SCIACCA
En suivant la côte vous trouverez Sciacca, autrefois Thermœ Séluntinœ , parce qu'on y trouve diffé?:*entes sortes de bain^^. Fazello (i) parle d'un de ces bains en forme d'antre , où sont encore les débris des sièges où les malades se tenaient. Il ajoute qu'au-dessus de ces sièges sont des lettres fort effacées, que personne n'a jamais pu lire, et qui ne sont d'aucune langue connue. Seraient-elles phéniciennes ? Le baron de Biedezel (2) dit que ce^ lettres sont grecques ; ce qui est à vérifier.
AGRIGENTE ou GIRGENTI.
C'est ici que votre dessinateur pourrait exercer . ses talents, surtout s'il est architecte. Il faut détacher de l'ouvrage du père Pancrace , théatin , imprimé à Naples en 1751 , sous le nom ^Antiçhità siciliane^ les planches où sont gravées les ruines de Girgenti. Cet ouvrage a eu si peu de succès que l'auteur , qui comptait donner toute la Sicile, a aban-
(i) De rebu$ Siculis, pag. i;^.
(51) Voyage en Sicile , etc. , page 3o.
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lLl6 INSTRUCTlOirS
donné son entreprise* Je ne sais pas ce que sont devenus ses autres dessins. Quoi qu'il en soit ceux de Girgenti , quoique très-imparfaits , pourront vous guider quand vous serez sur les lieux. Il faut y joindre les dessins (i) qu'a donnés Dorville.
Le baron de Riedezel (2) parle d'une inscription qu'on voit sur la place du marché et qui est, dit-il dans une langue barbare. C'est de l'arabe ou du phénicien. S'il est vrai qu'elle ait été tirée du temple de Jupiter Olympien , elle serait plutôt phénicienne ; et dans ce cas je vous supplie de la faire copier exactement , et, s'il était possible , de la faire mouler et de m'en faire parvenir l€fs 'moules par une voie sûre , vous me combleriez de joie. Au reste , outre quel'évéque de Girgenti vous dira si c'est de l'arabe ou du phénicien, vous pourrez vous en assurer vous-même par les règles établies ci-dessus. Si les lettres sont liées, c'est de l'arabe; si elles sont séparées et à peu près semblables à celles des médailles gravées dans la planche ci-jointe , c'est du phénicien.
« Cet évêque de Girgenti, dit le baron de Rie- « dezel (3) , a une collection de médailles des em- « pereur romains. » Je ne m'en soucie point ; mais voici ce qu'ajoute le voyageur : « Parmi les mé - « dailles grecques sont les médailles des anciennes ic villes de Sicile, en argent, avec bon nombre de
(1) Sicula, pag. 97,99, 107.
(a) Voyage en Sicile, etc., page 38.
(3) Voyage en Sicile , etc., page 56,
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POUR M. HOU EL. • 'll^J
« médailles puniques en or. » Voilà ce qui me conviendrait très-fort. Si cet évéque voulait se défaire de cet article , ce serait sans doute une belle acquisition pour le cabinet. D'abord les médailles d'argent quatre ou cinq fois le poids ; celles en or de même , pourvu qu'elles aient des lettres phéniciennes , et qu'elles en aient plus d'une ; car si elles représentaient simplement un cheval ou un palmier, elles ne valent qu'une fois et demilep«ids. Si l'évêque ne veut pas se défaire de ces articles , il faudrait en obtenir une description exacte , et surtout des médailles puniques en or. S'il ne voulait pas abandonner cet article sans y joindre tout le cabinet , alors il faudrait demander une notice du tout , et l'estimation qu'il en fait.