LA VACHE
Belle Philis, aux yeux de tons lo fut moins blanche que vous ; Qaoiqu'aa rapport d'Ovide on sache Qii'lo fut belle et blanche vache.
Vous savez l'histoire, je croi.
lo fut la fille d'un roi, Que dis-je, d'un roi? non, son père Étoit, je pense, une rivière; Pourtant je ne veux l'assurer, Car il ne faut de rien jurer.
Quoi qu'il en soit, lofut fille Si gracieuse et si gentille, Que Jupin, le maître des dieux, Daigna lui faire les doux yeux, Et tant fit autour de fredaines, Qu'il fut bien payé de ses peines.
En dépit de tous les jaloux ; Car ces dieux étoient de faux loups, Et n' étoit si fin que moutarde, Qui leurdonnoit sa fille en garde.
Or, Jupin, qui le trouvoil bon, Voulut empêcher que Junon Ne traversât ses amourettes Et ne lui vînt chanter goguettes; Donc, de peur de noise, Jupin, Sans en parler, un beau malin, Fit, par je ne sais quelle adresse.
Une vache de sa maîtresse, Si blanche et d'un poil si poli, Qu'il n'éloit objet plus joli Dans tout le voisin pâturage.
Maints taureaux d'amoureuse rage En furent presque forcenés, Mais ce n'éloit pas pour leur nez; Mercure, gardien de la vache.
Leur retroussoit bien la moustache, Quand par de doux mugissements Ils lui parloientde leurs tourments.
Ainsi fut jadis transformée Du grand Jupin la bien-aimée Et porta cornes sur le front.
Aujourd'hui bien d'autres en ont, Qui, suivant le commun proverbe, Ne vont pas aux champs paître l'herbe.
DE MALCROIX. 141
ÉPIGRAMME*
Quand je devrois fâcher Thomasse,
Je veux lui soutenir en face
Que son prétendant n'est qu'un veau,
Et qu'un peu de concubinage
Avec un tel godelureau
Est moins honteux qu'un mariage.
AUTRE
A ne vous rien dissimuler,
Nous sommes d'humeur bien contraire
Vous le faites sans en parler
El moi j'en parle sans le faire.
MADRIGAL*