THÉOUIE DE LA LUNE
choses égales, moins échauffé; et il ne voit pas le soleil aussi gros que nous voyons Vénus.
La matière dont il est composé est probablement moins dense que la notre dans la proportion de 1 5 à ioo, c'est-à-dire que la matière de la terre est 6 fois et 2 tiers plus massive que celle de Saturne.
Ainsi on voit que plus une planète est éloignée du soleil, moins sa matière est compacte et dure; par conséquent elle s'échauffe plus aisément : la matière dont Mercure est composé est d'autant plus compacte que Mercure est plus proche de ce feu auquel il doit résister; et la matière de Saturne d'autant plus rare et lâche qu'elle est plus loin de ce feu qui doit l'animer. Les corps pèsent sur sa surface un peu plus que sur celle de la terre; ce qui pèse 4 livres sur la terre, pèse environ 5 livres sur Saturne.
Saturne pèse lui-même près de cent fois moins que la terre sur le soleil ; le même corps qui dans la première seconde tombe ici de i5 pieds, tombera de i«j sur Saturne.
lia autour de lui cinq lunes; la plus prochaine en est éloignée de trente mille lieues, et la cinquième d'environ cent soixante mille, à -peu-près comme le premier et le dernier des satellites de Jupiter sont distants de Jupiter. Nous n'entrons ici dans aucun détail sur son anneau, pour lequel il faudrait un volume à part.
Il y a entre Jupiter et Saturne une attraction sensible qui n'est point marquée entre les autres planètes principales: quand, prar exemple, Vénus, la terre et Mars s'approchent , sont en conjonction , leur gravi-
tation ne dérange que très peu leur mouvement dans leurs orbes, pareeque leurs orbes sont assez proches du soleil; et la masse de cet astre surpasse tellement la masse réunie de ces planètes, que leurs forces centripètes ne sont pas capables d'opérer une résistance bien sensible contre la force centripète résultante de la masse du soleil qui les attire.
Il n'en est pas de même de Jupiter et de Saturne. Ces deux globes, énormes par rapport au nôtre, sont à une distance immense du centre qui les attire.
Jupiter est inoins attiré que nous vingt-cinq fois , et Saturne est moins attiré que nous près de cent fois, à raison du carré des distances; quand ces deux astres sout en conjonction, ils sont bien plus près l'un de l'autre que Jupiter ne l'est du soleil; ainsi ils gravitent davantage l'un vers l'autre, et ils éloignent sensiblement de leur orbite ordinaire. Leur cours est dérangé; c'est ici le plus beau triomphe de l'attraction : ces deux globes qui se trouvent si rarement en conjonction, s'y trouvèrent du temps de Newton ; il calcula, par les lois de l'attraction, de combien leur cours devait être altéré. L'illustre Halley observa ces astres , et ses observations démontrèrent ce que Newton avait deviné, comme les mesures prises au pôle ont confirmé depuis ce que Newton avait dit de la figure de la terre.
Ainsi donc ce qui se passe sur la terre et ce qui se passe à cent cinquante, à près de trois cents mil lions de lieues de la terre, prouve également cette admirable propriété de la matière que Newton a découverte.
DES COMÈTES