‹ Œuvres de VoltaireChapitre 13 sur 182 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

De l'amc, et de la manière dont elle est unie au corps, et dont elle a ses idées. — Quatre opinions sur la formation des idées : celle des anciens matérialistes, celle de Malebranche, celle de LeibniU. Opinion de LeibniU combattue.

Newton était persuadé, comme presque tous les hons philosophes, que l'amc est une substance incompréhensible; et plusieurs personnes qui ont beaucoup vécu avec Locke m'ont assuré que Newton avait avoué à Locke : que nous n'avons pas assez de connaissance de la nature pour oser prononcer qu'il soit impossible à Dieu d'ajouter le don de la pensée a un être étendu quelconque. La grande difficulté est plutôt de savoir comment un être ( quel qu'il soit ) peut penser, que de savoir comment la matière peut devenir pensante. l«a pensée, il est vrai, semble n'avoir rien de commun avec les attributs que nous connaissons dans l'être étendu qu'on appelle corps; mais connaissons - nous toutes les propriétés des corps ? C'est une chose qui paraît bien hardie, que de dire à Dieu : Vous avez pu donner le mouvement, la gravitation, la végétation,

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