A M. SCHIAVO DE PALERME
J'ai reçu, monsieur , les éclaircissements que ^ vous avez bien voulu me donner. Agréez mes re- * mercîments tant pour cet objet que pour ceux de vos ouvrages que M. le comte de Caylus m'a remis de votre part. J'en ai déjà lu une partie avec bien du plaisir , et je vais incessamment m'occuper de votre recueil d'inscriptions. Pour lire avec profit j'ai besoin d'un loisir que je n'ai pu trouver depuis un mois qu'il m'est parvenu ; et ce loisir .m'est j d'autant plus nécessaire que vous exigez que j'aie l'honneur de vous en dire mon avis. En parcourant d'abord les planches , je suis tombé sur le cha-
(i) Les questions proposées à Barthélémy par M. de Chabanon, étaient relatives à un travail de celui-ci sur les problèmes d'Aristote , concernant la musique , et dont une partie est publiée dans les Mémoires de V académie des Insc. , t. XLVI, p. 285, etc. Noie de V éditeur.
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pitre 1 1 Ô , où Vous avez réprésenté un vase chargé d'une inscription phénicienne ou punique, déjà publiée par le P. Lupi. Comme on imprimait alors le mémoire que je lus à l'académie il»y a quelques années, siu* divers monuments phéniciens,, j'y ai joint dans une note l'explication , telle que je l'ai conçue , de l'inscription du vase.
Vous recevrez cette dissertation dont j'ai fait tirer quelques exemplaires à part, et qui paraîtra incessamment dans les Mémoires de l'académie. C'est la même dont j'avais donné un extrait dans l'ouvrage que M. «de Guignes avait publié sur l'origine des Chinois.
Vous recevrez encolre deux lettres sur des médailles phéniciennes , que j'ai adressées ent dîffé* rents temps à MM. du Journal des Suivants fie vous envoie un double exemplaire de chacun , en vous priant d'en présenter un de ma part à M. Tardia.
Je joins enfin à ces trois opuscules un alphabet qu'on a également inséré dans le Journal des 5avantSj et qui se rapporte à l'inscription trouvée à Malthe dans un sépulcre , en 1 79 1 .
Il me reste un mémoire que j'ai donné à l'académie, ^r«une inscription phénicienne gravée audessous d'un bas-relief égyptien. Ce monument est à Carpentras, dans le comtat d'Avignon. Mon mémoire ne sera imprimé que dans un an , parce qu'il doit être inséré dans ceux de l'académie.
Voilà, monsieur, tout ce que j'ai fait jusqu'à présent sur la langue phénicienne. Il me reste encore quelques médailles à éclaircir , et l'essentiel serait
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de savoir où elles se trouvent communémeDt Car la connaissance des noms que les peuples out portés, serviraif beaucoup à les retrouver sur ces sortes de monuments.
J'avais pensé qu'on pouvait découvrir un grand nombre d'inscriptions phéniciennes en Sicile. Quelques-unes de celles que vous avez eu k bonté de m'envoyer ne sont que des fragments, et on risque trop dans ce genre de littérature , de travailler sur des monuments si imparfrits. Je regretterai toujours que l'original de l'inscription insérée dans le manuscrit d'Antonio Cordici soit perdu.
Du reste , voici quelques remarques sur le recueil de vos inscriptions j en attendant un plus long exam^.
Inscriptions de Païenne j imprimées en 176a.
Page 129. Mort de Commode en 194. Ce prince n'est-rl pas mort le dernier jour de l'an 192 ?
Page 127. Je ne sais pas pourquoi vous attribuez <cette inscfiption à Commode. Le titre de NOBIUS- SIMUS C^SAR n'a pas paru jusqu'à présent sur les monuments des princes antérieurs à G^ta^ quoique Commode ait reçu celui de nobilissimus princeps dans ime inscription. Dans celle que vous rapportez, le mot Cœsaris^ étant au génitif , devrait se rapporter au père de Commode, et je doute fort qu'on ait jamais appelé Marc Aurèle nobilissimus Cœsar.
Que signifie d'ailleurs DIVI ANTONINlDI...?Si Diadumenien avait laissé des enfants qui eussent
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eu des prétentions à l'empire , on lirait très-naturellement nobilissimi Cœsaris dii^i uéntonini Diadumenianij car Diadumeiiien avait pris et le nom d'Antonin et le titre de nobilissimus Cœsar sur ses médailles. Mais cette conjecture ne peut pas avoir lieu , et l'inscription est trop dégradée pour en hasarder d'autres ; il me paraît seulement qu'elle conviendrait mieux à Éliogabale. La chose est d'ailleurs très-peu in^ortante.
Page i4o. 3e ne vois pas où pouvaient élre placées les années des règnes de Sévère et de Caracalla ; car après ces mots abrégés :T RI B. POT., qui terminent la troisième ligne,- vient un P, qui doit être l'initiale de PONTifex. Vient ensuite IM- PERATORIS CiES. L.SEPTIMI SEVERI,etc, On ne pourrait placer les années de Sévère qu'après ces mots : P A'RTHICI MAXIMI. Maisil me semble qu'il n'y a pas assez d'espace dans votre copie ; et je croirais plutôt qu'il faudrait remplir la lacùnç par le mot FILI O , en entier ou en abrégé. Ll estil bien net sur la pierre ?
Page. i48. Vous avez raison de rejeter la leçon de monseigneur Fontanini au sujet de l'arc de -Sévère. On y lit clairement le nom de iGéta , ainsi que vous le verrez par la copie figurée de cette inscription que j'ai l'honneur de vous envoyer.
Pa^e, 383. Je suis au désespoir que vous n'ayez pas voulu vous rendre au sentiment de M. Assenianni. Les deux inscriptions dont il s'agit sont cer^
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34a LETTRES.
tainemeut l'ouvrage des Arabes , quand ils étaient maîtres de la Sicile. Les caractères en sont koufiques et paraissent sous la même forme , non-seulement sur les médailles arabes , mais encore sur plusieurs inscriptions arabes que j'ai vues à Marseille , à Pouzzole, et dans plusieurs copies qu'on m'a envoyées des lieux où les Sarrasins ont demeuré. Cette expression même r^n est alius deus prceter unum deum , est consacrée particulièremen^ur les médailles et dans presque toutes les inscriptions arabes. Je suis, etc.