‹ Œuvres diversesChapitre 15 sur 17 · ÉPITAPHE ÉPIQRAMMATIQUB DE PIRON FAITE PAR LUI-MÊME · texte numérisé non relu

ÉPITAPHE ÉPIQRAMMATIQUB DE PIRON FAITE PAR LUI-MÊME

/^I-GIT... qui? quoi? ma foi, personne, rien ; vlUn, qui vivant, ne fut valet ni maître, Juge, artisan, marchand, praticien, Homme des champs, soldat, robin ni prêtre, Marguillier, même académicien ; Ni franc-maçon. Il ne voulut rien être, Et vêquit nul, en quoi certe il fit bien ; Car après tout, bien fou qui se propose, Venu de rien, et revenant à rien, D'être en passant ici-bas quelque chose.

DANS la vie de Piron nous avons vu la guerre de couplets qui s'était établie entre les Beaunois et lui. Les premiers crurent qu'il serait fort plaisant de réunir leurs chansons, épigrammes, etc., pour les envoyer à Piron. Quelques jours après la scène qui s'était passée à Beaune, et dans laquelle Piron avait pensé perdre la vie, ils lui adressèrent effectivement une liasse de couplets et de vers plus ou moins bons, plus ou

moins salyriques. Piron ouvre cet énorme paquet ; il sourit de pitié, prend la plume, et pour toute réponse, leur adresse la pièce suivante :

Quand, sans cuirasse et sans épée, Sur ma carcasse constipée, Je vis briller vingt glaives nus Je dois le dire à votre gloire, Vous me fîtes venir la foire, Vous me deyiez des torche-culs.

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