I. Le «âge utajetUr» les astres à son pouvoir
L'ANTIQUAIRE. %^k
— Oai''dà? Quelque compère qui y était sans doiite eacbé. ,
— Point du tout. Les sous avaient un caractère effrayant el surnaturel. Le premier ressemblait à un étemuement violent, le second à un gémissement profond. J'ai entendu l'un et l'autre ^ et Doqsterswivel m'assure qu'il a vu l'esprit Peolphan , le grand chasseur du Nord , dont vous trouverez mention dans Nicolas Bo^ migius et dans Pierre Thyracus, monsieur Oldbuck; cet esprit oon* trefeisait l'action de priser et d'éternuer.
— C'est un amusement assez singulier pour un si grand per^n«> nage, et cependant il était adapté à la circonstance; car çxamine& la corne dans laquelle cet argent était contenu. Telles sont les premières tabatières dont on s'eit servi en Ecosse , et je suis bien trompé si elle n'a pas servi à cet usage. Mais enfin , en dépit de la terreur inspirée par l'esprit éternuant , vous persistâtes dans votre entreprise ?
— Il est assez probable qu'un homme moins ferme et moin» sensé y aurait renoncé. Mais je craignais d'élre dupe d'une imposture ; je sentais que je devais à ma famille de faire preuve de courage en toute circonstance ; c'est pourquoi je forçai Dousierswivel, par mes menaces , .à continuer l'opération commencée. Or, maintenant vous avez une preuve palpable de son savoir et,d^ ion bon* nêteté dans les pièces d'or et d'argent que vous voyez , et parmi lesquelles je vous prie de choisir celles qui pourront vous étr^ agréables, pour les joindre à votre collection.
— Puisque vous avez tant de bonté, sir Arthur, j'en choifiirià volontiers quelques-unes i mais à condition que j'en porterai la valeur en avoir dans votre compte ^ d'après l'estimation que ucm en trouverons dans Pinkerton,
— Non pas , s'il vous plaît , s'écria sir Arthur ; je désire que v^usles acceptiez comme une marque d'amitié. Mais, danstou^ les cas, jamais je ne consentirais à en passer par l'estimatiou de votre ami Pinkerton , qui a. attaqué les autorités anciennes et authentiques i sur lesquelles, comnie sur des colonnes couverte^ dia mousse , repose le crédit des antiquités écossaises.
-^ Oui» oui, vous voulez parler, je siq)pos«, de Mair et de Boèce. Leurs écrits ne sont qu'un tissu d'impostures et de fausse? tés; et, malgré tout ce que vous venez de dire, je tiens votre ai|ii Bousterswivel pour être aussi apocryphe qu'aucun de ces prétendus rois.
—Je ne veux pas réveiller d'anciennes disputes, monsieur Old-
bock ; mais parce que je crois à l'histoire ancieane de mon pays , TOUS sapposez*donc que je n'ai pas des yenx pour voir, des oreilles pour entendre ce qui se passe autour de moi ?
— Pardonnez-moiy sir Arthur; mais je regarde toute cette affectation de terreur du digne personnage, votre coadjuteur, comme fiiisant partie du râle qu'il voulait jouer. Et quant à ces pièces i^oT et d'argent, elles sont si mélangées, elles appartiennent à tant d'époques et à tant de pays, que je ne puis les considérer comme un véritable trésor, mais plutôt comme les bourses qu étaient sur la table de l'homme de loi d'Hudibras ,
Comme cet œnft qu'on pltee dans le» nids Pour eoga^r la jeune poule à pondre , Pour les client cet argent tftait mit i •
Cest le charlatanisme de toutes les professions: puis-je vous demander ce que vous a coûté cette trouvaille ?
— Dix guinées, ou à peu près.
— Et vous avez gagné ce qui intrinsèquement en vaut vingt, et peut-être le double pour des fous comme nous. 11 vous a accordé on profit, je dois en convenir ; mais c'était pour vous amorcer. Et quelle sonmie vous propose-t-il d'aventurer maintenant ?
— Cent cinquante livres. Je lui ai donné le tiers de la somune, et j'ai espéré que vous m'avanceriez le surplus.
— Je serais tenté de croire que ce ne peut être le coup de grâce ; la somme n'est pas assez importante. Semblable aux joueurs de profession qui veulent rançonner à leur aise lïn novice, il nous laissera probablement gagner encore cette partie. Sir Arthur, j'es^ père que vous croyez que je désire vous être utile?
— Sans aucun doute, monsieur Oldbuck; et je crois que la confiance que je vous témoigne en cette occasion en est mie preuve.
— Eh bien! donc, permettez-moi de parler à Doosterswivel. Si cette somme peut s'avancer d'une manière qui vous soit utile et avantageuse, je le ferai pour obliger un ancien and; mais si» comme je le crois , je puis vous procurer le trésor sans fiiire anclme avance, je présume que vous n'y trouverez pas d'incon* vàiient.
— Non , certainement; je n'ai nulle objection à y &ire. •^ Eh bien ! où est Douslerswi vel ?