HODIE
. Je n^ parlerai donc point de ces grandes corruptioDS qui> da^s tous les tetnps , ont été le présage du changeinent ou de^la c^te des états; de ces injustices de dessein formé ; de ces méchancetés de systèsief de ces vies tdutps marquées de crimes, où d^ joi^cs d'iniquités ont toujours suivi des jours d'iniquités; de ces lAtigistratures exercées au milieu des reproches, dés pleurs^des murmures I él des cOintes de tous les citoyens t eontre * des Juges ()areilsy obntre de3 hommes si funeste^, il faudroit un tonperre; la honte et les reproches ne sont rien. • • •
* Ain^i supposant dans un magistrat sa vertu es«sentielle^ qui est la justlôê , qualité sans hlcjudle il n'est qu'un monstre dans la société , et avec laquelle il peut être un très-mauvais citoyen , je ne parlerai que des accessoires qui peuvent faire :que cette justice abondera plus; o\ï moins. Il faut qu'elle s6it éclairée; il- faut qu'elle soit prompte, qt^'elle n^ 6oit point austère, et enfin qu'elle soit universelle. ^ *
Dans l'origine de notre monarchie, nos pères, pauvres^ et plutôt^ pasteurs que laboureurs, soldats pfhitôt que citoyens, avolent peu d'intérêts à régler ; quelques lois sur le partage du butin ^ sur la pâture ou le larcin dtes bestiaux, régloient tout
AU PARLEXBRTBE /BORDEAUX. 169
dans la répu|»Uqiie c tb]}l le «lOtHie étoit bon pour être maglsiarat diee un peuple qui dans s^ milbari suWoit la* simplicité de la nature ^lët à qui soti^ ignorance et m grofisiéEelé feoimisaoient ^^ moyens aussi faciles (pi'inju^|te de terminer les différends, comme jesort^ le» épreuyes^mr l'eaû^ par le feu, les OMUbats shigulicars, etc.
Mais dqpuis que nous avons quitté nosr meeunt saitrages; depuis qg^^yainqueurs des Gaulois et des Romains, nous avonà pris leur pdlice; que le code militaire a cédé au .code civil ; depuis surtoiit ^ qqe les lois des fiefe n'ont plus été les seules lois de la noblesse, le^senl code de Pétat, et que^ ar ce dernier cbangement le commerce et le labourage ont été eqcouragésVque les'rkbesses'des particuliers et leur avarice se sont accrûet; qu'on a eu à démêler de grands iqtéréts*, jet des ifatéréts pres^que toujours cadiés ; que la bonne foi ne s'est réservé que quelques afl^res de peu' d'importance, tandis que- l'artifice et la fraude s^ soat retirés.jdans les contrat; nosr codeft se sont ai^meniés; il a M^x joindre les .lois étrai^ères aux nationales; le respect potyr la râigioi) y a içéléles canoniques; et les n^agjstratures n'ôuÉ plus été 4e partage que des citoyens les plus éclairé^.
Les. juges se sont toujours trouvés aii milieu des pièges et des surprises, et la vérité ti laissé dans leur e^rit les mêmes méfiances que Terreur.-
I ^O DISCOURS
ii'obscarité du fond a^tiuikre^-ferDie. hts fonH^ f cpii ont e^ré«<le povvolrk •Gainer leur tealitte, s'enlKlBt fiiit use ^ipèct d'art :^es profes^ M0ps entières se sont '^établies ^leii unes poul* obs- C^Gtn, les aiitreâ ]tti|r allonger Iftf afËLines ; et le juge a èu.moîQs'd&pgine à sedéfi^dre dela< nu^ù- . vaisefoi du*plai4eur9 que de fanifieë de^cdai à qui îLconfioit se^ intérêt». -
Pour loï*s il n'a plus suffi cp^e le luagistrat e^minât la. pifreté de se^intentionâ ; cenVplus été ' assez qu'il put dire à Dieu^ Proba fne , Deus , et scito cormeun^: il a fallu qufl exaihinât sbh e^ pri«, «es connoissances et ses talents ; il a fellù qu'il se rendît compte de ses études > qu'il portait toute sa vie le- poids xl'une appUcatton sans relâàa^f et qa41 vît si cette af^Keation:poavoit dbnner à son e^mt la mesure de eottnoissài|cés*ét-le degré de lumière que son état e^eoit. ^
On Ijt dans les relations de certains voyageurs qu il y a des mines. où les travaitteurs ne voient jainaifi la jour : ils sont yné image bien naturelle de œs gens dont l'écrit, appesanti sous les organes, n'est capable de recevoir 'aucun degré de dairVoyaqoe. Une pareille incapacité exige d'un hoibme îust^ qu'il se retire de la magistrature^ une moindre incapacité ei^ige d'un homme juste qu'il la , surmonte > par des. sneurs et 'par des veilles. * .
iu PARIiSMEHT M' BORDEAUX. I7I
Il faut encore <|ae la jastice toit prempte* Sonvent Tinjusticé n'est .pâAdans le* jUgfement,* elle est dans les défais ; souvent Fesamen a' fait plus de tort qu'une ^diéciBion liontraire. Dans la constitotion préseMe, c'<est uK état que d'^e plaideur { on porte ce titre ji^u'à 's6h 49n^i^ âgé ; il ya à la postéi^té; il plissé, der neirebr en neveux ^ jus* qu'à la fin d^ûne malheureuse iamilltf;
fia pauvreté semble totrjouré attachée à ce titre si triste. La justice la plus exacte ne sauve jantais que d'une partie des nialheurs ; et tel est l'état des cEoseSy ^e leB.fon!aalité^/^introdtrite9 ptmr oonr serter l'ordre publie sont'aujourd''huiJe ftéau des particuliefs. L'industriedu palais estd.eviB|iue une source de* fortune , comme ie todunerce et Iç la<* bourage^ la mdtote a trouvé à s'y n^ahre ^ et à disputer à la chicane la ruiné d'un malheureut plaideur- ' .' '•
Autrybis les gens de bien menoiént devadt les tribunaux les homn^es injustes : aujourd'hui ce sont les hommes injustes qui y traduisent le& gens de bien* Le dépositaire a osé nier le dépot,^parce qu'il a espéré que la bonne foi craintive se 'lasser roit bientôt de le demander en justice; et le ra-visseùr a &it conhoitre à celui qu^il opprimolt qu'il n^étoit point 4e sa'^prudence de nontîiiuer 4 lui demander hdson de ses violences, v . *
On a vu ( 6 siècle malheureux! ) des hommes
17a insçovES
iniques nieBftCdr.de la jtxrëcec^ux à qui ils énlevbient leurs biens, et#p{u>rter pour raison de leurs j^eutiôns U longueur du temps, et la ruine inévitable il œux qui voudrojent l^iaire cesser. ' Mais quand FéCat de œux ^^pii plaident ne sef oit point nilneiiv U 4i£Qlrbil qil'il fôt.incertain pous nous engager -à le fiâtfe finir.. Leur condition est toujours mal&éurense , parce qu'il leur . manc|ue quelqua sûreté dil coté de leui^ bilans, de leur fortune et de- leur Vie*
Oette même considérdtion dpit inspirer à un' magistrat ju^te une ^ânde aflabiUté , puisqu'il a toujouf^ affaire à des gens malheureux, il faut que le peuple .soit toujours présent à ses inquiétudes; semUabie ài oe^' bornes que les voyageurs trouvent dans les grands chemina, sur lesquelles ils reiposent leur fardeau. Cependant on a vu .des juges qui , reftisant à leiu*s parties tous les ^ards, pour conserv^er, disoient-ils , la neutralité ^ tomboient dans une rtide^^ qui ies en faisoit plus sùrenient. sortir.
Majis quiest-cê-qui a jamais pu .dire, si Ton en e^oeptelês stoïciens , Ifue cette a££ectioi» générale pour le genre humain^ qui est la vertu de l^mme considéré en lui-même, soit nne vertu étrangère au caractère du juge?Si i^est k^ puissance qui doit endurcir les cœurs, voyez comme Fautoril^ paternelle endurcit le cœur 4es pères , et réglez votre