‹ Œuvres diversesChapitre 57 sur 221 · SA VIE ET SES OUVRAGES. CIII · texte numérisé non relu

SA VIE ET SES OUVRAGES. CIII

joue ici cette date de 1770, il y avoit une forte raison pour que le savant éditeur ne s'y méprit pas : c'est que la marquise de Rambouillet mourut en 1665 (le 27 décembre) , et que par conséquent Maucroixne put lui écrire en 1670.

Cette épître de Maucroix, légèrement narquoise, amena nne réponse qui ne l'est pas moins, et qui, pour être inédite et se trouver dans le recueil Favart, n'en a pas moins le cachet de madame de Rambouillet elle-même. Je sais bien que dans la seconde édition des Historiettes ^ M. de Monmerqué publie une lettre à Godeau, évêque de Vence, dont la première phrase semble prouver que l'illustre marquise ne se permettoit pas de versifier*; mais celte humble déclaration est à quelques lignes delà démentie par Tallemant lui-même, qui cite d'elle un madrigal charmant, « car, dit-il, elle en fait quelquefois de bien jolis: » ce qui me confirme dans l'idée que l'épilre en question est bien effectivement l'œuvre de la marquise. En voici le titre et quelques vers :

RÉPONSE d'aRTHÉNICE

A la requête des cinq dames de Saint-Ètienne.

Chères dames de Saint-Étienne, Que vous avez l'ànae chrétienne !

1 « Monsieur, si mon poëte carabin ou mon carabin poète (Arnauld de Corbeville) étoit à Paris, je vousferois réponse en vers et non pas en prose ; mais par moi-même, je n'ai aucune familiarité avec les muses.... » {Ed.Delloye^ t. m, p. 22G.)

La marquise remercie les sœurs des soins qu'elles prennent pour sa fille, elles prie de se charger de son éducation d'abbesse, qui est encore à faire. Elle leur recommande de ne lui point laisser la liberlé de compromettre sa santé, car, pour elle sa mère, elle a assez de malades : un instant sa maison en a été pleine, et longtemps elle s'est vue le Roger- Bontemps de tous les siens. Au surplus, elle ajoute qu'elle enverra bientôt ses autres filles visiter leur sœur, et qu'elles sauront bien mettre l'abbesse à la raison :

En ce cas, monsieur saint Etienne ^ En santé toutes vous mainlienne, Autant celles qui le voile ont, Et qui religieuses sont, Que celles qui n'ont pas peut-être Autrement envie de l'être.

Voire très-humble et très-obéissante servante,

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