‹ Œuvres diverses et inéditesChapitre 23 sur 46 · CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL

ÇueUc doit être la. Constitution de Taetion,

D'après ce qu'on vient d'eiposer, ^sons comiment doit être constituée Faction , puisque telle est la première et la plus importante partie de la tragédie. * Oi\ âr dit que ce poëme imitait une action complète^ et dé plus étendue; car un tout peut avoir fort peu d'étendue : un tout est ce qui a commencement^ milieu et fini. 'Ee^ commencement e^ ce qui^ ne supposant, rien d'antérieur , exige quelque chose' après soi ; la fin , ou contraire , ce qui ne comportant rien après soi y suppose quelque chose d'antérieur-, .le milieu^ ce qui suppose quelque chose avant et après. Il faut donc que les fables bien composées ne soient point commencées ou terminées au hasard; mais qu'elles soient conformer aux règles que nous avons indiquées. Ajoutez que rien n'est beau^ soit parmi les ahimaux^ soit parmi les autres objets composés de diverses parties ^ si ces parties ne sont point proportionnées entre elles ^ et si le tout n'a pas une grandeur convenable ; car le beau consiste dans la grandeur et la proportion. L'objet trop petit n'est point beau ; car la vue confond sts diverses parties dans un temps presque insensible. L'objet trop grand n'est point beau ; car il ne peut être mesuré d'un seul regard > et Tensémble «de ses parties échappe à la vue. Tel serait

lia animal fie mille stades. De même quele^ aqîmaux et tous les objets doivent avoir une grandeur 'quijpuisso être saisie d'un coup-d'oeil, de même les fables doivent avoir une éteudue tjui puisse être facilement embrassée pa? la*mémoire. Déterminer r^igoureusement quelle doit être cette élendue , soit pour les acteurs y soit pour les spectateurs, cette question né tient pas à la Poétique. En effet y si Ton voulait représenter cent tragédies , certes il faudrait, bien mesurer 1q temps avec la clepsydre comme c'était , dit-on , Tanciea usage. La nature, même de l'action, déte]:iniue ses bornes. Si la fable est toujours claire, plus elle a. d'étendue, plus elle est belle -, en un mot, ce. qu'il lui faut de teqips selpn la vraisemblance OU la nécessité pour amener, par nue marche naturelle,:, la iransitioa des personnages au bonheur ou as BayilhQur ^ telle est la véritable mesure de son ^tendue^

CHÀPITHE VIH. =

• ^ De la Fable.'

L'unité de la fable ne consiste, pas dans l'unité de héros > comme plusieurs le pensent. Beaucoup de choses peuvent être accidentelles à un seul objet , sans que l'unité en jésuite. De même plusieurs actions d'un seul homme ne forment point une seule action. C'est en quoi se sont trompés les poètes qui ont fait l'Héracléïde , la Tbéséïde et d'autres ouvrages semblables. En chantant un seul Hercule^ ils ont cru, composer une seule fable. Homère , qui déjà l'einporte sur eux en tout le reste, a très-bien apperçu l'écueil, soit par science, soit par génie. En composant l'Odyssée, il n'a point chanté toute la vie d'Uly^^se^ ni la blessure qu'il

reçut

reçut â!\in sanglier sur 1q Mont Parnasse , ni la folie qu'il aflFecta lorsqu'on rassemblait larmëe. Ces chose» n'étant point des parties nécessaires oiï vraisemblables clu poëme, Homère^ s'est borné aux détails d'une seule action, telle que la présente l'Odyssée. Il a fait de même pour l'Iliade. Concluons : comme en tou^ les autres arts qui ont pour but l'imitation , cette imitai lion n'est une que par l'unité d'objet ; il faut aussi que la feble tragique imite une seule aèlioô^ une actioa complette , et dont toutes les parties soient tellement enchaînées , qu'un retranchement , une transposition , change et bouleverse tout louvrage : car ce qui peut , sans qu'on s'en apperçoîve , être ou n'être pas dafls ua tout, n'en fait point partie intégrante.

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