CHAPITRE sTHI. 8i
entre des mains anglaises. Ces deux-ei ont poussé âm^ le 9ier* wood , et comme ils ont pu grossir en toute sûreté depuis le temps de Robin-Hood , il n'est pas probable qu'ils manquent leur serv jee , entre des mains aussi vigoureuses , et avec un œil aussi justes que Tœil et les mains des archers qui servent, sous les ordres de Votre Seigneurie. — Et où ont passé tous les autres arcs, s'il est arrivé deux cargaisons dans le port d'Âyr, et que tu aies encore eu de la peine à me procurer seulement ces deux yieas. bois? » dit le gou* verneur. — Ma foi ! je ne prétends pas être assez habile pour vous le dire, » répondit Greenleaf en haussant les épaules. « On parle de complot dans ce pays-là aussi bien que dans celui-ci : on répète que leur Bruce et le reste de ses parents projettent une nouvelle escapade; et que le roi proscrit se propose de débarquer à Tumberry au commencement de l'été avec un certain nombre de ces vigourçux drôles dlrlandais. Nul doute que les sujets de ce burlesque royaume de Carrick ne se tiennent prêts avec leurs arcs et leurs lances à seconder une entreprise qui présente tant de chanees de succès. Je compte qu'il nous en coûtera une vingtaine de paquets de flèches pour remettre tout en ordre. — Dites-vous donc qu'il se trame des conspirations dans cette partie de la contrée , Greenleaf? reprit de Walton... Je sais que vous êtes un drôle sagace, qui savez dès long-temps comment Fou manie une branche d'arbre recourbé munie d'une corde, et vous n'êtes pas homme à souflKr que de telles manœuvres aient lieu sous votre nez sans prendre la peine de les découvrir. — Je suis assez vieux, le ciel le sait, répliqua Greenleaf^ j'ai acquis assez d'expérience dans ces guerres d'Ecosse, et je connais à quel point un chevalier et un soldat doivent avoir confiance dans les Écossais. Croyez-moi, les Écossais sont tous^foux, et c'est un brave archer qui vous le dit, un archer qui, lorsque le but est raisonnablement loin, ne le manque presque jamais de la largeur de la main... Ah! sir John, Votre Honneur sait bien comment il âtut agir avec eux, les mener bon train et leur tenir la bride serrée ! Vous n'êtes pas de ces gens simples et novices qui s'imaginent que tout peut se foire par la douceur, et^i veulent se montrer polis et généreux envers ces parjures montagnards , comme si jamais dans le cours de leur vie ils pouvaient rien connaître qui ressemble à la politesse ou à la générosité. — Tu fois allusion à quelqu'un , dit le gouverneur, et je te commande, GUbert, d'être franc et sincère avec moi. Il me semble que tu n'ignores pas que ta franchise ne peut t'atUrer aucun mal. — C'est la vérité »
tl LE CHATEAU DAN&ttEnX.
sif MhA, 1« l^ùre térité, » répHqui le Tidllard û l0B»46Bqpf épÊtti^i par It çaerra, «r portant la pain i «m front; « mais il serait Imprudent d# eemoHmîfuer toutes les remarques qui passent par la tAte d'un fienx soldat dans les moments inai^ d'une Saniison eomme eelte^. On se trompe aussi soutent qu'on â raison^ et ainsi on se fait une réputation de rapporteur et de md* 4iant parmi ses eamarades, réputation que Ton mértte parftns , et B ne semble que je ne serais pas bien aise de m'en iSure une sembliMe. *^ Parie -moi franehement, et n*aie pas peur ipie J%ésite k te eroire, quels que soient les gens dont tu as à m'«^ treteair. -^ Eh bt€» ! à tous parler frauehement , je n'ai ja^ mais redouté les grands airs de ee jeune clieTdier, attendu que je suis le plus Tieuz soldat de la garnison , et que je déeocbais des flèebes a?ee mon grand aro bien long^temps avant qu'il eût eeaié de téter ea nourrice. «^ C'est donc sur mon lientenint et wBoi , Aymer de Valenee, que se portent tes soopqons? ~ Je n'ai rien î dfc« quant à l'honneur de ce chevalier qui -cet aussi bnt e que répée qu'il porte , et qui » pour sa grande jeunesse « occupe éij/k un rang distin^ sur la liste des chef aKers anglais ; mais il est extrèt moment jeune , comme Votre Seigneurie le sait » et /avoue que Im gens dent H fiit sa compagnie me troublent et m'inqidètenL -rr Ohl m sois bien, Greenleaf , que dans le loisir d'une «ramison en eheva^ Her ne peut toujours lAercher ses plaisirs et ses aansements yaimt ses égau seuls , qui d'aillemrs ne sont pas si nombreux, et peuvent ne pas atre aussi fris , aussi disposés à se divertir quW te dtfsirar mit. •«-* Je sais bleu cela t aussi ne dirais-je absciumcnt riapi contre le lieutenant 4e Votre Honneur, s*tl se eonteitfait de s'adHoiadi» d%Ottaètes ft^étes, bien qu'iniérieurs par leur rang, pour jeueri l'Mueau ou s'cscrtaer uq bâton. Mais sir Aymer de Vaienoe % étendre eonter des histowes guerrières d'aHtreft)is, et il semble qu'il ferait bien d'aller en demander aux anciens soldats ^ ont suivi Edouard I"^, à qui Dieu lusse paix! et qui, avant l'époque d'Edouard , ont &it les guerres des barons et assisté à tant de sanglantes batailles avec les chevaliers et les ardÉers de la joif euse Angleterre : cela , en vérité , conviendrait mieux au neveu du comte de Pembroke , que de s'enfermer tous les jours avec un ménestrel vagabond, qui gagne sa vie à réciter des sornettes et débite aux jeunes gens assez complaisants pour les croire des choses d'après lesquelles on ne saurait dire s'U a les opinions d'un ^l^ais oa d'un Écossais» et moins enepre saTOir s'il est né «p
tMktVtttt ^ra. 19
fHMirquof M te toitse âifiM âii ehàt^âu , Hbre de «ommiiif qtier tort ^ qui é'f pMie A e#ê t iéut (âiênteurs de mâtines du tout ent de MMê^Brilfitté» q«I éhettC de beuehe : IHm pMtégê lé toî Édùuml ! mêk iféei^Êà m ftmd da ee^nr t DimipMtége h mi Mêèmt JTitiM / 9e Mies eomtniiiiteatfoiiê pey veat aisèiie&t « vef^ lieu e«in(^eft de sm Ulé/qui demeure h SiÉbite-Bi'lsitle» eemne le sftf t Vetre Seit;tieurie , seul ^étexte qu'il est txielftde. — CottUBent 4ites*-ir0«s? sous préteicte? eà meladle n'est-èlle ddne p» réelle? -^ Obi â se peut bien quH soit neldde à eu mourir ; mais , dtts ee ets, ne eéi^it deée pas plus naturel que ee père resttt près èb son Ms au lieu de fltreter dans ee efaftteau où on le rencontre tMtimielleiB^ » aett dans la MbUotbëque du tieux barofi, ^it dans ^qmtque eoin oâ Ton ne S'attend guère à le trouter. -- S'il n^ Mean téeritlme motif de rester iel, il serait mieux ^^il rejoignit en efRet son fth ; mais ilparattqu'H elierdie les anciennes poésies ou prédiétlons de Hiomas^e-ftimeur, on de quelfeie antre barde. De Mt , fl est Meo iiaturd qu^I désire augmenter son fonds de eonnallsanees et ses ressources d amusement i et ou en troureraivfl les moyens, efnm diÉis mie MUioflièque remplie d'anciens litres? ^. Sans doute, * féf&qùà rareher urec un rfcanement jffincréduKté eee mais lientètë», « .fl est survenu peu d'insmreettûns, ^e je ^acfae, en Ecosse» sans qu'elles aient été prédîtes par qi^lque vieille poésie ouHlée, qu'eti savslt soustraire à la poussière et aux toiles d'ittAlgnée , diàs le Init unique de d<mner du eourage à ces rebeite eu nord t ear, sans eda, fls if aurait pas même osés'otposerlentendre le sifflement de flèches bardées de plumes éTt^e «auta^. Mitfs lestes 4 ehefoux bouclés eottt légères t et, soit dit sans tous offsQser, les e^^^ mêmes ve votre suite , sire enevaiier, conacrteeft 1rop4iifettée la jeunesse dans im temps aussi ^aasftr que ediuf oti flous sommes. ^^ Tu m'as convaincu , Greenleaf , et je m'euquerrai plus r^dureaseinefit que je ne Tai Ait jusqu'à présent des aiftrires ot des occupations de cet ^lomme. L'épôqne est mal choisie pour eompromettreta sftreté d'un cMtèauroyal, afindesemontrer géné« reux envers tiU individu que nous connaissons si peu , et contre qui itons pouvons sans injustice concevoir de graves soupçons jtisqu^è ee que nous recevions des éclaircissements complets. Est*-H en ce moment dans la pièce qu'on nomme la Bibliothèque du baron? -«- Votre Seigneurie ne peut manquer de l'y renctmtrèr. — SuisHSioi done avec "deux ou trois ^ tes camarades ; place-tof de manière I
M LE CHÀTEAtr DANGEREUX.
n'être pas tu, mais à pouvoir m'entendre, en cas ^'il soit nécespsaira d'arrêter cet homme. —Je serai toujours à vos ordres quand vous m'appellerez, mais... ^ Mais quoi? J'espère que je ne trouferai pas des hésitations et de la désobéissance chez tout le monde. ~ Pas chez moi , assurément. Je voudrais seulement rappeler une chose à Votre Seigneurie : ee que j'ai dit était une opinion »neère, énoncée en réponse à la question de Votre Seigneurie , et comme sir Aymer de Valence s'est déclaré le patron de cet homme, je ne désirerais pas encourir^ les chances de sa rancime. — - Pstt! est-ce Âymer de Valence qui est gouverneur de ce cbftteau , ou bien moi! et encore I envers qui imaginez-vous que vous puissiez être responsable de vos réponses aux questions qae je vous adresse? — Allons! • répliqua Tarcher, qui secrètement n'était pasfikché de voir sir John se montrer un peu jaloux de son autorité , « croyez bien» sire chevalier, que je connais et ma propre position et celle de Votre Seigneurie. Je n'ai pas besoin qu'(m me dise à qui je dois obéissance. — A la bibliothèque donc » et puissions^nous y trouver cet homme ! .— Voyez donc! » marmotta Greenleaf en le suivant, c Votre Seigneurie aller en personne procéder jk l'arrestation d'un individu si peu distingué ! Mais Votre Honpeur a raison : ces ménestrek sont souvent magiciens» et ont la puissance de s'échapper par des moyens que les ignorants comme moi sont disposés à.attribuer à la nécromancie. >
Sans foire attention à ces demies mots , sir John de Walton se se dirigea vers la bibliothèque , marchant d'un pas rapide , comme si cet entretien eût augmenté son désir de se trouver en possession de la personne du ménestrel suspect.
Traversant les antiques corridors du château, le gouverneur n'eut pas de peine à parvenir jusqu'à la bibliothèque, qui était solidement construite en pierre, voûtée et munie d'une espèce de cabinet en fer destiné à la conservati<m des objets et des papiers précieux en cas d'incendie. Il y trouva le ménestrel assis devant une petitetable, sur laquelle était un manuscrit qui paraissait d'une grande ancienneté, et dont il avait l'air de &ire des extraits. Les fenêtres de la chambre étaient fort petites , et l'on* voyait encore qu'elles avaient été jadis garnies de verres de couleur représentant l'histoire de sainte Brigitte, marque de la dévotion de la grande famille des Douglas à leur sainte tutélaire.
Le ménestrel , qui paraissait profondément occupé de sa besogne lorsqu'il fut troublé par l'arrivée inattendue de sir John de WaL-
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