‹ Œuvres diversesChapitre 136 sur 218 · Cartouche identique i ooi,,"'"' nombre rt · texte numérisé non relu

Cartouche identique i ooi,,"'"' nombre rt

provenant d'Abydos. ■*» «lu Papyra, "^"^Wi^ss?'

M. de Bunsen pense que la table d'Abydos contient, après le cartouche de Népherkérès, une branche de la même famille, et comme les noms sont fort différents de ceux de Manéthon, ce seraient non des rois, mais des princes subalternes, auxquels se rattachait par quelque endroit la souche des Ramsès. Nous verrons un semblable rameau princier dans la Chambre de Karnark, mais on ne peut admettre que cette ligne de la table d'Abydos contienne autre chose que des noms de rois, car la plupart des cartouches renferment un prénom royal outre le nom propre du personnage. Il est, au contraire, presque certain, comme on le voit, que la quatrième colonne du papyrus royal retraçait cette dynastie. Il contenait plus de noms qu'Africain n'en a donné ; Eusèbe parle en effet de trente et un rois. On ne peut nier qu'ici et ailleurs, l'Africain, ou Manéthon lui-même, n'ait abrégé les listes, et l'on n'y peut supposer d'autre but qu'une correction chronologique.

Pour qu'on pût retrancher la dynastie d'Éléphantine du comput régulier des temps, il faudrait au moins que les faibles souvenirs qu'elle nous a légués provinssent exclusivement de la Thébaîde. Or la plaine de Memphis a conservé dans les tombeaux le nom d' Ouséser-kef. C'est le seul cartouche connu qui se rapproche A'Ouser-kérès^ la terminaison ordinaire rès est sans doute l'ouvrage des copistes. Ce roi possédait donc Memphis, puisque ses fonctionnaires y habitaient.

Les serviteurs des rois Snéfrou^ et Népher-kérès, Néfroukéra, ont gravé leurs légendes sur les rochers de la presqu'île

1. La voyelle ou ^ est souvent omise dans ce nom et en général

dans la racine T nèfrou ou nofrè^ car il n'est pas du tout certain

que la voyelle ou écrite après la racine ne fût pas la voyelle médiale, ce qui est le cas en copte pour tous les mots correspondants : nèfrou^ en copte noqpe, chensou-chons, etc.

mp

du Sinal ' ■ Ce très ancien domaine des Pharaons n'appartenait pas à un petit prince d'Élèptiantine pendant que Memphis était le siège de l'empire. Mais le roi Snéfrou a laissé à Mernphis même une trace plus importante de sa domination ; ce souverain déifié y fut l'objet d'un culte, que les siècles n'avaient pas fait tomber en désuétude au temps des Ptolémées. Son temple, situé dans le quartier du Mur blanc à Memphis, est rappelé dans plusieurs stèles érigées par ses prêtres '. Les rois et les grands étaient régulièrement appelés par leur famille, après leur mort, dieu grand j l . Cela se voit assez souvent sur les monuments, mais le nombre n'est pas considérable des Pharaons auxquels l'admiration ou lapiétédu peuple égyptien accorda l'honneur d'un culte durable, et c'est un renseignement qui mérite d'être recueilli par M. de Bunsen.

Snéfrou justifia, sans doute, la devise de son étendard, le -ciT' S^ Seigneur de justice. Comment prétendre, en tout cas, que ce demi-dieu memphite fut étranger à Memphis ; mais aussi comment justifier Ératosthène et M. de Bunsen de l'avoir supprimé, lui et toute sa dynastie, comme contemporains d'une dynastie memphite?

Ce que nous pouvons ainsi prouver pour ce roi, nous pourrons, sans doute, l'établir de même pour tous les rois de cette dynastie, car M. Lepsius, dans un Aperçu sur la construction des Pyramides', annonce qu'il a lu dans les tombes de Memphis tous les cartouches de la V' dynastie.

Les monuments sont malheureusement trop rares pour pouvoir ainsi contrôler Manéthon à chaque pas, mais on voit qu'il en reste assez pour nous prouver qu'on ne peut fonder un pareil choix parmi les dynasties sur les noms que l'histoire leur a donnés.

Page 1