Pierret, Revue archéologique^ 1869, pi
FIXÉE PAR l'Ère d'aseth 453
Dans ce tableau, où l'on voit que le Syncelle a sans motif majoré les chiffres d'environ 80 ans, les règnes des hérétiques figurent à tort. Ils doivent être inclus, en réalité, dans celui d'Horus-Horemheb, devenus Armais pour Manéthon à partir du moment où il régna seul. La preuve du fait est facile à faire. Aï, le dernier hérétique, dont tous les égyptologues font le prédécesseur immédiat d' Armais, était le mari de la nourrice du premier hérétique, successeur et premier enfant d'Aménophis III : par suite, cet Aï avait bien 30 ans à la mort d'Aménophis, et il aurait vécu 116, ou 134, ou 133, ou 175 ans, suivant les listes. L'invraisemblance de ce résultat montre qu'il faut faire comme les Égyptiens eux-mêmes sur la table d'Abydos, et séparer les rois hérétiques des souverains légitimes. Toutefois, dans Manéthon, l'excédant introduit par les règnes des premiers se trouve compensé. Thotmès I ne figure dans aucune des listes manéthoniennes, et il a pu régner une quinzaine d'années, car on a une date de l'an 9 et il mourut âgé'. D'autre part, le règne d'Aménophis III, dont on aune date monumentale de l'an 36, est écourté dans Manéthon, et il faut peut-être lui attribuer les 40 ans donnés à tort par l'historien national à Aménophis-Ménéptah, fils de Ramsès IL De plus, les compilateurs ont complètement supprimé Aménophis II, qui régna au moins 26 ans. Grâce à toutes ces modifications, ils ont rétabli l'équilibre rompu par eux. Leurs totaux sont donc acceptables en définitive, et ils donnent un chiffre de 248 ans, auxquels il faut ajouter les 55 ans de Séti I omis dans toutes les listes entre Ramsès I et Ramsès II ; mais ces deux nombres ne font que 303, de sorte qu'il manque 90 ans pour que le temps écoulé entre Ramsès II et Amosis soit de 393 ans.
Les monuments confirment cette appréciation. L'officier Ahmès Pennekheb vécut d'Ahmès à Thotmès 111% le scribe
1. Maspero, Momies royales, p. 581-582, 2- Lepsius, Ausaahl, pi. 14.
454 l'époque de ramsès ii
Horemheb de Thotmès III à Amënopliis III', et le roi Aï d'Aménophis III à Horemheb-Arraais qui précéda ensuite de 5 ans Ramsès I, lequel régna 2 ans au plus et fut le père de Séti I. Trois âges d'hommes arrivent ainsi aux dernières années d'Armaïs-Horemheb, soit à 78 ans chacun, 234 ans : qu'on y ajoute les 5 années d'Armaïs-Horemheb, les 2 de Ramsès I, les 55 de Séti I et les 7 premières de Ramsès II, on n'aura toujours qu'un total de 303 ans, c'està-dire trois siècles au lieu de quatre.
Il faut conclure de là que les 393 ans de Manéthon ne visent pas l'expulsion attribuée à Amosis, mais bien le seul événement analogue et antérieur qui ait été confondu avec l'Expulsion, c'est-à-dire l'ère de renaissance inaugurée par Aseth. C'est le même point de départ que pour la stèle de l'an 400, et comme les quatre siècles de la stèle ne diffèrent que de 7 ans du chiffre manéthonien, il est aisé de voir que les deux comptes, d'intention identique, ont l'un et l'autre pour but de confronter deux des principales délivrances du pays : la restauration des coutumes nationales sous Aseth, et l'expulsion d'un adversaire redoutable sous Ramsès II. Seulement, Josèphe hésite ici dans ses assertions : tantôt il dit (|ue les 393 ans allaient jusqu'au départ de Danaiis, c'est-à-dire jusqu'à l'an 7 de Ramsès, tantôt il affirme qu'ils 'àW'd'ieni Jiisqu'aïuj deux ft'ères, ;ji£/pî twv oûo àoeX'fôjv, c'est-à-dire jusqu'à l'an 1®^ puisqu'il ajoute alors que le départ eut lieu 7 ans après, ce qui complète les 400 ans. La première donnée paraît être simplement abréviative, et, en tous cas, ses 7 ans d'écart ne constitueraient pas une différence bien grande, mais la seconde version, plus détaillée, a l'avantage de s'accorder sur tous les points avec la stèle de l'an 400 et avec la date sotliiaqu(? de Ménéptah.
Ce sont d'utiles matériaux, qui toutefois nous apprendraient peu par eux-mêmes, si un autre document ne venait