L'intellect est ou agent ou patient
20. Patient y parce qu'il prend toutes les formes des choses ; agent, parce qu'il juge et connaît.
21. L'intellect agent peut être séparé du corps ; il est immortel f étemel , sans passion. Il n'est point confondu avec le corps. L'intellect passif ou patient est périssable.
22. Il j a deux actes dans l'entendement y on il s'exerce sur les indivisibles , et ses perceptions sont simples , et il n'y a ni vérité ni fausseté ; ou il s'occupe des complexes , et il affirme on nie , et alors il y a ou vérité ou fausseté.
23. L'intellect actif est ou théorétique ou pratique; le théo* rétique met en acte la chose intelligible; le pratique juge la chose bonne ou mauvaise , et meut la volonté à aimer ou à haïr y à désirer ou à fuir.
24. L'intellect pratique et l'appétit sont les causes du monve^ ment local de l'animal ; l'un connaît la chose et la juge ; l'antre la désire ou l'évite.
25. Il y a dans l'homme deux appétits ; l'un raisonnable et l'autre sensitif : celui-ci est ou irascible, on concupiscent; il n'a' de règle que le sens et l'imagination.
26. Il n'y a que l'homme qui ait l'imagination délibérative , en conséquence de laquelle il choisit le mieux. Cet appétit raisonnable qui en naît doit commander en lui l'appétit sensitif qui lui est commun avec les brutes.
27. La vie est une permanence de l'âme retenue par la chaleur naturelle.
28. Le principe de la chaleur est dans le cœur ; la chaleur cessant , la mort suit.
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Métaphysique d'AnstoU, i. La métapbysiqae s'occape de l'être en tant qu'être , et de ses principes. Ce terme être se dit proprement de la sabstance dont l'essence est une ; et improprementy de l'accident qui n'est qu'un attribut de la substance. La substance est donc le premier objet de la métaphysique.
2. Un axiome universel et premier ; c'est qu'il est impossible qu'une cbose soit et ne soit pas , dans le même sujet , en même temps , de la manière et sous le même point de vue. Cette vérité est indémontrable , et c'est le dernier terme de toute argument tation.
3. L'être est ou par lui-même , ou par accident; ou en acte ou en puissance y ou en réalité , ou en intention.
4* Il n'y a point de science de l'être par accident ; c'est une 9orte de non-être ; il n'a point de cause.
5. L'être par lui , suit dans sa division , les dix prédicamens.
6. La substance est le support des accidens; c'est en elle qu'on considère la matière , la forme y les rapports , les raisons , la composition. Nous nous servons du mot substance par préférence à celui de matière , quoique la matière soit substance j et le sujet premier.
. 7. La matière première est le sojet de tout. Toutes les propriétés séparées du corps par abstraction, elle reste; ainsi elle n'est ni une substance complète , ni une quantité , ni de la classe d'aucun autre prédicament. La matière ne peut se séparer de la forme ; elle n'est ni singulière , ni déterminée.
8. La forme constitue ce que la chose est dite être ; c'est toute sa nature , son essence , ce que la définition comprend. Les substances sensibles ont leurs définitions propres ; il n'en est pas ainsi de l'être par accident.
9. La puissance est ou active ou passive. La puissance active est le principe du mouvement , ou du changement d'une chose en une autre , ou de ce qui nous .parait tel.
le. La puissance passive est dans le patient, et l'on ne peut séparer son mouvement du mouvement de la puissance active , quoique ces puissances soient en des sujets différens.
11. Entre les puissances il y en a de raisonnables , il y en a qui n'ont point la raison.
12. La puissance séparée de l'exercice n'en existe pas moins dans les choses. ^
i3. Il n'y a point de puissance dont les actes soient impossibles. Le possible est ce qui suit ou suivra de quelque puissance.
14* Les puissances sont ou naturelles ou acquises ; acquises ou par l'habitude , ou par la discipline.
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i5. n y a acte lorsque la puissance devient autre au'elle n'e'tait. ^
i6. Tout acte est antérieur à la puissance , et à tout ce qui j est compris , antérieur de concept , d'essence et de temps
17. L'être intentionnel est ou vrai ou faux; vrai si le jugement de l'intellect est conforme à Ja chose -, faux si cela n'est pas
18. Il y a vérité et fausseté même dans la simple appréheni sion des choses , non-seulement considérée dans l'énumération mais en elle-même en tant que perception. '
19. L'entendement ne peut être trompé dans la connaissance des choses mmiutables; l'erreur n'est que des contingens et des passagers.
20. L'unité est une propriété de l'être; ce n'est point une subsUnce, mais un catégorème , un prédicat de la chose en tant que chose ou être. La multitude est l'opposé de l'unité L'égalité et la similitude se rapportent à l'unité; û en est dJ même de lidentité.
21. Il y a diversité de genre et d'espèce ; de genre entre les choses qui nont pas la même matière; d'espèce entre celles dont le genre est le même. .
^ 22. Il y a trois sortes de substances; deux naturelles dont 1 une est corruptible , comme les animaux ; et l'autre sempiternelle , conojne le ciel; la troisième immobile.
23. n faut qu'il y ait quelque substance immobile et perpéttaelle , parce qu'il y a un mouvement local étemel ; un mouvement circulaire propre au ciel qui n'a pu commencer. S'il v a un mouvement et un temps éternels , il faut qu'il y ait une substance sujet de ce mouvement , et mue , et une substance source de ce mouvement et non mue; une substance qui exerce le mouvement et le contienne; une substance sur laquelle il soit exercé et qui le meuve.
24. Les substances génératrices du mouvement éternel ne peuvent être matérielles, car elles meuvent par un acte étemel sans le secours d'autres puissances.
25. Le ciel est une de ces substances. H est mû circulairement. U ne faut point y chercher la cause des générations étf des conceptions, parce que son mouvement est uniforme. Elle est dans les sphères inférieures , et surtout dans la sphère du soleil. "^
26. Le premier ciel est donc étemel ; il est mû d'un mouvement étemel ; il y a donc autre chose d'étemel qui le meut qui est acte et substance , et qui ne se meut point. '
27. Mais comment agit ce prenaier moteur ? En désirant et en concevant. Toute son action consiste en une influence par
laquelle il concourt avec les intelligences inférieures pour mon- Toir leurs sphères.
a8. Toute la force effectrice du premier moteur n*est qu'une application des forces des moteurs subalternes à l'ouvrage qui leur est propre , et auquel il coopère , de manière qu'il en est * entièrement indépendant quant au reste; ainsi les intelligences meuvent le ciel , non par la génération des choses inférieures , mais pour le bien général auquel elles tendent à se conformer.
. 29. Ce premier moteur est Dieu , être vivant ,. éternel ^ très-* parfait , substance immobile , différente des choses sensibles , sans parties matérielles , sans quantité y sans divisibilité.
3o. Il jouit d'une félicité complète et inaltérable ; elle con-* siste à se concevoir lui-même et îi se contempler.
3i. Après cet être des êlres, la première substance , c'est le moteur premier du ciel , au-dessous duquel il j a d'autres intelligences immatérielles, éternelles, qui président an mouvement des sphères inférieures , selon leur nombre et leurs degrés.
3a. C'est une ancienne tradition que ces substances motrices des sphères sont des dieux, et cette doctrine est vraiment céleste. Mais sont-elles sous la forme de l'homme , ou d'autres animaux ? c'est un préjugé qu'on a accrédité parmi les peuples pour I« sûreté de la vie et la conservation des lois.
De rathèisme d^Ariatote. Vojez rarlicie Aristotélisme.
Principes de la morale ou delà philosophie pratique d'Ariê'» iote. 1. La félicité morale ne consiste point dans les plaisirs des sens , dans la richesse , dans la gloire civile , dans U puissance , dans la noblesse, dans la contemplation des choses intelligibles ou des idées.
a. Elle consiste dans la fonction de l'âme occupée dans la pra« tique d'une vertu ; ou s'il y a plusieurs vertus, dans le choix de la plus utile et la plus parfaite.
3. Voilà le vrai bonheur de la vie , le souverain bien de ce monde.
4. Il y en a d'autres qu'il faut regarder comme des înstrunens qu'il faut diriger à ce but ; tels sont les amis , les grandes ^ssessions , les dignités , etc.
5. C'est l'exercice de la vertu qui nous rend heureux autant que nous pouvons l'être.