‹ Œuvres diverses de Jules Janin (volume 4)Chapitre 37 sur 46 · SCENE IX · texte numérisé non relu

SCENE IX

Douzième décor. — Le théâtre change et représente une forêt; sur l'un des arbres des coulisses est une branche chargée de fruits. Cette branche doit s'abaisser à volonté, et il doit exister parmi le feuillage un nid d'oiseau au milieu duquel est l'œuf d'or du commencement de la pièce.

7. — Ma Mère TOie entrant en scène sous le costume d'une pauvresse; elle exprime, après avoir regardé de tous côtés, que c'est ici l'endroit où elle va revoir Arlequin et Colombine.

{Elle parle.)

C'est dans cette forêt que bientôt vont se rendre

Colinette et Colin, mes deux chers protégés.

Une dernière épreuve ici doit les attendre :

Qu'ils en soient triomphans ! nos deslins sont changés.

8. — Orage. Elle fait une conjuration. Le tonnerre gronde, Téclair brille. Ma Mère TOie se tient à Técart.

Arlequin et Colombine arrivent en cherchant un abri contre Torage.

Ma Mère TOie s'approche d'eux.

[A part.) Les voici, je tremble et me flatte.

DEBURAU l5l

(.4 Arlequin.)

Mon bon monsieur qui portez cette batte, Et vous, ma belle dame, ayez, ayez pitié

D'une pauvre indigente.

Me plaindre, de mes maux c'est prendre la moitié. Mes maux !... Ils sont bien grands. — Les soins de l'amitié Les calmeront. — Hélas! je n'ai nulle parente. Nul ami sur la terre... Ayez, ayez pitié

D'une pauvre indigente.

Arlequin, attendri et avec empressement, fouille à sa poche; ma Mère TOie Tarrête et lui dit:

Ah! l'or en ce moment n'est pas ce qui me tente.

Hélas! la saveur enivrante

De ces fruits calmerait l'ardeur

De ma bouche brûlante;

Mais ils sont à te'le hauteur Que pour en approcher en vain je me tourmente.

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