LA CAUSE DE LA PESAÏOEUR DES CORPS
C'a été de tout temps le destin des gens de let* •très de crier contre Tidjustioç de leur siècle; H &ùt entendreun courtisan -d'Auguste sur. le peu de cas que Ton àVoit toujours £^t de ceux qui par leurs talents avoient mérité la faveur publique. U faut entendre les plaintes d'un courtisan de TSé'» TOn) il ose dire que la corruption est passée jus qu'à ses dieux : le goût est si dépravé , ajoute-t-il, qu'une masse d'or paroit plus belle que tout ce qu'Apeilç et Phidias, ces petits insensés de precsy ont jamais fait.
Vous n'avez point , messieurs , de pareils reproches à faire à votre siècle : à* peine eûtes-vous formé le desseiiulé votre établissement, que vous trouvâtes Un protecteur illustre ç^)able de le soutenir; il ne li^Iigea rîen de ce qui pouvoit animer
Gi^ogle
. voti*ezèletet si you5 jetiez inoiiis recofmoissant&i il vous feroit oublier ses g^remier^ liienfai^ par I^ pjfôtusipn avec laquellç il vous jgfr^rtifie ^ujo>^^ , .d'hui. t][; oe peut soqffiir ^ue le sort; dç cette acar 4émiç soit plus loug^temps incertain } il va coi^ ^ ' psLcrér un lieu à ses exercices *. ^
Ces bienfait^, messieurs^ sbut pour tous un n^tiyel engageta^ent; c est le motif d'tine. éigulatiion .Doùvelle: on doit toujçur^ aUer à la fyi à * proj>f»rtio9,des moyens. Ce seroit peu pour nous d'2»pren4re aujourd'hui au. "p.ubl\c . que nov», Ayons i^^u des grâces, ^i nous ne p4iiyq|is lui .ftcf- * : prendi^é en jnemç «temps qfue.nQu^ voulons les
'mériter.
.Cette ànn^e a été une des plus critiqués; qtie Vacadémie ait encore eu à soutenir: .car, outre la perte de cet académicien qui n*a jpoînt kûssé dans nos cœurs la différence entre le souvenir et les regrets^ elle ^ vu J'absenç^ presque jiniverse^e de ç^ membres.) et ses . a^^ plus tioin*
breuses ji^s la cwitale du royaufti^ ^e dans le ^ lieu, de sa résidence^ ^ , ,. . * /
Cette. |d>sence noi^s pgrte acgo^rd'huià^ui^
place que nous ne pc^vons r|^pltr; comme nouf
^^ devrions. Quand lioâ p^upationsnous auroient
laissé tout lé temps nécessaire^ le public y auroit
*• *♦. .' . . .^WmMfn^VifU et içnimft pont?;
î3a ; ' o*scpu»i //
toujoul*^ perdu ; il aurdit rèccHlnu cetie diffârence <|ue nous seiitohs.pfu» que lui-même: ù y a^des gens dont il estâouvénfi (làn^eiéux dé faire les fonctions; on se trouve trop engagé IbVsqu'il &ut teilîr tout ce. que leur réputation a promis. Vous ferez part au public dan^ cette séance de
^qudqués*uns'de vos voyages, et du jugeaient que vous avez rendu syr une des matièi^ les pl^s obscures de la physique. Vous avez donné un prix long-temps dispu0: nos auteurs sembloieiii vdu& le dêiatumder en justice.; Votre incertitude vous, a fàit'pkdsir: '^us.aufiez été bÎOT* fâchés d'avoir i porter un jugement plu$ sûr > et, bien dififérents des autres juges toujours alarmés dans les affaires problématiques , voU9 trouviez de la satisfaction
. dans le péril même de vous tfoniper.
} Nous allons en peu de mots donner une idée desdissertations qui nous ont été envoyées, même de celles qui ne sont point entrées en concoiui; et ii elles ne peuvent pas plaire par éllës-mémes, peàt-étre plairônt-elles par leur diversité. ' ^
Un de ces auteurs, péripatéticien sans le Savoir, a cru trouver la cause de la pesanteur dans l'absence mraie .de l'étendue. Les corps, selon lui, sont déterminés à^ s'approcher du centre communi * à cause de la continuité, qui ne souffre point d'iïitervalle. Jl/fsds qui nç voit que ce principe iin«teneur dé pesanteur qu'on admet ici ne sauroit
suivre de/Tétèndue jConsidérée comiiie tq^eyét ' qu^il faut nécessaire^ient avoir recours à tiDe caitse étrangère? >
Un chimiste ou \m r.osçKa'oix^crpyaint'lrouver daiis son mercure tous les prijqcipes,^ qiialités de^ corps, lès''odeui^, lç9 sayears^ et autres, y, a vu ' jusqu'à la pesanteur. <>.4^e j$ dis . ici compose toutes dissei-tatioo, jk l-oliscurité prés. , ' -»»
Aans le troisième ouvrage, il'autéur qui ;afïfjc|e ï^ordre d'uu géoQiètre, ne Ve^t poifit* Après ^voir * posé pour principe la résK^tiou des tour)>mâns, il "- ^andonne «ussitâitcette idée pour suivre absçlu-ment le Système d^ Déscartes. Ce n'eét que œ*^ même système rjéudu moins probable qti'il ,ne Tétoit d^à. Il passé Tes grande^ objections.que M. Quygéns a.pi^oposées , 'et oi'aimise à dç9 choses inutiles et étrsuigèresir son sujet On toit l^iw que .c'est un bamme qui a manqué le diemin, • qui erre, et porté ses pas vers le preniier o)^, qui séprésentet * ' . , " ' '
. La^quatriètoe dissertation est entrée en concours. L'auteur pose pour 'principe que tout mouvement centrifuge qui ne peut éloigner son loôbile dû centre par roppôsitîon'.d'ttn obstacle. se rabat sur lui-même, et se change ^i m,ouvemfent ceAtrip^e. . H sç Ésdt'ensiiite.lacilèbre objection': «D'où yient «.que les corps pesants tendent vert le cwtre de * ' Via terré 3j et non pas vers^lés points de Taxe cor?-
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. l34 . DISOÔtJRS
^Tes^ndâDts2»Etila»répondu en grand pïiysi- Cïçn.Oh sait que là foixe centrifuge est* toujours égale au carré de la vitesse divisa par lé diamètre*^ delà circuiation;'etèommé le diamètre dû Cercle delà matière qui circule vers Je tropique estpftis '^etitquè celui delà fiaâtière^uî circulé vers Pé- ' quateuî*! il à'ensùit que sa forcé ceirtruiige est pliis grande: inais cette forcé, ne pouvant avoir tout son effet du côte où'eDe est dîreétémen^déterminée,- porte son môiiVemenf ,dd côté où elle né trouve pas tarit de résîstànîcei et oblige lés *c6ft)3 de céder vers le cçnlfô.-Oi^^'^^X^ fond du système, il est difficile de concevoir que là force centrifuge, se réfléchissant en force centripète, puFssé produire la pesanteur : il seinlilg jtu cdn-^ triiife que,^és corps étant poussés et repousses par ,une égaieforoe, l'action devient null0; principe qui J)eut seulement servir à expliquer la cause de l'ë* quilibrç luiîversêl des tôurbitlonsç .
Il faut favouer cependant, on trouve dans cet ouvrage la màiri d'un grand maître: un • peut le comparer atix ébauches de ces peintres fameùx,k^ qiii, tout imparfaites qu*eÛô5 sont, ne laissent pas d'attirer les yeux et le respect de ceux i^t iionnoisserit Tart. • , , \ '
Là dissertation suivante est, simple, rièttè et mgéniéûse. L'âutetir remarque que lek rayons d6 la malièrcL éjthérée tendent toujours k'se mouvoir
^CABiKlQtnES. l35
«tf figue droite; et oomiiie*cetté ittatfère ne peut frtMèr les bornes à^â tourbillon où eHe est enferte^ I elle ne cesse de £iire e0brt pom* se répandre dans les espaces intérieurs occupés par une matière étrangère, comme la terre et les planètes. Si une planète venoit à être anéantie , la matière qui l'environne se répandroit dans ce nouvel espace; elle fait donc effort pour se dilater de la circonférence au centre, et, par conséquent, doit en ce sens pousser les corps durs qu'elle rencontre.*
Le grand défaut' de cet ouvrage est que les choses y sont traitées très-5uperficiellement. On n'y trouve point cette force de génie qui saisit tout un sujet, ni, si j'ose me servir de cette expression, cette perspicacité géométrique qui le pénètre: On y voit au contraire quelque chose de lâche, et, si j'ose le dire , d'efiCéminé; ce sont de jolis traits , mais ce n'est pas cette grave majesté de la»nature. *
Nous arrivons à la dissertation qui a remporté le prix. Elle a .obtenu les suffrages, non pas par là nouveauté du système, mais par le nouveau • d^ré Ûe probabilité qu'eUe y ajoute; par la solidité des raisonnements, par les objections, jyur les céponses de l'auteur à MSf- Samrin et Huygens , enfin par tout l'ensemble qui fait un systèhie con^et. L'auteur % maître dé sa matière, en a.
*■ U, Booilkt, inédeotn i Bécîerf :
f36 DISCOURS
connu le fort çt leioU^le^ .et a été en état de profiter des lunûèresdes'grands génies de notfe siècle. La l^ture qu'on va faire nous dispensé d^en.dkiç davantage.
DÎSCaURS
LA CAirSE DE lÀ TRAIfSPARENCE DES CORPS, Woiroiioi I.B si5 AOUT ky-jo.
L'académie proposa îa^niféç dernière u;i second prix sur la tran3pàrençe. Cette matière^ liée avec le système àfi la Ipinière^ a paru sans doute trop étendue, et ^ rebuté les auteurs! *
Privés des sqcou^ étrangers , il faut que le public y pçrde 1^ moins possible^. mais il y perdra toujours; et, dans la nécessité où nbus^ sommes de traiter te sujets convaincus de notr^ peu de suflGiànce, nous aimons encore mieux nous excur ser sur le peu dé temps, que nos occupations nouS ont laissé., < •
ïl semble d'abord qu'Aristote savoit bien ce que c'étoit que la transparentei puisqu'il définîssoit la lumière Yacté du trcpsparent ett tant que transparent; mais^ pour, bien dire^ il ne connoissoit ni la transpîurence ni la lumière. Accoutumé atout expliquer par la .çaiise finale, au lieud^
i3d Discouàs '^
nÛBonner par la cause formelle, il regavdoit la transparence comme upe idée claire , quoiqifdle né puisse paroitre teQe qu'à céknt qui savent <léjà ce qùè c est que la lumière. •
La plupart des modernes croient que \Ét transparence est reffet.dê la rectitude des pores, lesquels peuvent y selon eui^ Éicilement transmettre l'action de la lumière..
. Un de nos confi^ères a cru devoir douter des .pores droits y en disant que si rpji coupe un cube de verre y il transmet ia lumière de tous côtés. Pour nioî, j'avoue que «ette typothèse des pores
c drolis me paroit plus ingénieuse que vraie : je ne troiivè p^ que cette. régUkù*ité s'accorde avec l'arrangement Ibrtùit qyi produit toutes 1^ for-
. iAèi. Il mé séml>ië que cette idée des pores droits Që rend pas raisoii de la (Question dont il s^'agit; du* ce n^est nai de ce que quelquaf corps sont transparent que je suis'em^arrslBséy mais 4^ ce
. qu^ils ne àt>nt pas tous transparents.
y 11 est ïmpdssibte qu'il y ait sur la terre uhe matière si condensée qu'dlè ne donne passa|;e laux l^ôbules. Supposez dés jJores^ aussi tortus que . vous voudrez; ij &ùt qulls laissent passer la lulùi^j puisque h. métier^ éthérée pénètre tous lès corps. * • ^ . • ^
liés corps sont donc tous transparents d'une «lanière absoluej^ mais ils né ie sdnt pas tous
jiGAoiviQirxt. c «^39
é^uflt manière relative. Us mat tous transparents» parM qu'ils hissent tdtls passer des rarj^ns deloK ■dère; nais il-n'en passe pa^ toujours en asseà grand nombre pour former sur la rétine i%na^€f des objets.
Oa voit par les «ezpérienoes de Newlcm qtie tans les oorps oolorés absorbent une partie dea rayons, etrenvoient Tautre: ils sont donc fjfps^' ques en tant qu'ils renvoient les rayons, et trans-* parents en tant qu'ils les absorbent.
Nous, voyons, dans le Journal des Suivants, qu'un homme qui re^ta six njois ep£;rmé dans une prison obscure voyoit sur la fin tous les ob* jets très -distinctement, ses yeux étant accoHtu** mes à rece¥oir un très-:petit nombre de rayona: l'organe de la vue commença à être ébraftlé par une lumière^si'foible, qu'elle étoit insensible à d'autres yeux qui n'àvoientpas été ainsi préparés. Il y a apparence qu*il*y a des animaux pour lea-* quels les murailles là plus épaisses sont tralisparentes.
De tout ceci je crois pouvoir admettre ce^prin^. dpe, que les corps q^i opposent le moins de pe* tUes surfaces solide$ aui rayoQs de lumière qui les traversent t sont les plus transparents; qu*à proportipn qu'ils en opposent davantage, ils le paroissent moins; et qu'ils comineBcent de pa^ roître opaque^ dès qu'ils ne laissent pas passer
}^0 ^ DISCOURS ACADliMIQUES.
ossaz de^mjroQS pour ébraid^ Torgane de la .vi* skNQt; ce q^i esteiicQï*e rdatifà la cùB&mn^^&àn dés yeux, et 4 la déposition présente im ib se ^"ouvent ^ , .
Lorsque nous pourrons un pea méditel* sur cette /iBifctière, nous pourrons tir^, un meilleur pak*ti de. ce^ idées, et expliquer ce que nous ne "faisons ici que montrer.
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OBSEÂVAT. sua L'hI^ïT. NATUIl. l4l
OBSËRYATrONS