‹ Œuvres de Walter Scott (volume 3)Chapitre 68 sur 91 · I. Pouio»di§f espèce d« macédotoe · texte numérisé non relu

I. Pouio»di§f espèce d« macédotoe

li'ÀNTIQUAIIŒ!. a45

t«itf le monde» Et que faire de ce domestique pendant le duier ? En virité, monsieur Blattergowl, toiit cda confond mon intelligence.

— 11 est très vrai , miss Griselda , répondit le ministre , que Monkbams a agi inconsidérément. Jl aurait éà faire son invitation vingt>>qnatre heures d'avance, et vous en donner ayis. Je dois ajonter cependant que le comte ne pouvait descendre à l'improvistê dans aucune maison de cette paroisse où il eût trouva meilleure chère, car le parfum de la cuisine vient chatouiller agréablement mon odorat. Mais si quelques soins domestiques vous appellent^ miss Griselda, ne me traitez pas en étranger. Je m'amuserai avec cet exemplaire des Instituts d'Erskine ^

Et ouvrant au 4iasard cet in-folio (qui est pourie code d'Ecosse ce qu'est le commentaire de Coke sur Liitlèton) , il tomba comme parinstjiict sur le dixième chapitre du livre seôond, qui traite des dîmes, e% il ne tarda pas à s'enfoncer profondément dans une discussion abstraite sur la temporalité des bénéfices.

Lé dîner qui causait tant d'inquiétudes à miss Oldbuck fut enfin servie et lord Glenallan , pour l^ première fois depuis plus de vingt ans, s'assit à une table étrangère. Il était tenté de croire qu'il était dans le délire d'un rêve, ou dans la situation d'un bomme dont le cerveau n'est pas encore bien purifié des fumées de l'ivresse. Délivré cç jour-là de Fimage du crime qui avait effrayé son imagination , il éprouyait que le poids de Ses chagrins était plus supportable, mais il était encore hoi^ d'état de prendre part à I9 conversation. Il est vrai qu'elle était d'un genre bien différent de celle à'iaqùelle il était accoutumé. La brusque franchise d'Oldbuek, les efnnuyeuses harangues apologétiques de miss Griselda , le pédantisufie du ministre , et la vivacité du jeune militaire, qui connaissait mieux Jes camps que la cour ^ tout cela était complètement. nouveau potirun seigneur qui avait passé dans la rietraite et dans la mélancolie un si grand nombre d'années'; que les mœurs du monde lui. semblaient à la fois étranges' et déplâîsanteà. Miss. Mac-Intyre, par sa politesse naturelle,' et par sa simplicité sans prétention, était la seule qui parût appartenir à cette classe de la société à laquelle il avait été habitué pendant sa jeunesse, dans un temps plus heureux.

La conduite de lord Glenallan ne causa pas moins de surprise à la compagnie. En vain oh avait ^ervi un dîner de famille excellent,

I . Jurisconsulte qa'ilne faut pas confondre avec U lord Erikine.

846 L'ANTIQUAIRB.

Quoique simple, car M. Blatter^owl hWait pas ea tort de ëtt quMI était impossible de surprendre miss Griselda saos provisioiis dans rôffice ; en vain l'antiquaire vanta son Vieax vin de Porto, et le compara au falerne d'Horace ; lord Glenallan fiit à l'épreuve de toutes ces tentations. Son domestique plafça devant lia an piat de légumes , arrangés avec la plus scrupuleuse propreté^ et dont miss Griselda l'avait vu s'occuper dans la cuisine. Le comte en mangea avec sobriété , et un verre d'eau .pure et limpide compléta son repas. Son domestique dit à Jeuny que telle était la nounitnrede son maître depuis bien des années, sans autre exception que les grandes fêtes de l'Eglise, et les jours où l'on recevait au chiteaa de Glenallan des botes dé la première distinction. En ces oeca- Hons , il se relâcbait un pqii de l'austérité de sa diète, et se pe^ mettait un ou deiïx verres de vin. Mais à Monkbarns , un anajchorète n'aurait pu faire un repas plus simple et plus frugal*

Notre antiquaire, comme nous l'avons vu ^ n'était pas dépoom d'une certaine dose de sensibilité, mais l'habitude qu'il avait de vivre avec des. gens devant lesquels il n'avait pas à se gêner, Ftvait accoutumé à ne jamais farder ses sentimens, et à dire sans périphrase tout ce qui lui passait par l'esprit. Il attaqua doae» sans le moindre scrupule , son noble coûvive sur là sévérité de soe régime.

— Des pommes de terre, dés choux cuits à l'eau et à moitié froids, un verre d'eau à la glace pour les faire passer I L'antiquité n'offre rien qui justifie* une telle diète, Milord. Cette maison ét|dt autrefois un hospitiumy un lieu de retraite pour les chrétiens; mais le régime de Votre Seigneurie est celui d'un pythagoricieû» d'un bramine ; il est même encore plus austère , si voiis refuses cette belle pomme.

— Vous n'ignorez pas que je suis catholique > dit lord Glenallan désirant éviter cette discussioti, et vous savez que notre Eglise....

— Etablit des règles de mortifi<^ation , ' mais je ne sache pas qu'elles aient jamais été si rigoureusement mises en pratique. J'en citerai pour preuve John de Girnell , ou le joyeux abbé qui donna son nom à cette pomme.

Ettdnten pelant le fruit, l'antiquaire raconta l'anecdote que nos lecteurs ont déjà lue dans le chapitre IV de. cette histoire, et qui avait fait la célébrité de V arbre. Il poursuivit son récit d'un air malicieux et avec plus de détails qu'il ne fallait, malgré les

^«bue/de sasœur, la toux dn ministre et la manière expTfssiye dont celuifci secouait sa large perraqae. Ses plaisanteries n'eurent pas de succès , car, comme on doit bien le présumer y cette anecdote de galanterie claustrale ne. fit pas naître un sourire sur ieslèvres du comte. Oldbuck entama alorft un aut^ sujet d'entre* tien, et parla d'Ossian , de Mac-Pherson et de Mac-Crib; mais ces trois noms étaient également inconnus à lord Glenalian^ tant il était peu an courant de la littérature moderne. La conversation courait alors le risque de se ralentir ou de tomber entre les mains du réyérend Blattergowl , qui ayait déjà prononcé le mot redoutable dimety quand le hasard mit sur. le tapis la révolution de France, événement politique que le comte ne regardait qu'avec rhmrreur que lui inspiraient ses préjugés religieux et aristocratie qaes. CMdbuck ne portait pas si loin la haine des principes révo* lotionnaires.

— Il se trouvait dans l'Assemblée constituante, dit-il, des hommes qui profe9saient la saine doctrine des Whigs, et qui voulaient établir on gouvernement protecteur de la liberté du peuple. Si une bande de finrieux et de scélérats se sont maintenant emparés de l'administration, c'est ce qui est arrivé plus d'une fois dans de grandes révolutions. L'Ëtat ressemble à un pendule agité qui s'écarte de droite et de gauche avant de reprendre le balancement perpendiculaire et réglé qui Itii convient. C'est un orage, un ouragan y qui passant sur une' contrée, y répand une désolation momentanée,, mais qui , entraînant des vapeurs malfaisantes, l'en dédommage ensuite par Une plus grande fertilité.

Le comte secoua la tète, mais il n'avait ni la forcé ni l'envie de soutenir tme discussion , et il laissa passer les argumeiis de l'antiquaire sans chercher à y répondre.

Ce sujet de conversation permit à Hector d'y prendre part. Il parla de ses campagnes et de différentes occasions où il avait vu le feu , avec modestie , mais avec un enthousiasme qui' enchanta le comte , qui , conime ses ancêtres , avait été élevé dans la ferme croyance que le métier des armes était la plus noble occupation de rhomme> et dans l'esprit duquel avoir porté les armes contre la France , c'était s'être sanctifié par une sorte de croisade.

— Que ne donnérais-je pas > dit*il à part à Oldbuck quand ils se levèrent de table afin d'aller rejoindre les dames dans le salon , pour avoir un fils semblable à v(itre neveu ! Il lui manque peut-être ce poli, ce vernis que l'usage du monde et de ia bonne société lui

donnerait bientôt ; mais avec quelle ardeur il s'exprime ! comme il aime savprbfession ! avec quel feu il fait l'éloge des autres l cpmme il parle modestement de lui-même !

— Hector vous a beaucoup d'obligations, Mitord; je crois entérite que personne n'en a jamais dit la moitié autant d^; bi^, si ce n'est peut-être le sergent de sa compagnie quand il veut enj6ler cfuelque Montagnard pour en faire une recrue. Cependant c'est un brave garçon , mais je ne le regarde pas comme auçsi parfait que V0U9 voulez bien le supposer , et je fais plus de cas de la bonté de « son cœur que de la vivacité de son caractère. Je puis vous assurer que son enthousiasme tient à line impétuosité iiaturelle qoinek quitte jamais , et qui souvent est fort à charge a ses amis. Je l'ai vu aujourd'hui attaquer en combat singulier un phoca , veau marin (un sealy mais nos gens ^u peuple disent sealghf enconserrant cette diphthongue gutturale gothique gh) , avec la même ardeor que s'il eût combattu contre Damouriez. Et morbleu, Milord,le phoca a été vainqueur , comme Dumburiez l'a été plus d'une fois. 11 vous parlera avec autant et peut-être avec plus d'enthousiasme des talens de sa .chienne Junon pour la chasse, que du jplaade campagne le mieux combiné.

— Puisqu'il aime ce( exercice , dit le comte , il peut» quand bon lui semblera , s'y livrer sur toute l'étendue de mes domaines.

— Vous voulez donc l'attacher à vous corps et ame> Milord? Ferme ttëz-lui de tirer sur une pauvre compagnie de perdrix, on sur nne volée de canards sauvages , et il est^à vous pour jamais. Je vais l'enchanter en lui apprenant rette nouvelle. Mais , Milord^ si vous aviez pu voir mon phénix Lovel! le prince , le roi des jeunes gens de ce siècle I Et ne croyez pas pourtant que le sang ne bouillonne pas dans ses veines. Je vous réponds qu'il a bien rivé le clou à mon neveu; il lui a fait voir un Roland pour un Olivier, comme on le dit en faisant allusion à deux célèbres paladins de la cotu* de Gharlemagne ^.

Après le café , lord Glenalbn demanda un entretien particuUff à l'antiquaire , qui le conduisit dans son cabinet.

~- 11 faut, lui dit le comte, que Je vous sépare de votre aimable famille, pour vous prier dé servir de guide à un infortuné qui réclame vos soins. Vous connaissez te monde , et je m'en sais

I . Vn Roland pour un Olivier: celte phrase , dévenaê proverbiale en Angtelems, etipluf iM^leqve le proverbe équivalent de notre lan^e: à bon chat^ bon rut.

baimi depuis long-temps. Le châceaa de Glenallan est ma prison plmftt que ma demeure ; prison volontaire , mais dont je n'ai pas en le courage de sorlir.

— Permettez-moi d'abord de tous demander quelles sont tos Tues 9 qnels sont vos désirs dans cette affaire ?

•—Je désire vivement reconnaître mon mariage, et rétablir ainsi la réputation de la malheureuse Ëvehne ; mais je désirerais qu'il fAt possible de faire cet acte de justice sans rendre publique la conduite de ma mère.

— Saum cmquetnbmtOy Milord;ilfaut rendre à chacun ce qui lui estdù. La mémoire de miss Neville n'a souifert que trop long-temps, iltMit avant toutsimgeràla justifier. Ausprplus^ ilmesemble qu'on peut Le faire sans compromettre directement celle de votre mère. On peut se borner à dire qu'elle s'était positivement opposée à ce mariage. Et pardoniiez-moi> Milord , si j'ajoute que quiconque a conaula comtesse de Glenallan n'aura pas de peine à le croire.

— Mais vous oubliez une circonstance horrible , monsieur Oldbndt*

— Non pas que je sache.

— Le destin de l'enfant ,- sa disparition avec une des confidentes de ma mère, et les affreuses conséquences qu'on peut tirer des aveux qo'Ëlspeth m'a faits ce matin.

— Si vous voûtez savoir mon opinion ^ Milord , et que vous me pN>mçttiez de ne pas saisir trop vivement l'espérance qu'elle vous présentera , je vous^lirai qu^il me semble trè$ possible que votre fils vive encore. Les enquêtes que je fis dans le temps sur ce déplorable évènemedt m'apprirent que, dans la nuit même où il arriva, une femme- et un enfant partirent de là cabane de Craigbnrnsfoot dans une voiture attelée de quatre chevaux, avec votre frère Edouard Geraldin Neville. Ils se dirigeaient vers l'Angleterre, et je découvris les traces de leur passage presque jusqu'aux frontières. Je Crus alors que le projet de la famille était d'éloigner de CBftaQrs mi enfant dont vous vouliez déclarer la naissance illégittttie t de crainte qu'il n'y trouvât des protecteurs capables de faire valoir ses droits, s'ils pouvaient en acquérir la preuve. Mais aujourd'hui, je croirais plutôt que votre frère, trompé comme, vous par votre mère, a voulu le faire disparaître, soit par égard pour l'honneur de sa famille, soit peut-être pour lé soustraire à la cruauté de la comtesse.

Tandis qu^l parlait, le comte devint pâle ; il se laissa tomber

350 L'AHTlQUAlHfi.

dans un feiiieoil , et parut sur le point de per^ne caôrnaiBâBee» L'antiquaire prit Talarme et réfléchit à la hâte sur 6e,qn'ii poar« rait faire pour le soulager. Mais quoique son cabinet fite. rempli d'ime foule de choses inutiles , il ne s'y trouvait ri»i qui pAt aenrir en cette occasion , ni y pourrait-oin dire, dans aucune antro. D ^urut donc emprunter à sa sœur un flacon de sels, et ne put s'empêcher de pester chemin faisan! contre lesineidensqui avaient converti sa maison en hôpital , d'abord pour un dueUiate blessé^ et^ ensuite pour un grand seigneur roouraiit de faiblesse. •*- fit cèpe»» , dant , p^saF>t*il » j'ai toujours eu soin d'écarter de chez moi te militaire et la haute noblesse. 11 ne^e manque plus qu'une femelle q» vienne faire ses couches djins mon cœnobiUumy et la métamorphose sera complète.

Lorsqu'il revint, lord Glenallan se trouvait beaucoup mianz; La lumière inattendue que M. Olilbuck avait jetée sur cette pwliedB son histoire» l'avait Crappé si vivement qu'il lui avait été impôt* siblede la si]q)porter.

— Vous pensez donc , monsieur Oldbuck, car vous êtes enélÉÉ de penser et je ne le suis pas ; vous pensez qu'il est possible, oa, pour mienz dire , qu'il n'est pas impossible ^ue mon fib ezi^ encore?

— Je pense qu'il est impossible que votre frère ait concooniè lui donner une mort violente : on sait qu'il était léger et dissipé, n^is il avait des sentimens d'honneur» et il n'a jamais pasae poo cruel ; il n'est même pois vraisemblable que, s'il eût en le dntMirin do faire péKÎr l'enfant, il eût été assez imprudent pour remmener dans sa voiture, comme jç suis en état de vous prouver qu'il l'a fidt.

A ces mots, Oldbuck ouvrit un tiroir de l'armoire d'AMobraid» dont nous avons parlé , et y prit une liasse de papiersattachés aveo un ruban noir , et sur laquelle on lisait: Enquête faite par Jonathan Oldbuck ^ juge de paix ,. le 1& février 17 — ; et aa*des6oas, d'un caractère plus petit: Eheu, Evelina I De grosses larmesilpBh baient des yeux du comte , tandis que sa niain tremblante cbeçchoil à dénouer les rubans qui entouraient ces pièces.

— Vous feriez mieux dene pas les lireà présent, dit Tantiqaairo; agité comme vous l'êtes , et ayant à vous occuper d'une aÔoire si importante, il ne faut pas épuiser vos forces. Je présme que la succession de votre frère vous appartient maintenant; il vous sera donc aisé df in terr oger ses domestiques et les personnes ^ fuaaient

ses aff^res, etpar là^e vous assurer si l'enfimi dont aotu patlouf

existç encore.

— J^oseà peine l'espérer : pourquoi mon frère ue l'aurai t-il caché f — • Demandez plutôt pourquoi il tous aurait informé de Teiia*

tence d'un être que tous auriez regarda comme un monument tI-

Tant de....

— C'est la Térité ; par compassion pour moi, il deTait garder If silence. Si quelque chose aÏTait pu ajoutera l'horreur du songe épouvantable qui a empoisonné toute mon existence y c'eût € té de saToir qu'il existait un rejeton d^ cette union que je regardfiis comme sacrilège.

"^ Par conséquent , quoiqu*il soit absurde de conclure , après «^ ^paoe de plus de Tingt ans» que votre iik vit nécessairement enr cote, parce qu'on ne l'a pas fait périr dans son enfonce » je croia qu'il fautTQus occuper sur-ie-cbsHnp de faire des enquêtes à ce sujet.

— C'est à quoi je ne manquerai pas; j'écrirai à l'intendant de mou frère NevilleiTieiliard d'une fidélité à toute épreuTO » qui avait rempli les méiiiçis fonctions dans la maison de mO^ père;' inais il faat que je tous apprenne, monsieur Oidbuck, que je ne suis pas (iéritier de mon frère.

— ' Vraiment! j'en suis fâché» Milord'; il possédait de beaux do* mainesy et lés riiines du vieux château dé IVeville-Burgh sont les restes les plus splendides d'architecture anglo-norniande ^'09 puisse trouver dans tout le nord de l'Angleterre. C'est une propriété digne d'être epTiée; je tous croyais le plus proche hédtier de Tdtre frère.

. — Vous ne tous trompiez pas ; mais mpn frère UTait adopté des vues politiques et des idées religieuses toutes differetites de celles que notre maison avait toujours professées. Depuis long^tém{)6 nous étions divisés d!opinions , et ma malheureuse mère ne le trou* vfit pas toujomrs suffisamment respectueux. En un mot » ii existait çntre nous une espèce dç querelle de famille» etmqn frère» ayant le droit de disposer eniièrenient de ses biens» profita de cette liberté pour les laisser à un étranger^ C'est une circonstaucaà laquelle je n'attachais pas la moindre importance ; car si les biens du n^onde uTaient quelque pouvoir pour soulager lescha^ius^ ceu|L que je possède siéraient , et au-delà, pour assurer mon bonheur; mais à présent» je crains que les dispositions prises à cet égard par mon frère ne rendent les renseignemens dont j'ai besoin plus difficiles à obtenir ; car d'après le te^tamentde mon père, si j'avais eu

im tin légitime lors du décès de mon frère , et que celaî-ei mourût sans postérité , tons ses biens lui étaient substitués. U est donc probable que son légataire y quel qd'il soit, ne sera pas très empressé à nous faciliter des recherches dont le résultat pourrait tendre à le déposséder.

— Est4L possible que l'intendant dont vous parlez soit resté à son service ?

— ^^Gela me parait assez vraisemblable; et comme il est protestant, je ne sais trop jusqu'à quel point Je puis me fier à lui.

— Il me semble , Milord , qu'un protestant peut mériter autant de confiance qu'un catholique. Je prends un double intérêt à la foi protestante , milord , car indépendamment de ce que je U professe, un de mes ancêtres > Aldobrand Oldenbuck , a imprimé la célèbre donfession d' Augsbourg , comme je puis le prouver à Votre Seigneurie par un exemplaire de l'édition originale que j'ai dans ma bibliothèque.

— ^ Ce que je viens de vous dire, monsieur Oldbuck, ne* m'a été inspiré 'ni par l'intolérance, ni par les préjugés; mais on peot croire que iHntendant protestant favorisera le légataire protestant plutôt que l'héritier catholique^ si toutefois mon fils a été élevé dans la religion de ses pères ^ et surtout s'il est encore vivant.

— £h bien ! milord , il faut prendre les précautions convenables ^t ne pas risquer de liouS compromettre. J'ai un ami qui demeure à York , un savant avec lequel je suis en correspondance depuis long-temps, relativement à la coupe saxonne * q«e l'on conserve dans la cathédrale de cette ville. Nous, nous écrivons à ce sujet depuis six anS|, et nous ne sommes encore d'accord que sur la première ligne de l'inscription qui y est gravée. Je vais hiî écrire surle-chaipp , et je lui demanderai les détails les plus circonstanciés sur le caractère, les dispositions, etc., des légataires de votre firère, et sur tout ce qui peut nous ^ider dans nos recherches. De votre côté , vous chercherez à réunir les preuves dé votre mariage, car j'espère qu'il vous sera possible de vous en procurer.

-T- Très certainement, car lestAnoins qu'on avait éloignes sont encore vivans ; l'ecclésiastique qui a célébré notre mariage , et qui avait été mon gouverneur , était passé en France , où nous lui avions obtenu lin bénéfice ; mais la persécution l'en a chassé , et il est revenu en ce pays , victime de son zèle pour la royacité, lalég:itimité et la religion.

I , Voy«j sur celle coupe U note de l'fntrbdaction ^IvaiOwe^

-^'Voiis co&viéniirezr Milordy que voilà du moins une heureuse conséquence de la révolution française ; mais soyez sans inquiétude, j'agirai pour vous>avec le même zèle que si je pai^tageais vos opinions poUtiqnesetreligieQses. Et faites-y bien attention^ quand vous voudrez qu'une affaire importante soit convenablement traitée, chargez-en un antiquaire. Et pourquoi ? C'est que , comme ils sonthabituésàavoir toujours l'esprit tendu pour s^occuperdeminuûes, il est impossible que quelque chose leur échappe dans une affaire importante. L'habitude conduit à la perfection , et le corps qu'on fait mançenvrer le plus souvent à la parade sera celui qui se montrera le mieux un jour de bataille. Et à présent, Milord, si cela pouvait vous amuser, je vous lirais quelque chose en attendant l'heure du souper*

— Je > vous prie, monsieur Oldbudk^ de ne rien changera vos anrangemens de famille ; mais , pour moi , jamais je ne prends rien dans la soirée*

-— Je vous en livre autant, Milord, et cependant ce n'était pas l'usage des anciens ; maia il est vrai que je dîne tout autrement que Votre- Seigneurie r et que par conséquent je suis plus en état de me passer des rafrsuchissemens que mes femelles , c'est-à-dire ma sœur et ma^ nièce , font placer tous les soirs sur les tables , nioins par nécessité que pour prouver qu'elles savent conduire une maison. Malgré cda, je prends volontiers une côtelette ou un hareng grillé, une douzaine d'huîtres ou une tranche de jambon sortant de notre saloir, une rôtie au vin, ou quelque autre chose de semblable , uniquement pour boucher l'orifice de l'estomac avant de me mettre au lit ; et je présume , Milord , que vous en faites autant.

— Cest très littéralement , monsieur Oldbuck, que je vous dis que je ne soupe jamais ; mais j'assisterai avecplaisir à votre souper.

— *Efa bien, Milord, puisqu'il m'est impossible de plaire à votre palais y je vais tâcher d'intéresser vos oreilles ; ce que je vais lire à Votre Seigneurie axapport à un sujet qui ne lui est pas étranger.

Lord Glenallan eût préféré continuer à s'entretenir du seul objet qai occupât toutes ses pensées ; mais la politesse lui arracha un signe de consentement et de résignation.

L'aistiqaaire ouvrit sur-le-champ un portefeuille contenant un grand nombre de feuilles volantes, et ayant trouvé ce qu'il y cherchait : — Les détails topographiques que vous allez entendre , Milord, dit-il., sont destinés à être une des pièces justificatives d'un Essai sur la castramétation , dont la lecture a été accueillie

avec indulgence dans diverse» sociétés *'a»tit^- ïfj*i««; les mines du fott jmtique de Qaickens-Bog , dont Yrtfe Mpim» connaît sans donte le site , car on fcs iroave »«rirolr» ferme * Mantanner , dans votrebaronnie de ««'^»- ^,,^ ^j, . - Il me semble que ces noms ne me sont pas imobmb, <m k

* rie lui sont pas inconnus ! se dit intériettrem«Bll'»tif"«W) et la ferme lui rapporte six cents livres par an !*BieeielI

Sa poUtesse l'emporta pourtant sur » smp.^ \%^J^ témoiener , il commença sa lecture à haute «t mteftfibW too, SS'avoir trouvé mi auditeur disposé à Técm^ «««•

**'!^c^ÏÏ5Sg semblerait d'abord tirer «.n •»» ^ï^ auicken . nom par lequel nous désignons en Ecrtsse le »ttlev^ I7ns7: Linnéï , vulgairement le chiendent , et du ^^^ «nriais bog, par lequel non» entendons en langage P«P*«*." "£. oîm^c J. en ktin^Au. més^^^^ hâte en fait de dérivations étymologiques , les premièw» ym», i^ront confondus en apprenant qne le diiendent . ««JT ^ scientiûquement , le triiiam repensée Lwnée . " «*jj j^ Jf l'étendue d'm. quart de miUe autour de ce castmmjH «"«««^ dont les remparts sont uniformément ^^^^Jf^J^, rnnrte et oue, pour trouve* un polos ou mal^éeage, fl toi»>B«» Tl^l^ênlr. pins considjabj. «e ^ Z^'^ de Gird-the-Mear , qui en est éloigné d'un ^^"«T^^ dernière syllabe est donc évidemment toe comyion d«B.«t««« Zgh, qui nous trouvons de U>^ eôté transfomé en *^ brmeh bmff, baff et bojf, dernière métamorphose qui approd» Sl'pSu/onosy&e en question ^'^^-J^T^^ le mot originaire aitété *<«?*, ce qui est laTénuAleorChog^ «Tonne.un léger changement, semblable a ceto que 1«|WP»« ^^rn^ produisent souvent en p«mo«ç«t 1« «^J^ rollnuefa d'abord bogh , par la «mple élision de h con«««.,

1« si vous donnez à la finale ffh le s^ de »*.'**«" ';?«^ prononciation anglaise . vous aurez i^i^; et s. an conb^

Ldezl'H muet, vous voilà arrivé à *«^- n;***^^*^ même manière lemotîwr*«M,eiTemœ..era8a^^ritdMeo^

avant de pouvoir en expliq-er la signification, ««^-t ^ «^ dinaire qiele changement de ^a en t.A;. est fe«nh«r«Ute^

plus novice qui ait jamais ouvert un voli»« d'anownie poes"

L'ÀNtIQUAIRB. 4,55

"écossaise. Or parla nous 'gàgrtotiil whickêns^horgh ^ oè qoi sigiil» fiera à qui est ce tkàUMf Quefilioii que son importance et sa ^béante' ont pu sâ^gérer plus d'une fois ; oa bien ee pôinràit âtre "whàèkeni^njt^h , dû motsàxiMi whacîcen , frappa- ^ et cerlainemeiit pins d'un conil>et souA les tiiurs de cette forteresse peut avoir tégt 'tiîiké cette dériyation , eto , ëte« ».

Nbiis aiirotis poiir nos lecteurs plus de eondescendance qu'Oldr 'Btick n'en eut p6or son hftte ; car pr^^oyant qa'it aioratt rai'emêiit Foccasion d'obtenir Pattedtion d'tti» andiieàr: Âirang de lord Gien- ' tNàti , if Itti fit boire te calice jniqu^ 1^ lie.

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