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SUR UNE STÈLE ÉGYPTIENNE

Cette grande famille ainsi reconstituée et reconnue dans la liste de Manéthon, la question de sa place véritable dans rhistoire égyptienne n'était pas pour cela complètement tranchée. Elle suit dans nos listes une dynastie de rois thébains, la première qui appartienne à la capitale de la Haute Egypte ; puis elle est elle-même séparée de l'invasion des Pasteurs par deux longues et nombreuses dynasties. Il était bien important de vérifier si cet ordre était réel, car il ne tendait à rien moins qu'à placer huit ou dix siècles plus loin dans l'antiquité une série notable de monuments, et des œuvres où l'art montrait un caractère très élevé.

Les grands fragments du Papyrus de Turin indiquèrent tout d'abord à M. Lepsius la nombreuse famille de rois où domine le nom de Seoekhotep, comme correspondant à la XIII* dynastie. La place considérable occupée par cette famille, tant sur la partie gauche de la Chambre des rois que sur les fragments de papyrus, donnait beaucoup de poids à cette conjecture, puisque le vaste cadre indiqué par Manéthon (40 rois et 453 ans) ne paraissait convenir à aucun autre groupe de cartouches royaux. J'ai eu le bonheur de trouver une preuve en faveur de cet arrangement dans l'inscription copiée à Semné par M. Paul Durand*. Rasenv, fonctionnaire sous le règne du roi Seoekhotep /•', y mentionne le roi défunt Sésourtasen III*. La succession de la

fille d'Âménophis IV; la cinquième est sans doute Ammérls, qui ré< pond à la reine Ameniritis, et dont Eusëbe a seul conservé le nom, au commencement de la XXVI* dynastie.

1. Reçue archéologique, août 1848 [; cf. p. 269-274 du présent volume].

2. Ce roi n'est désigné dans l'inscription que par son prénom royal

Ra scha kaou f O Q — — j . Ce prénom a été porté aussi par un roi de

la famille des Sctekhoiep^ nommé Nouvehotep T , mais comme ce

dernier roi est un des successeurs de Seoekhotep /" (le quatrième, suivant Lepsius, cité par Bunsen, /Egt/ptens Stelle^ pi. IV), il ne peut avoir été cité sous son règne, et il reste bien établi que l'inscription de Semné s'applique à Sésourtasen lily et que la famille des Seeekhotcp suit la XIP dynastie.

LETTRE A M. LEEMANS

de Turin sans qu'il soit accompagné d'aucune autre marque Que celle des rois. La seconde objection se résout par les monuments de la manière la plus heureuse. Quelle que soit l'idée religieuse renfermée dans le mot Seoeknotoréou, il fiffTjre constamment à cette époque comme un nom propre féminin, l-e premier exemple de ce fait, si curieux pour l'histoire de la XII" dynastie, m'a été fourni par un tombeau décrit par ChampoUion dans la notice d'Eilithyia'. La même narticularité se retrouve sur plusieurs stèles de la XIII" dynastie'. Si l'on fait attention à l'habitude constante qu'avaient les familles d'un rang élevé de donner à leurs enfants le nom du souverain régnant, sans doute comme marque de vénération ou de reconnaissance, l'apparition fréquente du nom propre Seveknoioréou, porté par des femmes à l'époque qui suit immédiatement la XH" dynastie, ne laissera aucun (Joute sur le sexe du personnage qui a joué, pour ainsi dire, \0 rôle de patron pour les femmes ainsi nommées. D'ailleurs j'ai rencontré huit ou neuf fois ce nom propre et toujours j] est resté exclusivement féminin. Il a été en usage jusque gous la XXVI" dynastie, et on peut le lire encore dans les inscriptions de la jolie statue en granit noir de notre Musée du Louvre' qui représente le capitaine des archers Horus, fils de Psammêtik et de la dame Seoeknotoréou . Ce nom place donc avec certitude le règne d'une femme à la fin de la XII' dynastie des monuments, et si l'on réfléchit au petit nombre de reines mentionnées par l'historien parmi tant de souverains', cette troisième particularité ne paraîtra pas moins décisive que les deux premières.

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