TESTAMENT AVEC CODICILLE
Extrait des Ârehives du ChapHre.
Lajclte 16, liasse îi, u»30.i
fj^^^^u nom de la Très -Sainte Trinité le ^^^^Père, le Fils et le Saint-Esprit , je reîS^j^ commande mon âme à Dieu et je le prie de ne point entrer en jugement avec moi
son serviteur, mais par son infinie misériconle me pardonner la multiplicité de mes péchez.
« Je donne et lègue au Chapitre de l'Eglise de Notre-Dame de Reims tous mes biens de quelque nature qu'ils puissent être, sans en rien réserver, argent comptant, meubles, vaisselle d'argent, tout ce qui pourra m'estre dub et m'appartenir au jour de mon décès, à la charg«i de faire dire toutes les années deux messes basses de requiem dans la dite Eglise de Notre- Dame de Reims, l'une le xvii** de février, jour de la mort de Louis Maucroix mon frère , chanoine de la dite Eglise de Reiuis, et l'autre le jour qu'arrivera mon décès pour le repos de l'âme de mon dit frère et de la mienne. Je supplie au surplus messieurs les chanoines de l'Eglise de Reims mes confrères, de se souvenir de moy dans leurs prières et de me pardonner si j'ai esté assez malheureux pour en offenser quelqu'un.
« Je donne aussy et je lègue à monsieur Jacques Favart, chanoine de l'Eglise de Notre-Dame de Reiuis, mes trois tomes in-f* de la grande Histoire de Mezeray. Jlem, je luy lègue les quatre tomes in-f** du Dictionnaire de Moréry. licm ,
les deux tomes in-P de ma Cosmographie de Thévet.
» Je domie aussy et je lègue à Jeanne Sillon, ma servante, la somme de trois cents livres qui luy seront payés outre et pardessus ses gages , pour le bon et fidèle service quelle m'a rendu.
» Je suplie M. Jacques Bairois, chanoine et ancien doyen de l'Eglise de Reiras, et M. Jacques Favarl, chanoine de ^îotre-Dame de Reims, de me vouloir taire la grâce d'estre les exécuteurs de ce mien testament. Messieurs du Chapitre de Reims leur feront tel présent de mes biens qu'ils jugeront à propos, pour reconnaître en quelque façon les peines qu'ils se seront données pour l'exécution de ce testament.
» Fait à Reims, le dix-huitième février mil sept quatre. »
Ainsi signé : « François Maucroix, » avec paraphe. — Et au bas dudit testament est écrit : «Paraphé de vénérables et discrettes personnes, maistres Jacques Barrois, ancien doyen, et Jacques Favart, tous deux prestres-chanoines en l'EgUse de Reims, et à leur réquisition, des notaires sous-signés, au désir de l'acte de dépôt passé pardevant lesdits notaires, cejourd'hui
douzième avril mil sept cent huit. Ainsi signé : Barrois, J. Favart, Rogelet et Dallier. » — A la marge duquel testament est écrit , sur le verso d'iceluy : « Conlrollé et insinué à Reims, ce 12 avril 1708. Reçu 47 liv. six sols, plus les deux droits compris en deux sous pour livre. Ainsi signé : « Rogelet. » Et sur un des revers dudit testament est écrit : Testament olographe de François Maucroix ,' chanoine de Reims, du \H février 1704.
Avec lecpjel testament et sur un carreau de papier séparé est écrit le codicille dont copie ensuit :
« Par manière de codicille j'ajoute ce qui suit à mon testament olographe qui est présentement en la main de madame l'abhesse de Saint- Pierre de Reims. J'ajoute, dis-je, que
» Je donne et lègue à NicoUe Masson , ma servante , quarante livres outre ses gages , qui luy seront payés à i-aison de quarante francs par chacun an.
»/fe//i,je donne et lègue à Pierre Destrées de Merfy, mon valet, la somme de soixante livres, outre tous ses habits d'esté et d'hyver, linges, enfin tout ce qui regarde le service de sa per*
sonne. Fait à Reims ce vingt-six juin mil sept cent sept. Ainsi signe : « François Maucroix, » avec paraphe.
Au clos duquel codicille est écrit : « Paraphé de vénérables et discrettes personnes maistres Jac. Barrois, ancien doyen, et Jacques Favart tousdeuxprestres chanoines en l'Eglise deReims, et à leur réquisition des notaires sous-signez au désir de l'acte de dépôt passé pardevant les dits notaires , aujourd'huy douzième avril mil sept cent huit. Ainsi signé : « Barrois, J. Favart, RoGELET et Dallier. » A la marge du recto duquel codicille est écrit : « Controllé et insinué à Reims, ce 12 avril 1708. Reçu douze livres deux sols pour les deux droits , compris les deux sols pour livres. .4/nsi signa: « Rogelet, » avec paraphe.
» Aujourd'huy sont comparus pardevant les notaires royaux dcmeurans à Reims, soussignez vénérables et discrettes personnes maistres Jacques Barrois, ancien doyen, et Jacques Favart, tous deux prestres chanoines en l'Eglise de Reims, lesquels ont déposé à Dallier, l'un desdits notaires soussignés, le testament olographe de défunt vénérable et discrette personne
APPENDICE. oOl
maistre François Maucroix, presire chanoine en ladite Eglise de Reims, écrit en un rolle de petit papier, commençant par ces mots : Au nom de la Très Sainte Trinité, et finissant sur le verso àvkâïi rolle par ceux-ci : Fait à Reims, le 18 février mil sept cens quatre. Signé : Fraîtçois Maucboix, avec paraphe. Ensemhle le codicille aussy olographe dudit sieur Maucroix , écrit sur un carré de papier séparé dudit testament, lequel codicille commence ainsy : Par manière de codicille j'ajoute : et finissant par ces mots : Fait à Reims , le vingt-sixième juin mil sept cens sept. Signé : Maucroix, avec paraphe. Lesquels testament et codicille lesdits sieurs Rarrois et Favart ont requis ledit Dallier de garder pour minuttes et de les joindre à la minute des présentes pour en être délivré des expéditions à qui il appartiendra ; ce qu'il leur a octroyé après qu'ils ont esté d'eux paraphé et desdits notaires. Dont et de ce que dessus lesdits Rarrois et Favart ont requis et demandé acte auxdits notaires qui leur ont octroyé le présent l'an mil sept cent huit, le douzième avril après midy, et ont lesdits sieurs Barrois et Favart signé à la minute des pré-
sentes qui est ainsi signée ; Barrois, J. Favart, RoGELET, syndic, et Dallier. Au bas de laquelle minute est écrit : Les testament et codicille énoncés au présent acte sont controllés et insinués cejourd"huy douze avril 1708, et les droits payés suivant les reçus au bas des minuties d'iceux. Ainsi signé : Rogelet. — Sigjié encore : RoGELET. Dallier.
» Scellé à Reims, ce 14 avril 1708 , reçu un sol. Rogelet. »
En marge : « Fondation de deux messes basses de Requiem pour M. Maucroix.
» Le 48 février 1704. Déposé le 12 a%Til 1708. > iLayette 16, liasse 2i, d» 30.'
APPENDICE. oC5
E.ttrait des registres du greffe des baillage et sénéchaussée duChapitre de Nostre-Dame de Reims.
Délivrance en justice du legs universel fait par M. Maucroix au Chapiti-e.
(1708. — IGjuiUet.) ♦
<5<gç>v^ ejourd'huy lundy seizième juillet mil ^^v&^ sept cent huit, en l'hôtel et pardevant é(^3^3 nous Hubert de Perthes , licencié èsloix , avocat au Parlement, bailly des sénéchaussée et baillage du chapitre de Nostre-Dame de Reims, terres et seigneuries en deppendantes en la présence du procureur fiscal dudit baillage, assisté de >P Nicolas Mobillion, nostre greffier.
Sont comparus vénérables et discrettes personnes M" Nicolas BacheHer, doyen, et Remy Favart, prestres docteurs en théologie, chanoines de l'Eglise de Nostre-Dame de Reims et sénéchaux du Chapitre de ladite Eghse, au nom et comme fondez de pouvoir des sieurs dudit Chapitre par acte capitulaire du treizième du
présent mois , demandeurs en requesle et en personnes. MM. Simon Debaques de Conflans, conseiller du Roy, avocat, et son procureur au Laillage de Chauny.y demeurant, et demoiselle Anne de Thilly, son épouse, icelle héritière de deffunt M^ François de 3Iaucroix . vivant prestre chanoine de ladite Eglise de Reims, par maistre Jean Delaistre. leur procureur.
Par lesquels sieurs demandeurs a esté dit que ledit deffuncl sieur de Maucrois, par son testament olographe du dix huit février 1704, déposé par les sieurs exécuteurs testamentaires ès-mains de M* Dallier, notaire royal à Reiras, le douze avril dernier, a légué au Chapitre de ITgUse de Nostre-Dame dudil R^iius tous ses biens de quelque nature qu'ils puissent estre, sans en rien réserver argent comptant , meubles, vaisselle d'argent, et tout ce qui peutluy estre deub et appartenir au jour de son décès, aux charges et conditions portées audit testament; la délivrance duquel legs universel lesdits sieurs demandeurs requièrent leur estre fait au nom dudit Chapitre,, et ea conséquence du pouvoir à eux donné par la conclusion cy devant dattée par lesdits sieurs de CouÛans et la de-
APPENDICE. oC)T)
moiselle son espouse, héritière diulit dciïunt sieur de Maucioix.
Ledit M^ Delaistre, pour lesdits sieurs de Conflanset son éponse a dit qu'il a eu commucation dudit testament olographe, et en conséquence de leur procuration dont il est fondé, passée pardevant Roger et (Toiiillarl, notaires royaux audit Chauny, le deux juin deniier, conseiller audit lieu le même jour, de laquelle il fait apparoir; il consent pour lesdit sieur de Contlans et la demoiselle son épouze la délivrance du legs universel fait audit Chapitre par ledit delTunt sieur de Maucroix , aux charges et conditions y portées dont ils requièrent acte.
Le procureur fiscal a dit avoir eu communication du testament dudit dcETunt sieur de Maucroix, déclare qu'il ne reut empêcher la déhvrance estre faite audit Chapitre du legs universel porté audit testament.
Nous avons donné acte ausdits sieurs Bachelier et Favart, demandeurs de la déclaration desdits sieurs de Conflans et de la demoiselle son épouse qu'ils accordent la délivrance estrs faite audit Chapitre de Nostre-Dame de Reims , du legs universel a luy fait par ledit deffunt sieur
de Maucroix, en conséquence de laquelle et sur ce ouy le procureur fiscal, nous avons fait la délivrance dudit legs universel auxdits sieurs demandeurs au nom et pour ledit Chapitre, aux charges, clauses et conditions portées au testament dudit defîunt sieur de Maucroix, sauf tous droits, et ordonne que la procuration dudit sieur et demoiselle de Conflans à nous représentée , ensemble la conclusion desdits sieurs du Chapitre^ demeureront attachées aux présentes pour y avoir recours au besoin et ont lesdits sieurs Bachelier, Favart et Delaistre, signé avec nous et le procureur fiscal en la minute des présentes.
Fait et expédié extraordinairement en l'hostel et pardevant nous Bailly susdit, les jour et an que dessus, t
MOBILLION.
Au dos est écrit :
Acte de la délivrance du legs universel fait au Chapitre de Reims par M. Franc. Maucroix, prêtre et chanoine.
(I-ayelte 16, liasse 24, n<» 30.)
APPElXDICE. 307
Lettre de M. le baron Walckcnaer à l'éditeur.
Villeneuve-Saint-Georges, ce 18 juin 1840.
Monsieur, f^^^E me hâte de répondre aux questions ^^^^que vous me faites l'honneur de m'a- ^^^^4 dresser relativement à ce que j'ai pubhé sur de Maucroix. Je n'ai point eu connaissance du manuscrit de Reims. Tout ce que j'ai dit sur de Maucroix a été puisé dans les Mémoires manuscrits de Tallemant des Réaux, que j'ai le premier fait connaître dans mes préfaces sur les ouvrages de La Fontaine et sur Maucroix. Les poésies inédites de Maucroix que j'ai publiées l'ont été d'après un manuscrit qui se trouve à la Bibliothèque du Roi, comme le vôtre d'une belle écriture du xviii' siècle , et non de la main de Maucroix ; mais une note nous apprend que ce manuscrit fut donné par l'abbé d'Olivet à l'abbé Sallier, et déposé à la Bibliothèque du Roi en 1740. J'ai joint à ces poésies
quelques autres publiées par Maucroix dans les recueils du temps. Il y en a , comme vous verrez en les lisant, d'assez libres, et ce n'est qu'en comparant mon recueil imprimé avec celui de votre manuscrit , que vous pourrez déterminer les pièces qui n'ont point encore été publiées. Vous trouverez dans le recueil des œuvres posthumes de Maucroix une préface qu'on sait être de d'Olivet, et diverses lettres de Maucroix qui doivent être aussi comparées avec celles de votre recueil.
Ce recueil des œuvres posthumes de Maucroix, donné par dOlivet, me prouve que ce dernier a eu en main les Mémoires dont vous me parlez; car il y a à la page 548 une note qui doit être de dOlivet, et qui contient une erreur qu'il a depuis reproduite dans ce qu'il a écrit sur La Fontaine , erreur copiée par tous ceux qui ont écrit avant moi sur le fabuhsté;, et que j'ai le premier rectifiée : cette erreur est que La Fontaine mourut le 15 mars 1695. L'intéressant passage des Mémoires de Maucroix que vous m'avez transcrit commence en effet par ces mots : tt Le 15 mars 1695, mourut à Paris, » etc. C'est le 15 avril que Maucroix aurait dû dire.
sa mémoire l'a trompé. Au reste une faute de copiste a introduit dans ce qucj'ai écrit sur de Maucroix une erreur de même nature. J'avais écrit, d'après la préface de dOlivet aux œuvres posthumes, que de Maucroix était mort le 9 avril, et les imprimeurs ont mis le 9 août ; je ne me suis aperçu de cela que longtemps après. Les Mémoires du temps et les Défences de Fouquel, en douze petits volumes Elzévirs" , et beaucoup de mauvais recueils contemporains de prose et de poésie ont été mis à contribution par moi pour écrire la vie de Maucroix. J'ai donné cette vie dans \q?> Nouvelles œuvres diverses de La Fontaine et Poésies de Maucroix, 1820, in-8°. Puis une seconde édition a eu lieu en 1825, intitulée Poésies diverses d'Antoine Rambouillet de la Sablière et de François de Maucroix, 1825, in-8°. Mais c'est dans les corrections et additions qui sont à la fin du volume que se trouvent les seuls changements faits à la première édition de la vie de Maucroix, et aux notes dont j'ai accompagné ses poésies.
Mais cette vie a été refaite en quelque sorte (quoique plus abrégée] dans l'article de cet écrivain que j'ai fourni à la Biographie univer-
selle, et cet article a été réimprimé avec corrections et avec de nouvelles notes dans mon ouvi-age en deux volumes intitulé Vies de jylusieurs personnages célèbres des temps anciens et modernes, tome II, page 173 à 206. Enfin les notes de ma première édition de V Histoire de la vie et des ouvrages de La Fontaine, Paris 1820, et 1824, iu-8°, renferment des détails biographiques et bibliographiques sur de Maucroix, que je n'ai pas cru devoir reproduire dans les deux suivants ni dans mes pubhcations subséqucîutes.
Je ne fais aucun doute que la publication des extraits de mémoires que vous avez découverts et ce manuscrit de poésies et de lettres de Maucroix me procurassent de nouvelles lumières sur cet auteur, mais ce n'est qu'en comparant Tos manuscrits avec les ouvrages que j'ai cités, que je pourrais décider ce qui est inédit et ce qui ne l'est pas, et juger de quel intérêt ils peuvent être pour l'histoire littéraire. Je pense que vous devez, dans tous les cas, vous abstenir de publier les pièces par trop libres...
Ainsi que vous le remarquez très-bien, c'est principalement pour celte pubhcation des Mémoires de Tallemaut que l'impression de votre
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manuscrit pourrait être utile. Aussi je crois deveir remplir vos intentions en communiquant votre lettre à M. de Monmerqué, et il est probable que je pourrai la lui remettre demain à l'Académie ; je présume qu'il aura riionneur de vous écrire à ce sujet.
Veuillez, Monsieur, agréer l'assurance de la haute considération avec laquelle j"ai l'honneur d'être
Votre obéissant serviteur,
B°° Walckoaer.
A Monsieur L. Paris, bibliothécaire de Reims.