M DCCC XXXV
re
le a e e
lu
io««
L'ouvrage saivant complète une série de fictions destinées à faire connaître les mœurs écossaises à trois différentes époques, Waverley embrassait le temps de nos pères, Guy Mannering celui de notre jeunesse, et l'Antiquaire nous reporte aux dix dernières années du dix-huitième siècle. Dans P Antiquaire , comme dans Guy Mannering , j'ai cherché mes principaux personnages dans la classe de la société qui est la dernière à ressentir l'influence de ce poli de la civilisation générale teatlant à rendre semblables I les mœurs des différentes nations. C'est dans la même classe qne
I j'ai placé quelques-unes des scènes par lesquelles j'ai cherché à
faire apprécier l'énergie de certaines passions violentes, parce que les hommes du peuple sont moins soumis à la contrainte habituelle de dompter leurs sensations, et parce que je pense avec M. Wordsworth ^ que rarement ils manquent de les rendre dans le langage le plus expressif et le plus éloquent. Tel est, je crois, particulièrement ce qui a lieu pour les habitans des campagnes en Ecosse, classe que j'ai long-temps fréquentée ^. La force et la simplicité antique de leur langage, souvent empreint de l'éloquence orientale de l'Ecriture chez ceux d'entre eux qui ont une intelligence élevée, rend pathétique leur douleur, et donne de la dignité à leur ressentiment ^.
J'ai plus cherché à décrire minutieusement des mœurs nationales qu'à combiner artificiellement des évènemens. Je dois avouer qu'à mon grand regret je me suis senti dans l'impuissance de réunir ces deux conditions d'un bon roman.
1. L*aateur fait ici. allas ion à Tespéce de doctrine démocratique en poésie expotée par le poète Wordrarorth dans la préface de ses œuvres. Le lecteur en trouvera une exps^ition abrégée dans'le Voyage historique et littéraire en Angleterre et en Ecosse.
a. SIr Walter Scoll a passé une grande partie de sa jeunesse dans les fermes de sa famille, situées dans les comtés de Roxburg et de Seikirk. 11 a dit iul-méme que sa .nourrice fut sa première institutrice en poésie.
3. La Bible est la lecture de tous les jours dans une famille bien réglée d'Ecosse. Voyez dans Touvrage déjà cité {Voyage en Angleterre e( en Ecosse) la traduction du Same U soir du laboureur^ où Burns, dans un de ses momens d'inspiration grave et religienso, peint Tintérieur d'une chaumi^t
s' AVERTISSEMENT.
La friponnerie de l'adepte dans l'ouvrage qu'on va lire peut paraître forcée et invraisemblable. Mais nous ayons en, dans les derniers temps, des exemples plus frappans encore d'une superstitieuse crédulité, et le lecteur peut être assuré que cette partie de la narration est fondée sur des évènemens encore récens.
Je n'ai plus maintenant qu'à exprimer ma reconnaissance au public pour l'honorable réception qu'il a daigné faire à des ouvrages qui n'ont guère eu d'autre mérite que quelque vérité de coloris, et je prends congé de lui respectueusement comme quel« qa'un qui probablement sollicite sa faveur pour la dernière fois ^,