‹ Œuvres diversesChapitre 3 sur 32 · CONTRE LA PEINE DE MORT · texte numérisé non relu

CONTRE LA PEINE DE MORT

Élément qu^aucun frein ne dompte , Et qui roule semblable à la fatalité ;

Pendant que sa colère monte ,

Jeter un cri d^humanité , G^est au sourd Océan qui blanchit son rivage Jeter dans la tempête un roseau de la plage ,

La feuille sèche à Touragan!

C'est aiguiser le fer pour soutirer la foudre , Ou poser pour Téteindre un bras réduit en poudre

Sur la bouche en feu du yolcan !

Souviens-toi du jeune poète , Chénier! dont sous tes pas le sang est encor chaud,

Dont Fhistoire en pleurant répète

Le salut triste à Péchafaud (1) , n rêvait, comme toi , sur une terre libre Du pouvoir et des lois le sublime équilibre ;

Dans ses bourreaux il avait foi !

Qu'importe ? il faut mourir , et mourir sans mémoire : £h bien, mourons, dit-il; vous tuez de la gloire;

J'en avais pour vous et pour moi !

Cache plutôt dans le silence Ton nom qu'un peu d'éclat pourrait un jour trahir !

Conserve une lyre à la France ,

Et laissc4es s'entre-haîr; ' De peur qu'un délateur à l'oreille attentive • t

(1) Tout le monde connaît le ll^ot d'André Chénier^ lurPéchafiud: « Cett dommag*, dit-il en m frappant le firont,il y avaitquelque choie li.»

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