DES MÉTROPOLES
ce nouvel établissement ? Les faits suivants doivent décider ces deux questions.
Quand Corcyre établit une colonie à Epidamne, elle fut forcée d'en prendre le fondateur ou le chef à Corinthe , sa métropole ; c'était l'ancien ihoit (^Thucjd. , lib. /, cap. i[\'). Les Epidamuiens, ruinés par leurs divisions, s'adressent à Corcyre, leur fondatrice, et la prient de ne pas les laisser périr ; ils ne sont pas écoutés ( Ibid. ). Ne sachant alors quel parti prendre, ils demandent à l'oracle s'ils se livreront aux Corinthiens, qui étaient leurs premiers fondateurs. L'oracle le leur permet; ils se rendent à Corinthe, et représentent que le chef de leur colonie était de cette ville, et lui demandent du secours. Les Corinthiens trouvent cette demande juste, persuadés que cette cohmie leur appartenait autant qu'à ceux de Corcyre. Ils avaient d'ailleurs à se plaindre de celle-ci, qui, dans les solemnités publiques , ne leur rendait pas les honneurs accoutumés , et ne les distinguait pas, aux sacrifices, dans la distribution des victimes.
Corinthe envoie des colons à Epidamne; ce qui excite les plaintes des habitants de Corcyre. Leurs députés se rendent à Corinthe, et demandent à s'en rapporter à des arbitres, pour savoir si c'est à Corcyre ou à Corinthe qu'appartient Epidamne. En s'adressant dans la suite aux Athéniens, ils leur disent : « Les Corinthiens vous diront qu'il est in- « juste que les colonies fassent des alliances partice culières », A cela nous répondrons: « Toute co- « lonie bien traitée de sa métropole doit l'honorer;