Voir p. [379J
2. Los Pasteurs; La Peste, Mélanges ègyptologiquos, 1" série, p. 29.
LES PASTEURS EN ÉGYPTE
» poursuite, les (abattirent) avec leurs glaives et les massa- » crèrent tous. On n’avait pas vu cela, dit alors le scribe » égyptien, au temps clés rois de la Basse-Égypte , lorsque ». ce pays d’Égypte était en (leurs mains), et que le Fléau » s’y tenait, à V époque où les rois de la Haute-Égypte ne » pouvaient pas les repousser ' . »
On voit que, dans ce texte curieux, l’Égyptien, triomphant d’une victoire récente, reporte sa pensée à l’époque où d’autres Barbares trouvèrent sa patrie au dépourvu, et la réduisirent à une longue impuissance. Cette différence dans le développement de la force nationale était sans aucun doute pour le roi Ménephtah un éloge des plus flatteurs, malgré ce que pouvait avoir d’amer le souvenir des revers éprouvés plusieurs siècles auparavant par l’Égypte. Ce qu’il y a d’important pour nous dans cette relation, c’est qu’elle appelle encore les Pasteurs de ce nom d ’aat. Fléau, qui, s’il ne nous donne pas le nom national de ces Barbares, nous confirme au moins le rapport de Manéthon en ce qui concerne le traitement cruel qu’ils firent subir à l’Égypte.
Mais il ne faut pas perdre de vue que l’annaliste égyptien attribue tout spécialement ce régime barbare au temps de la conquête et aux six premiers règnes des rois pasteurs. A cette période de lutte sans trêve de ces envahisseurs contre les Égyptiens dispersés succédèrent des temps plus calmes, pendant lesquels la paix subsista entre les deux races. Cette nouvelle période dura environ deux cent soixante ans. Les Égyptiens paraissent avoir mis à profit cet intervalle de répit pour s’organiser dans le Midi. Lorsqu’ils se sentirent assez forts et que les Pasteurs éyyptianisês eurent perdu la rude énergie qui faisait leur force, les chefs nationaux entreprirent de délivrer leur patrie du joug étranger. Après cinq siècles d’oppression, l’Égypte secoua sa torpeur, et com-
1. Dümic-hen, Inscr. hist ., pl. 4, 37 et sqq. Les mots entre parenthèses correspondent à des lacunes du texte. Comparez : E. de Rougé, Mémoire sur les attaques, etc., tirage à part, p. 10.
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raença cette guerre rude et longue, à laquelle le pharaon Ahmès Ier mit une heureuse fin.
La domination des Pasteurs sur l’Egypte doit être conséquemment partagée en trois époques distinctes. Relativement aux deux premières, celle de l’établissement violent de leur autorité, et celle de leurs rapports paisibles avec les Égyptiens refoulés, les monuments originaux ne nous ont encore rien appris, si ce n’est le souvenir haineux qu’en conserva la nation vaincue et humiliée. Mais nous sommes un peu mieux partagés relativement à la troisième époque, celle de la délivrance de l’Egypte. C’est ce que nous allons étudier dans le paragraphe suivant.