‹ Œuvres diverses de m. RogerChapitre 204 sur 205 · L'INSOMNIE · texte numérisé non relu

L'INSOMNIE

ROMANCT.

Tel qu'un ami perfide ou mercenaire Qui dans les pleurs abandonne un ami , Le sommeil fîiit la couche solitaire Du malheureux que le sort a trahi.

Depuis long-temps , vainement je Tappdle :

Comme Tamour , il est sourd à ma voix.

Sommeil , amour ! couple ingrat et rebelle !. Ah ! revenez pour la dernière fois !

Vœux superflus ! sur la terre en silence

Régnent la nuit et les songes légers.

Tout dort, hélas ! le crime et l'innocence.

Les fils de Mars , les rois et les bergers.

L'eau qui murmure, ou la feuille qui tombe,

Seule interrompt le silence des bois.

Moi seul , je veille !... Ah ! du moins dans la tombe

Si je dormais pour la dernière fois !

Portez ailleurs vos honneurs et vos grâces , Grands de la terre , impuissants souverains !

FUGITITSS. 445

L'unique bien et la seule des places Où j'aspirais, ne sont point dans vos mains.

Non y cet espoir si doux pour un cœur tendre , L'espoir de plaire à l'objet de son choix , Tous vos trésors ne sauraient me le rendre... Il m'a souri pour la dernière fois !

Naguère , hëlas ! combien j'aimais la vie !

De l'amitié les touchantes douceurs Et des beaux-arts la brillante magie Semaient mes jours de plaisirs et de fleurs.

Mais sur mon oceur tout entier à sa pane L'amitié même a perdu tous ses droits.

Oui! c'en est £ût, et mon nom sur la scène A retenti pour la dernière fois !

O de mon cœur souveraine maltresse !

Toi que j'adore et qu'il me faut quitter !

Qui me bannis et me retiens sans cesse, Toi que je fiiis, sans pouvoir t'éviter !

De tous mes maux cause cruelle et chère , Adieu !••• les pleurs ont étoufifé ma voix !

Je pleure, hélas ! mais bientôt , je l'espère , J'aurai pleuré pour la dernière fois.

A BUCÏS,

Le jour où MM. And^ieax, Picard, Campenon et Droz célébraient avec moi sa quatre-Tingt- troisième année.

Parmi les bpinil^^s doat luHr^.^ge Ajuste titre s'est vanté ,' j . ,; .

BeauQOUp ont i^q 4ouUe \i^e: :

L'un nature, r^ire empr^at^^^;,.

L'un SQipbrç , morpsp ^ ,agi|:é ; . ,

L'autre qantet«ans uu^g^; , :

L'un qu'on porte en société,..: . .

Et l'autre au sein de son ménage.

Chez lui.^ çqmine 4xq)f3 ;de.cl^z luiy '; FrançQi$ Ducis , Ip vénérable, . - Toujours; égal , tpujo^rf aÇ^^jj^e ^ : p . ; Sera4^pwiu,telq^a'^uiour4'!^ir , .^ ,^ Sa douceur estiaaUérable. ^ ,

C'est un î^ipi jqui, vous séduit , Et non poixi^. vn jqgjs.si^vàre Qui par la crainte vous conduit; C'est un flambeau dont la lumière Ne bleâse point l'œil qui la suit ; En nous guidant il sait nous plaire ; Philosophe aimable ^ indulgent.

Chacun voudrait, en le voyant ,

Etre son voisin, son parent/

Son a^, son fila ou son frère.

Sans regrets y satis ambition ,

Sans remords ^ sans inquiétudes ,

A l'abii des vicissitudes

Du temps et de ropinion';

Noble et bienJËsôsant ^ sans faiUesse > . ..

Pour les méchants seuls sans pitiié^

Il cultive en paix Famitié ,

Et les Muses et !la sagesse. r .:

Cest par elles que dans leur cours

Il sait enchaîner les anàées,

Et qu'il voit s'écouler ses jours , ,

Comm^ des heures fortunées.

Puissions-nous ici,, dans. .vingt ans^ ; i

Répéter cet anniversaire, , .

Et de sa Muse centenaire / i -

Ecouter encor les accents!

Amis qu'inspira son génie , Et qui savez par vos talents Egayer l'hiver de. sa vie , Ah ! que chacun de vous le prie De m'encourager à mon tour !

Après vos noms , sur le Parnasse , Le mien pourrait peut-être un jour Trouver une petite place.

448 POÉSIES FUGITIVES

N'a-t-on pas y au seia des forêts,

Vu ramper le tierre infertile ,

Et d'abord , loDg-temps sans attraits y

Traîner sa verdure inutile ?

Mais que d'un chêne généreux

Sa faiblesse implore l'ombrage , ^

Croissant bientôt sous son feuillage j

U monte avec lui vers les cieux.

Puis y lorscpie le temps ou l'orage

A dépouillé son noble appui

Des dons de Flore et du bel âge ,

U s'attache encor plus à lui :

Il l'orne de fleurs , il le presse ,

Et j de ses rameaux caressants ,

Le couvrant, l'entourant sans cesse ,

Il pare à son tourla vieillesse

De ce chêne ^ dont la tendresse

A protégé ses jeunes ans*

FM DV MVXlkHB BT DËUflBl TOIVMB.

Page 1