PIERRES GRAVÉES ET ANTIQUES
\/n s'est proposé de rassembler clans le cabinet du roi, i.° des médailles; 2.° des pierres gravées; 3-" des antiques. Je commence par les médailles.
Cette collection est divisée en deux classes principales, qui sont les médailles anciennes, et les médailles modernes; les unes et les autres forment plusieurs sous-divisions.
§ l"- Médailles anciennes.
Les médailles anciennes se sous-divisent d'abord on médailles de villes et de rois, et en médailles romaines. Les premières, pour la plupart, ont été frappées par les républiques et les souverains de la Grèce. Les secondes, par les Romains, soit avant les empereurs , soit pendant leur règne. Parcourons rapidement les différentes suites qu'elles produisent.
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(')n a placé la suite des villes à la tête de toutes les autres, parce qu'elle contient les plus anciennes médailles qui soient venues jusqu'à nous. Elle comprend les médailles qui présentent le nom d'un peuple ou d'une ville sans offrir le nom d'un souverain. On y remarque surtout les médailles d'Athènes , de Lacédémone , de Thèbes , de Corinthe, de la plupart des anciennes républiques établies dans la Grèce proprement dite , sur les côtes de l'Asie-Mineure , dans la Grande-Grèce (aujourd'hui le royaume de Naples), dans la Sicile, en Crète, en Cypre, et dans presque toutes les îles de l'Archipel. On y trouve aussi plusieurs médailles frappées en Italie , dans les Gaules , en Espagne , sur les côtes de l'Afrique, de la Syrie, etc. Les médailles de certaines villes sont assez communes; celles de plusieurs autres, extrêmement rares. Toutes peuvent répandre des lumières sur la géographie ancienne, sur l'histoire des arts, sur une infinité d'usages des anciens peuples.
En les, arrangeant on ne sépare pas les métaux, comme on fait pour les médailles romaines; mais on mêle l'or, l'argent et le bronze, parce qu'il n'y en a pas un assez grand nombre de chaque espèce pour en composer autant de suites différentes.
Celle du roi se monte aujourd'hui à plus de sept mille , et c'est la plus nombreuse qui existe.
La plus ancienne suite, après celle des villes, est celle des rois. C'est le nom qu'on donne aux médailles des rois de Macédoine, d'Egypte, de Syrie, des Parthes , de Cappadoce , du Pont , de Thrace , en
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un mot , (le toutes les monarchies ou dynasties anciennes. C'est-la qu'on trouve les médailles d'Alexandre , de Mithridate , et de quantité de princes plus ou moins célèbres, de quelques-uns même dont il n'est pas fait mention dans l'histoire.
On y mêle les métaux comme dans la suite précédente. Le roi est extrêmement riche dans ce genre.
Après ces deux espèces de médailles viennent les médailles romaines, dont les plus anciennes sont les consulaires. Ce sont celles qui ont été frappées dans les derniers temps de la république, et qui nous donnent les noms des principales familles romaines. Elles forment dans le cabinet la troisième suite, qui est assez belle, mais qui est susceptible d'augmentation.
- La quatrième est celle des empereurs , en or. C'est la plus précieuse de toutes celles qui sont en Europe, pour la rareté, la conservation, et le nombre des médailles, qui passe deux mille cinq cents. Elle commence à Jules César, continue jusqu'aux derniers empereurs de Constantioople , et comprend ainsi les médailles de la plupart des empereurs, impératrices et césars qui ont paru sur le trône pendant quinze siècles. On a placé à la tête tous les médaillons en or qu'on a pu trouver de ces princes. C'est le nom qu'on donne aux plus grandes médailles. Elles sont infiniment plus rares que les autres, et presque toutes d'une extrême cherté. On en trouve à peine cinq ou six dans les plus belles collections. Il y en a au cabinet iln roi plus de quarante.
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La cinquième suite est celle des empereurs, en argent. C'est en quelque façon la répétition des médailles en or ; mais elle est plus nombreuse , et l'on peut la pousser plus loin , parce que, dans tous les temps et dans tous les lieux, on a frappé plus de monnaies en argent qu'en or. Les médailles les plus rares s'y trouvent.
Les sixième , septième , huitième et neuvième suites comprennent toutes les médailles de bronze des empereurs romains. D'abord les médaillons ou les plus grandes médailles, ensuite celles de grand bronze, de moyen bronze et de petit bronze. Ces trois dernières répondent, en quelque façon, pour la grosseur, à nos pièces d'un sou, de deux liards et d'un liard.
Toutes les suites en bronze sont extrêmement précieuses pour le nombre et la rareté des médailles.