Lepsius, Denkniâlvr, III
LES PASTEURS EN ÉGYPTE
du monde). Kémi et Tesher, c’est-à-dire la vallée fertile du Nil et les déserts qui l’avoisinent, sont entièrement placés sous l’autorité du pharaon.
Plus tard, Thothmès II eut à porter la guerre en Asie. Il envoya une expédition contre les Shasous, mais il ne paraît pas l’avoir dirigée en personne. Ce fut Ahmès Penneb qu’on chargea de ramener en Égypte les prisonniers faits à cette occasion1. Son inscription constate expressément qu'il les ramena du pays des Shasous. Ces nomades n’avaient donc pas envahi le territoire égyptien; l’armée du pharaon les avait attaqués chez eux; elle avait conséquemment franchi sans obstacle la frontière du nord-est1, et n’avait pas craint d’être coupée au retour par les deux cent quarante mille hommes que les Pasteurs, au dire de Josèphe, auraient entretenus dans l’inexpugnable Avaris.
Ainsi donc, sous ce règne, de même que sous ceux de Thothmès Ier et d’Aménophis Ier, nous chercherions vaincmçnt des traces historiques de la présence, sur le sol égyptien, d’une force très considérable de Pasteurs, installée dans une forteresse que les armes des pharaons auraient été incapables de réduire. Les monuments qui se rapportent à l’autorité exercée par la reine Ma-ka-Ra sont tout aussi négatifs en ce qui concerne ce fait réellement inadmissible. Cette princesse règne comme régente après la mort de Thothmès II et pendant la minorité de Thothmès III. Son cartouche accompagne celui de ce dernier prince dans une inscription de Wadi-Maghara, au Sinal, datant de l’an XVI de leur autorité combinée3. Mais c’est elle qui porte les titres royaux. Thothmès III, représenté comme un tout jeune homme, n’y reçoit que ceux de Dieu bon , seigneur des deux mondes. Les communications de l’Égvpte avec ses établissements du Sinaï n’étaient donc nullement interrompues à cette époque.