‹ Œuvres diverses (volume 2)Chapitre 32 sur 45 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

Camp près de Reims.

,E 4 septembre 1670, la plus grande ^^ partie de l'armée, qui avoit passé Tété 4^^ dans le camp de Saint-Sébastîen près de Paris , vint camper aux portes de Reims. M. de Louvois la conduisit jusqu'à Reims, et en laissa le commandement à M. de Vaubrun. Les troupes étoient campées depuis la porte de Vesle jusqu'à Sainte- Anne. La cavalerie occupoit une hauteur par delà Sainte-Anne , en tirant vers la maison des jésuites. La cavalerie avoit des tentes ; pour les fantassins, quelques-uns en avoient aussi , mais la plupart n'avoient que des huttes de paille qui ne sont pas faites avec grand artifice : ce sont deux paillassons que l'on appuie l'un contre l'autre en forme de toit. La discipUne étoit fort exacte dans cett« armée; nous vîmes au camp quantité de femmes de la ville qui y étoient aussi allées par curiosité ; jamais aucun soldat ne leur fit ni dit aucune

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insolence. Un cavalier nous rendoit compte de beaucoup de choses ; son officier le voulut maltraiter parce qu'il ne nous parloit pas tète nue. Un paysan apportoit des pommes et autres fruits dans un panier à M. Lespagnol, avocat du roi de l'Election ; un officier qui avoit grand soif en prit deux, mais après en avoir demandé la permission.

Plusieurs bourgeois furent visiter le camp, ayant leurs femmes en trousse derrière eux ; j'en vis même un à cheval qui portoit sa petite fille sur l'arçon de la selle; grande bonté de papa!

Quand l'armée sur sa route trouvoit un champ de sarrasin^M. deLouvois la faisoit détourner du sarrasin. M. Dubois, chanoine, qui le vit, me l'a raconté.

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