XVI AVERTISSEMENT
Reims, peut-ùtre pensera-t-on qu'il eût mieux valu, pour la mémoire de l'auteur, laisser dans l'oubli un assez grand nombre de celles que je mets au jour. A cela je répondrai que je ne me suis point donné la tâche d'un panégyrique ou d'une réhabilitation , mais seulement le plaisir de montrer dans un jour plus complet un homme qui, par les grâces de son esprit autant que par l'aménité de son caractère, fut l'ami de tout ce que le grand siècle eut de plus littéraire et de plus illustre.
Au surplus, je le répète, ces joyeusetés qui ont échappé à l'oubli auquel les avoit condamnées l'au+eur lui-même, c'est le ms, de Reims qui les contient. On y trouve, avec quelques pièces curieuses pour l'histoire littéraire du temps , des couplets et des épigrammes , qui semblent plutôt l'œuvre de Théophile ou de Marigny que du bon et délicat Maucroix. Ce sont des débauches d'esprit telles que s'en permettent les plus grands génies dans leurs moments de gaieté, mais qu'ils se gardent bien de recueillir. Maucroix n'a pas connu les petits volumes de son ami Favart, il en eût exigé la suppression. Nous en avons la preuve dans la sévérité avec laquelle a été fait le choix de ses OEuvres, imprimées soit de son vivant et depuis son entrée dans les ordres , soit dans le recueil de ses travaux inédits laissés aux Jésuites de Reims, travaux dont une partie se retrouve à la Bibliothèque impériale dans le manuscrit d'Olivet-Sallier.