ACTE II, SCÈNE I. ai
FLORE
Vît-on jamais de perfidie Si cruelle et si bien ourdie ?
GERMAIN
Calme-toi, calme-toi.
FLORE
Laisse-moi, lais^e^moi.
Paraître plein de complaisance , Puis tout à coup, le même jour, D'un maître affecter l'insolence Et nous conduire en ce séjour !
GERMAIN
N'est-il pas très gai, ce séjour^
FLORE
Oh! les hommes!... les hommes I Viens encor m'en dire du bien !
GERMAIN
Voilà comme nous sommes! Le meilleur de nous ne vaut rien.
FLORE
Quel tourment que le mariage!.
GERMAIN
U faut pourtant qu'il soit d'im doux usage> Car on a beau tous en épouvanter.
Rien ne vous en détourne; La jeune fille en veut goûter...
Et la veuve y retourne.
FLORE
Laisse-moi, laisse-moi.
GERMAIN
Calme-toi, calme- toi.
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ai4 L'AMANT ET LE MARI,
ENSEMBLE
FLORE
O la triâte demeure î
L'affreux événement!
C'est de colère que je pleure ; Mais on se venge, heureusement.
GERMA^m.
La pauvre enfant ! elle pleure !
Elle a cru bonnement Que d'hymen la noble demeure D'amour était le logement.
Non, je ne crois pas que, de mémoire de femme, on se souvienne d'un trait aussi noir. Mais comment s'est passé le voyage? Car, jetée dans un fourgon, à votre suite, avec le chef d'office , je n'ai pu voir...
GERMAIIN^.
Moi, en postillon, j'étais assez mal placé pour ob* server les deux époux ; mais, autant que j'ai pu voir en détournant la tête , ils ont gardé pendant toute la route le plus profond silence. Monsieur avait Tair assez tranquille ; mais madame avait un petit air furibond qui était tout-à-fait drôle.
FLORE
Rira bien qui rira le dernier. Veux-tu parier qu'en définitive ma maîtresse l'emportera, et que nous irons coucher à Paris .^