ESSA*I
Par Louis Jules BARBON MANCINI NIVERNMS, **.
An III (1795). '..,'■
Est enim probitate morurn , ingenii elegantiâ , opénlm .. varietaee monstrabilis. . « .
n est bien digne de servir d* exemple par la piiî%é
de ses mœars^ par les agréments de son esprit,
TfK£ la variété de ses ouvrages.
( LiTTAU px PuMK , liy. vu , lettre 21.)
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Après avoir passé une longue vie à servir mon pays et à cultiver les lettres, je crois devoir encore leur sacrifier mes derniers jours , en traçant l'esquisse fidèle d'un homme dont la mémoire leur doit être éternellement chère. Je vais écrire avec simplicité la vie de M. Barthélémy. Des mains plus habiles que ia mienne répandront sur sa tombe les fleurs de l'éla^
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quence. Quand l'art de les cueillir ne me manquerait pas , les larmes que je répands m'en ôteraient le poU' voir. Je ne cesserai jamais de pleurer cet excellent homme , à qui j'étais si tendrement attaché : il m'honorait de son estime et de son amitié. Je sens qu'il y a de l'orgueil à le dire; mais c'est un orgueil que je n'ai pas le courage de réprimer. Plus heureux que Plu^ tarque et Népos, je n'ai point à décrire ces scènes ^^illantes et terribles, où l'iunbition et la passion de la gloire ont déployé des talents trop souvent pernicieux. Je détaillerai des travaux littéraires aussi utiles . qu'imménseai^entrepris avec un courage rare, suivis avec ijiie persévérance plus rare encore ; et j'offrirai le taSBleau d'un caractère et d'une conduite où s'alliaient la sensibilité, le désintéressement, la modestie, toutes les vertus qui font le plus d'honneur à l'humanité, parce que ce sont celles qui servent le mieux les hommes.
Jean-Jacques Barthélémy naquit à Cassis , petit port voisin d'Aubagne. C'est à Aubagne, jolie ville entre Marseille et Toulon , que sa famiHe était établie depuis long-temps. Son père, Joseph Barthélémy, avait épousé Magdeleine Rastit, fille d'un négociant de Cassis. En iyi5, elle alla faire une visite à ses parents, et ce fut pendant son séjour à Cassis qu'elle donna te jour «1 Jean- Jacques Barthélémy, le 20 janvier 17 16. On ne tarda pas à le transporter à Aubagne , où , à l'âge d^
DE J. i* BARTHELEMY. Xllf
quatre ans , il perdit sa mère très^jeurife eucpre , et déjà chère à ses concitoyens par les qualités ée son cœur et de son esprit : il apprit de son père à la pleurer, Joseph le prenait souvent sur ses genoux , et l'entretenant , les larmes aux yeux , de leur perte commune ^ la lui faisait sentir avec tant d'attendrissement, que l'impression ne s'en est jamais effacée. Ainsi , le bon cœur du père formait, par un exemple touchant, le bon cœur du fils, et développait la sensibilité exquise dont la nature l'avait doué.
Magdeleine Rastit Barthélémy laissa deux fils et deux filles qui ne démentirent jamais leur honorable naissance , ni les leçons et les exemples d'un père si Universellement estimé de ses concitoyens, que le jour de sa mort fut un jour de deuil pour toute la ville d'Aubagne. La mort du frère de celui dont j'écris la vie, lit dans la suite le même effet; et c'est ainsi qu'une succession de vertus non interrompue a honoré cette respectable famille , bien plus que n'auraient pu faire les titres et les décorations dont la vanité fait tant de cas : prédeux héritage que les peveux de Jean-Jacques Barthélémy étaient bien dignes de recueillir, et qui ne dépérira pas entre leurs mains.
Jean -Jacques avait douze ans, lorsque son père , après ^vçir formé son cœur, l'envoya faire ses études à Marseille, cette ancienne et fameuse ville, qui , du temps de Tçiçite , était recommandable p^ la simplicité de