A M. LE COMTE D'ARGENSON
ARoine,ce 1756.
Je n'ai différé , monsieur, à vous rendre compte , que pour avoir le temps de terminer quelcjues négociations assez importantes 'dont le succès me paraissait encore douteux. Les Italiens ont une si
byGoogk
haute idéft du cabinet du roi, qu'ils ne rougissent pas d'attribuer une valeur exorbitante à toutes les médailles que je désire. Cette prévention produit de leur part des défiances et des lenteurs, auxquelles je suis obligé d'opposer une indifférence simulée et le secours d'une voie étrangère pour traiter avec eux. Ces moyens m'ont assez, bien réussi , et j'ose me flatter que mes recherches jusqu'à ce jour justifieront le choix que vous avez fait de moi pour ce voyage. J'ai acquis environ deux cents médailles, dont quelques-unes sont uniques, et la plupart extrêmement rares. Teu aurais acquis davantage si je m'étais plus attaché au nombre qu'à la rareté; njais j'ai cru devoir négliger celles que des hasards fréquents procureront en France , et pour lesquelles il aurait fallu sacrifier des médailles destinées à des échanges plus avantageux. Sans entrer dans l'examen de toutes ces acquisitions en particulier, je me bornerai à celles qui exigeront moins de réflexions et de dé* tails.
Vous savez, monsieur, qu'avec le médaillon de l'empereur Honorius, que vous me fites l'honneur de me remettre l'année dernière, le nombre des médaillons d'or conservés au cabinet du roi , est monté à vingt-six. L'Italie entière n'en fournirait pas une si grande quantité. J'en ai vu quatre dans le cabinet de Florence, quatre autres dans celui du. Vatican, trois dans celui de la reine Christine, qui a passé dans la maison Odescalchi, et quelques autres en différents endroits. J'en ai acquis trois
byGoogk
aussi précieux par leur rareté que par leur conservation. Le premier est de l'empereur Gallien, qui monta sur le trône Fan 253 de l'ère vulgaire. On y voit d'un côté le buste et le nom de ce prince, et au revers un soldat de la troisième cohorte de la garde prétorienne entre quatre enseignes militaires, avec cette légende: