‹ Œuvres diverses de m. RogerChapitre 58 sur 205 · ARIETTE · texte numérisé non relu

ARIETTE

Non , je ne veux pas chanter.

Vous pouvez bien m' écouter ; Mais je ne veux pas chanter.

Que voulez-vous que je vous chante?

CANTJBILE.

Est-ce un air simple et gracieux Qui vous captive et vous enchante Par des accents mélodieux ?

RONDEAU

Chanterai-je un rondeau facile Qui fasse naître la gaité, Et partout, comme un vaudeville , Soit retenu^ soit répété?

Chanterai-je un rondeau facile ?...

(s'interrompant tout à coup. )

Non, je ne veux pas chanter.

VouR pouvez bien m' écouter ; Mais je ne veux pas chanter.

SCBME X, 95

Gcmtiauez, continuez à me refuser de même; ( è part. ) elle me ravit !

( Adèle continue de chanter. )

ROMANCM.

Au temps jadis, dans plaintive romance, On soupirait tendres accents d'amour; Au temps présent, pour charmer sa souffrance, L'amant redit les chants du troubadour.

AIR DE BRJrOURE.

Mais, non, tout me le persuade, Et je le vois bien dans vos yeux; £t la cadence et la roulade Sont ce que vous aimez le mieux.

Par malheur j*ai peu de science Sur la roulade et la cadence.

Oh ! non, non, non, je ne veux pas chanter.

, Vous pouvez bien m' écouter ; Mais je ne veux pas chanter.

PLINVILLEy tranaporté.

Ah! je ne puis résister plus long-temps à la réunion de tant de charmes et de talents. Femme adorable! je tombe à vos genoux!

ADÈLE ^ Ten erapèchant*

Relevez-vous, monsieur, et tenez votre parole, ou je tiendrai la mienne.

Non, vous avez beau dire, je vous aimerai; je vous

g6 LE BILLET DE LOTERIE,

offrirai ma fortune et ma main^ çt vous m'ëpouserez aujourd'hui... dans trois jours, car il faut vous donner du temps.

ADÈLE

Monsieur, je n'ai qu'un mot à vous répondre ; je suis extrêmement touchée de vos offres ; mais en les acceptant je m'en rendrais indigne.

PLIBTVILLE.

Vous !

. ADELE.

Je ne suis point destinée à devenir la marquise de Plinville, et je ne veux point devoir ma fortune à mon mari.

PLINVILLE.

Quoi, l'amour le plus tendre!...

ADÈLE

Je ne puis répondre à votre amour; mais je m'honorerais de votre amitié, et si vous tenez à conserver la mienne, vous n'insisterez pas davantage sur des offres que ma position me force à refuser (avec bonté.) Adieu, monsieur ; réfléchissez à mes conditions : je ne puis recevoir l'amant, mais l'ami sera toujours bienvenu.

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