant d'hommes qui, sans les malheurs de leur vie, auraient pu chérir la vertu, et achever leurs jours dans l'innocence '.]

lii. — [sur la frivolité du monde.]

[Le monde est rempli de gens qui passent leur vie à s'entretenir les uns les autres de ce qu'ils savent, à se raconter des faits dont ils sont réciproquement instruits, ou des actions auxquelles ils ont eu la même part ; ils se rappellent avec vivacité des choses qu'aucun d'eux n'a oubliées, les

1 11 faut reconnaître que cette préocupation, si profonde mais en môme temps si discrète, des souffrances individuelles, et surtout cet accent à la fois si pénétré et si peu déclamatoire, étaient rares au 18^ siècle, où les écrivains, comme nous l'avons dit dans notre Elo(je de Vauvenargues, paraissent plus en souci de la destinée][du genre humain que de celle de l'individu. — G.

guerres qu'ils ont faites ensemble, les livres qu'ils ont lus, les conversations qu'ils ont eues en de certains temps ; et ils ne s'écoutent point les uns les autres, car ils savent d'avance ce qu'on leur veut dire. Mais ils souffrent qu'on leur apprenne des choses qu'ils savent, afm d'avoir droit, à leur tour, de débiter de semblables puérilités, et, lorsqu'ils ont épuisé un certain cercle de faits et de réflexions, ils reprennent les mêmes discours, et ne se lassent point de se répéter. De telles conversations rendent l'esprit paresseux, pesant, et l'endorment en quelque sorte dans l'oisiveté. Les gens du monde ne tombent point dans ces longueurs, dans ces détails et dans ces récits inutiles; ils ne se permettent guère de parler des choses passées; mais ils s'occupent trop du présent, et traitent tous les sujets d'une manière trop superficielle et trop frivole ; ils ne vont jamais jusqu'au nœud des choses; et n'intéressent que la surface de l'esprit, sans aller au cœur : ce qui fait qu'il y a peu de conversations profitables, et qui mènent à une fin. Aussi la plupart des hommes ne se doutent-ils pas que la conversation puisse être regardée d'une autre manière que comme un amusement et un délassement. Ceux qui en font une sorte de commerce et une négociation perpétuelle, sont trèsrares; mais, comme ils y apportent beaucoup plus de fond que les autres, ils en retirent aussi un plus grand profit. De même, il y a peu d'actions qui mènent à une fin utile. Je vois tous les ans des officiers qui se dérangent pour plusieurs années, afin de pouvoir se vanter qu'ils ont vu le monde ; ils quittent leur femme et leurs enfants pour venir consommer à Paris, en peu de mois, le revenu de plusieurs années, et s'ensevelir ensuite dans leur province. D'autres se ruinent au jeu ou dans un des quartiers de la ville, sans pouvoir réussir à faire percer leur nom jusqu'à la bonne compagnie, et ils ne sont connus que des marchands et des ouvriers. On en voit qui se tourmentent toute leur vie pour faire leur cour à leur évêque, à l'intendant de leur province, au commandant, aux magistrats, et aux grands qui pas-

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sent; ils donnent à dîner, ils font des voyages; ils emploient le temps, qui est si précieux, en bagatelles; comme aussi ceux qui veulent voir des gens de lettres, pour acquérir la réputation de beaux-esprits, au lieu de cultiver les lettres elles-mêmes.]

1x2. — [sur le bel-espriï'.J

[On ne demande pas à un bel-esprit qu'il approfondisse un art, pourvu qu'il sache discourir de l'art des autres. Il n'a pas besoin d'exceller dans un métier; il suffit qu'il se mêle de tous les métiers, et qu'il ait la surface de tous les talents. Il doit savoir écrire en prose et en vers sur quelque sujet qui se présente; il est même obligé de lire beaucoup de choses inutiles, parce qu'il doit parler fort peu de choses nécessaires ; le sublime de sa science est de rendre des pensées frivoles par des traits. Qui prétend mieux penser ou mieux vivre? Qui sait même où est la vérité ? Un esprit supérieur aux préjugés fait valoir toutes les opinions, mais ne tient à aucune ; il a vu le fort et le faible de tous les principes, et il a reconnu que l'esprit humain n'avait que le choix de ses erreurs. Indulgente philosophie, qui égale Achille et Thersite, et nous laisse la liberté d'être ignorants, paresseux, frivoles, sans nous faire de pire condition ! Aussi voyons-nous qu'elle a fait des progrès rapides : ce n'était d'abord que le ton d'un petit nombre de beaux-esprits ; aujourd'hui c'est une des modes du peuple.]

/i3. — [sur le ton a la mode.]

[Si c'est être pédant que d'affecter la singularité, mettre de l'esprit partout, penser peu naturellement, et s'exprimer de même, que de pédants n'y a-t-il pas parmi les gens de lettres, et parmi les gens du monde? Que voit-on aujourd'hui dans les livres et dans la meilleure compagnie, que beaucoup d'esprit sans justesse, une envie de briller aux

» Rapprochez de la 51'^ Réflexion, — G.

dépens de la raison, une ignorance très-présomptueuse, ou des connaissances très-superficielles ? On serait mal venu cependant de dire que les gens du monde et les beauxesprits sont les pédants, et que quelques hommes sensés et simples, qui savent assez, mais qui brillent peu, qui n'estiment que la raison et le naturel, sont les gens véritablement agréables. De même, si quelqu'un eût dit, il y a six-vingts ans, que l'hôtel de Rambouillet ne rassemblait que des pédants et des précieuses, assurément, on ne l'eût guère écouté. On Ta dit néanmoins, peu de temps après, et personne aujourd'hui ne le met en doute. Ce n'est donc pas à nous qu'il est permis de juger de notre siècle; c'est à ceux qui viendront après nous à se moquer de notre ton et de nos modes, si les leurs ne sont encore pires. On n'eût pas cru, du temps de Louis XllI, que le ton du connétable de Luynes et des autres courtisans de ce règne ne fût pas le meilleur et le plus aimable qu'on pût avoir : il serait plaisant que certains hommes, que je ne nomme pas, et qui font grand bruit parmi nous, devinssent quelque jour aussi ridicules que le maréchal de Bellegarde et que Voiture.]

A/i. — [sur l'incapacité des lecteurs.]

[Combien de gens connaissent tous les livres et tous les auteurs, sont instruits de toutes les opinions et de tous les systèmes, qui sont incapables de discerner le vrai du faux, et d'apprécier ce qu'ils lisent! Combien d'autres se plaignent qu'on n'écrit plus rien de raisonnable, et que tous les auteurs ne font que se répéter les uns les autres, qui, s'il paraissait un ouvrage original, non-seulement ne l'approuveraient pas, mais seraient les premiers à le combattre, à en relever les défauts, et à se prévaloir contre lui des négligences qui pourraient s'y rencontrer ! Cette disposition trop ordinaire des esprits, l'espèce d'oubli dans lequel ont été ensevelis pendant longtemps de grands ouvrages, et l'injustice que d'assez beaux génies ont éprouvée de leurs contemporains , autorisent des hommes très-médiocres à

protester contre les jugements de leur siècle, et à attendre follement de la postérité l'estime refusée à leurs ouvrages. C'est cette môme incapacité des lecteurs, c'est leur mauvais goût, leur avidité pour les bagatelles, qui enhardissent et multiplient jusqu'à l'excès les livres fades et les niaiseries littéraires. Si l'art de penser et d'écrire n'est plus qu'un métier mécanique , comme l'arpentage, ou l'orfèvrerie ; si on n'y est plus engagé par le seul instinct du génie, mais par désœuvrement ou par intérêt; s'il y a sans comparaison plus de mauvais ouvriers dans cette profession que dans les autres, il faut s'en prendre à ceux qui soutiennent ces faibles artisans et leurs faibles ouvrages, en les lisant. Cependant, de même que le grand nombre des arts inutiles prouve et entretient la richesse des États puissants, peutêtre aussi que cette foule d'auteurs et d'ouvrages frivoles, qui entretiennent le luxe et la paresse de l'esprit, prouvent, à tout prendre, qu'il y a aujourd'hui plus de lumières, plus de curiosité et plus d'esprit qu'autrefois parmi les hommes '.]

àb. — [sur le merveilleux.]

[Les hommes aiment le merveilleux, non pas parce qu'il est faux, mais parce qu'ils aiment ce qui les surprend. Du reste, ils ne l'aiment qu'autant qu'ils le croient, et ils ne le croient qu'autant qu'il est revêtu des dehors du vrai, ou qu'il leur paraît tel. Moins les hommes sont éclairés, plus il est facile de leur en imposer par des fables, c'est-à-dire de les leur faire recevoir pour des vérités ; car quand ils savent que ce sont des mensonges, tout au plus ils s'en amusent, mais ils ne s'y intéressent pas. Une faut donc pas dire que le vrai a besoin d'emprunter la figure du faux pour

' On remarquera dans ce morceau, ainsi que dans la plupart des Réflexions de Vauvenargues, le soin qu'il prend de chercher la justification, ou, au moins, la raison des faux usages ou des fausses idées qu'il constate. C'est qu'en effet sa méthode c'est la conciliation^ ou, comme il le dit souvent luimême, le rapprochement des contrariétés apparentes ^ pour en former vn système raisonnable. — G.

être reçu agréablement dans l' esprit humain; un homme qui écrirait sur ce principe n'écrirait que pour les sots, et serait bientôt méprisé des bons esprits.

Les fables ont été inventées pour faire recevoir la vérité aux enfants, ou aux esprits faibles qui ne sortent pas de l'enfance ; mais rien n'est si rebutant pour des hommes raisonnables, et il n'y a que les agréments du style, le charme des vers, la beauté et la vérité des maximes que ces fables enveloppent, qui puissent en faire supporter la puérilité. Dire donc que les fables plaisent aux hommes, c'est dire que la plupart des hommes sont enfants, qu'ils se laissent surprendre au merveilleux, que peu de chose éblouit leur jugement, et tire leur esprit de son assiette ; c'est dire que peu de gens ont assez de sagacité pour distinguer le vrai du faux ; mais dans les choses où le vrai est connu, le faux se présente inutilement, et, plus il est orné, plus il est ennuyeux.]

llQ. — SUR LES ANCIENS ET LES MODERNES.

Un Athénien pouvait parler avec véhémence de la gloire à des Athéniens; un Français à des Français, nullement; il serait honni'. L'imitation des anciens est fort trompeuse : telle hardiesse qu'on admire avec raison dans Démosthènes, passerait pour déclamation dans notre bouche. J'en suis fort fâché, nous sommes un peu trop philosophes ; à force d'avoir ouï dire que tout était petit ou incertain parmi les hommes, nous croyons qu'il est ridicule de parler affirmativement et avec chaleur de quoi que ce soit. Cela a banni l'éloquence des écrits modernes ; car l'unique objet de l'éloquence est de persuader et de convaincre ; or, on ne va point à ce but quand on ne parle pas très-sérieusement. Celui qui est de sang-froid n'échauffe pas, celui qui doute ne persuade pas; rien n'est plus sensible. Mais la maladie de nos jours est de vouloir badiner de tout; on ne souffre qu'à peine un autre ton.

' Voir, pins loin, la fin dn 2'" Diacmirs sur la Gloire — G.

Ixl. — [on peut rougir d'une vertu.]

[Je me suis trouvé autrefois, dans un bain public ', avec une vieille femme qui, voyant que j'étais fort jeune, et sachant que j'étais dans le service, m'honorait de quelques plaisanteries très-militaires. Je rougissais malgré moi, non pas de l'impudence de cette vieille, car on ne rougit point des défauts d'autrui, mais de ma propre pudeur, que son impertinence rendait ridicule. Pendant qu'elle se faisait honneur des défauts de mon âge, je mourais de honte de paraître avec les vertus de son sexe. Un capucin était à côté de moi, et ne rougissait point : c'est que la pudeur était la vertu de son état, et non du mien. Les hommes sont si faibles, qu'ils se font des devoirs, non-seulement des talents, mais même des vices de leur profession'.]

Zi8. — [sur les armées d'a-présent.]

[Le courage, que nos ancêtres admiraient comme la première des vertus, n'est plus regardé, peu s'en faut, que comme une erreur populaire; et, quoique tous n'osent avouer dans leurs discours ce sentiment, leur conduite le manifeste. Le service de la patrie passe pour une vieille mode, pour un préjugé; on ne voit plus dans les armées que dégoût, ennui, négligence, murmures insolents et téméraires; le luxe et la mollesse s'y produisent avec la même effronterie qu'au sein de la paix ; et ceux qui pourraient, par l'autorité de leurs emplois, arrêter le progrès du mal, l'entretiennent par leur exemple. Des jeunes gens, poussés par la faveur au-delà de leurs talents et de leur âge, font ouvertement mépris de ces places qu'ils ne méritent pas, en effet, d'occuper; des grands, qui seraient tenus, par le seul respect de leur nom, à cultiver l'estime et l'affection de leurs troupes, se cachent, puisqu'il faut le

* Les lettres de Vauvenargues à Saint-Vincens nous apprennent qu'il avait pris les eaux à Vais (Ardèche) et à Plombières, en 1740 et en 17/tl. — G. - Quelle finesse de vue, et quelle profondeur d'analyse! — G.

dire, ou se cantonnent, et forment jusque dans les camps de petites sociétés où ils s'entretiennent encore du bon ton, et regrettent l'oisiveté et les délices de Paris. Ces messieurs s'ennuient du genre de vie que l'on mène à l'armée ; et comment pourraient-ils s'en contenter, n'ayant ni le talent de la guerre, ni l'estime de leurs troupes, ni le goût de la gloire ? Aussi, voyez-les sous leurs tentes : qui pensez-vous y rencontrer pour l'ordinaire? S'il y a dans l'armée un sujet médiocre, un fat dont la réputation soit équivoque, et qui soit aussi peu aimé qu'estimé de ses camarades, c'est là qu'il est souffert, et quelquefois recherché, pour prix de ses honteux offices; c'est là qu'il nargue le mérite plus timide, qui évite de lui disputer ce lâche honneur. Pendant ce temps, les officiers sont accablés des dépenses que le faste des supérieurs introduit et favorise ; et bientôt le dérangement de leurs affaires, ou l'impossibilité de parvenir et de mettre en pratique leurs talents, les obligent à se retirer, parce que les gens de courage ne sauraient longtemps souffrir l'injustice ouverte, et que ceux qui travaillent pour la gloire ne peuvent se fixer à un état où l'on ne recueille aujourd'hui que de la honte '.]

/iO. — REGARDER MOINS AUX ACTIONS QU'aUX SENTIMENTS.

Un des plus grands traits de la vie de Sylla est d'avoir dit qu'il voyait dans César, encore enfant, plusieurs Marins, c'est-à-dire un esprit plus ambitieux et plus fatal à la liberté. Molière n'est pas moins admirable d'avoir prévu, 8ur une petite pièce de vers que lui montra Racine au sortir du collège, que ce jeune homme serait le plus grand poëte de son siècle. On dit qu'il lui donna cent louis pour l'encourager à entreprendre une tragédie. Cette générosité, de la part d'un comédien qui n'était pas riche, me touche autant que la magnanimité d'un conquérant qui donne des

* Ce morceau fait assez voir que ce n'est pas uniquement pour des raisons de santé que Vauvenargues se retira do l'armée. — G.

ICC RÉFLEXIONS

villes et des royaumes. Il ne faut pas mesurer les hommes par leurs actions, qui sont trop dépendantes de leur fortune, mais par leurs sentiments et leur génie '.

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