‹ Œuvres de VoltaireChapitre 59 sur 182 · M EL V» G ES. IL I · texte numérisé non relu

M EL V» G ES. IL I

Tous les corps connus pèsent, et il y a long-temps que la légèreté absolue a été comptée parmi les erreurs reconnues d'Aristote et de ses sectateurs.

Depuis que la fameuse machine pneumatique a été

inventée, on a été plus à portée de connaître la pesanteur des corps; car, lorsqu'ils tombent dans l'air, les parties de l'air retardent sensiblement la chute de ceux qui ont beaucoup de surface et peu de volume; mais dans cette machine privée d'air, les corps abandonnés à la force, quelle qu'elle soit, qui les précipite sans obstacle, tombent selon tout leur poids.

La machine pneumatique, inventée par Otto Guéri ke, fut bientôt perfectionnée par Hovle; on fit ensuite des récipients de verre beaucoup plus longs, qui furent entièrement purges d'air. Dans un de ces longs récipients, composé de quatre tubes, le tout ensemble avant huit pieds de hauteur, on suspendit en haut, par un ressort , des pièces d'or, des morceaux de papier, fies plumes; il s'agissait de savoir ce qui arriverait quand on détendrait le ressort. Les bons philosophes prévoyaient que tout cela tomberait en même temps : le plus grand nombre assurait que les corps les plus massifs tomberaient bien plus vite que les autres : ce grand nombre, qui se trompe presque toujours, fut bien étonné quand il vit, dans toutes les expériences, l'or, le plomb, le papier et la plume tomber également vite, et arriver au fond du récipient en même temps.

Ceux qui tenaient encore pour le plein de Descartes, pour les prétendus effets de la matière subtile, ne pouvaient rendre aucune bonne raison de ce fait ; car

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