‹ Œuvres de VoltaireChapitre 164 sur 182 · AUX LONGS DISCOURS, ETC · texte numérisé non relu

AUX LONGS DISCOURS, ETC

o possible, et que tout ce qui est possible n'est pas l; et que tout ce qui est actuel est possible; te les essences des choses ne changent pas. » Ah ! plût à Dieu que l'essence des docteurs changeât! Eh bien ! vous nous apprenez donc qu'il y a des essences, et moi je vous apprends que ni vous ni moi n'avons l'honneur de les connaître : je vous apprends que jamais homme sur la terre n'a su et ne saura ce que c'est que la matière , ce que c'est que le principe de la vie et du sentiment, ce que c'est que l'ame humaine; s'il y a des ames dont la nature soit seulement de sentir sans raisonner, ou de raisonner en ne sentant point, ou de ne faire ni l'un ni l'autre; si ce qu'on appelle matière a des sensations comme elle a la gravitation; si, etc.

Quant à la dispute sur la mesure de la force des corps en mouvement, il me paraît que ce n'est qu'une dispute de mots; et je suis fâché qu'il y en ait de telles en mathématiques. Que l'on exprime comme l'on voudra la force, par mv, ou par mv* , rien ne changera dans la mécanique; il faudra toujours la même ^quantité de chevaux pour tirer les fardeaux , la même charge de poudre pour les canons ; et cette querelle est le scandale de la géométrie.

Plût au ciel encore qu'il n'y eût point d'autre querelle entre les hommes ! nous serions des anges sur la terre. Mais ne ressemble- 1- on pas quelquefois à ces diables que Milton nous représente dévores d'ennui, de rage, d'inquiétude, de douleur, et raisonnant encore sur la métaphysique au milieu de leurs tourments ?

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