DE L'HISTOIRE DE DAUPHINÉ
ELLE est située sur la rivière de Tlsère qui la divise de ses faux-bourgs et sur laquelle il y a deux ponts , l'un de pierre du costé du couchant, l'autre de bois et comme au milieu de la Ville.
Elle est la capitale de la province et le principal lieu de la comté de Graisivaudan appelée anciennement la Vallée Profonde, dont les Évèques etoient souverains ne relevant que de l'Empereur. Dans l'histoire du diocèse de cette ville que j*avois composée, je faisois connaistre cette souveraineté et en quel temps les Comtes de Graisivaudan commencèrent de s'en rendre maistres, obligeant l'Évèque de les admettre au pariage. J'y décrivois toutes les prérogatives de ces Évêques et l'ouvrage estoit recherché et curieux; maiscomme j'ay veu qu'on n'y donnoit pas toute l'application que j'en attendois, je l'ai égaré ou peut-être perdu. On laisse souvent échapper des occasions favorables qu'on ne peut réparer quelque soin qu'on se donne pour cela. Je ne plains point la perte de mon travail , mais je ne saurois convenir qu'on n'en ait pas eu l'empressement (pi'il méritoit. Je m'en console facilement et je ne regrette que la gloire que j'aurois acquise si le public en avoit eu part. Passons à mon histoire.
Ptolémée, liv. ii ch. x, donne le nom d*Acu8ion k cette ville, mais il n'y a que luy qui Tait donné. Il dit que c'estoit Colonia Acusianorum,
Tous les autres luy donnent celuy de CularOy et en efifect, c'estoit son véritable nom. Plancus, écrivant à Gicéron lorsqu'il
«stoit en ceste ville en qualité de Préteur des Gaules , peu de temps après que Jules César eut conquis la province Viennoise , met dans sa lettre : Cularone Vocantiarum in confinibvs Allo^ brogum. Elle est la 23» du 10^ livre des Épitres familières de cet orateur Romain. Enefifectelle est sur les limites del'Âllobrogiey sur la rivière de llsèrequi la sépare des Voconces, et elle estoit une des dix-neuf villes des Voconces dont Luc estoit la capitale, suivant César en ses Commentaires. Il ne reste plus rien de cette ville de Luc ensevelie par la Durance. Sirmon en parle en ces termes sur Sidonius, Livre m, Epitre xiv, qu'elle est située au pied des Alpes et d'une "montagne appelée Chalemon, au confluent du Dracet de l'Isère, et il rapporte Tépitre de Plancus.
M. de Valois, dans le sçavant et curieux ouvTage qu'il a donné au public soubs le titre de Notitia Galliarum , parle de cette ville soubs le nom de Cularo. Il commence par la lettre de Plancus. Il parle aussi de ses anciennes inscriptions que je rapporterai bientôt. Il dit que Strabon et Varron font mention des deux fleuves de l'Isère et du Drac qui y passent; qu'il est dit dans les notices de l'empire Romain : In provincia Galliœ riparensirihxmum cohortis primœFlaviœ Sabaudia Cularoney que Scaliger et Sirmon conviennent de cette colonie : ce Scaliger in notitia Gall. et Sirmon ad Sidonium Appollinarem ; que Saîvangiua a mis ceste ville parmi celles des Voconces.
Scaliger rapporte les mesmes inscriptions en ces termes: mûris cularonensibus.
Ce nom lui est donné aux notices de l'Empire romain et en l'itinéraire de Peutinger.
Mais les plus grandes et asseurées preuves de ce nom sont les inscriptions qu'on a trouvées sur deux de ses portes , lorsque Dioclétien et Maximilien la firent ceindre de murailles.
L'une fut mise sur la porte appelée Porta Romana Jovia , et Tautre sur celle qui eut nom Herculea Viennensis.
La première estoit où finit la place de Saint- André entrant en la rue Portetraine, et l'autre où finit la place de Nostre-Dame sur laquelle est une partie du palais épiscopal.
Son enceinte estoit fort petite car elle ne comprenoit que la rue Moyenne appelée aujourd'huyBrocherie, la rue 3feroa{orta, ou Marchande , ce qui fait aujourd'huy la place du Ban de Mal- Conseil, lame du Palais, celle du Bœuf, la place de Saint- André
jusques à Tlsère vers le septentrion, à Textrémité de laquelle, vers cet endroit, fut basty la maison de nos premiers Dauphins où est aujourd'huy le Palais du Parlement et la Chambre des Comptes. On voit encore les marques de ces vieilles murailles de cette ville dans les maisons qui y sont basties en la rue Chenoise ou Chaunoise , et peu éloignées du Ban de Mal-Conseil.
Au commencement il n'y avoit que les rues de Saint-Laurent, et de la Perrière, et c'est là où nos premiers Evesques ont demeuré comme je Texpliqueray ailleurs
Mais revenons à nos inscriptions. Voicy celle de la porte Romana Jovia,
D. D. N.N. IMPP. C^S. GAIUS AURELIUS VALERIANUS DIOCLETIANUS PP. INVICTUS AUGUSTUS ET IMPER.
CiESAR. M. AURELIUS VALERIUS MAXIMIANUS PIUS FCELIX, INVICTUS AUGUST. MURIS CULARONENSIBUS CUM INTERIORIBUS .EDIFICIBUS PROVIDENTIA SUA INSTITUTIS ATQUE PERFECTIS PORTAM ROMANAM JOVIAM VOCARI JUSSERUNT.
La mesme inscription estoit surFautre porte^ mais, au lieu de portam RomanamJoviamf 'ÛY^portamHerculeam Viennensem.
n me semble donc bien prouvé que le premier nom de cette ville a esté celuy de Cularo,
Sa situation a souvent donné lieu à des Empereurs^ des Papes et des Roys de la choisir pour des conférences , c'est que nous apprend une lettre escrite par Hugues Capet au pape Jean en ces termes : Nihil nos contra apostolatum vestrum gessisse sd^nus, quod si àbsentibus non satis crediiisy Gratianopolis Civitas in confinihus Galliœ et Italiœ sita ad quam Romani pontifices Francorum regibus occurrere soliti fuerint, hoc sivohisplaceaî itinerare possihilitas est ac si et nostra invisere Itbety summo cum honorCy descendentem de Alpitms excipiemus morantemy aut redeuntem debitis obsequiis persequemur.
On voit par là quelle avoit déjà le nom de GratianopoliSy urbs Gratiani , qui luy fut donné parcequ'on y célébroit des jeux en l'honneur de cet Empereur qui furent si magnifiques, qu'estant connus par tout l'Empire, on commença de luy donner le nom de ville de Gratian.
St Augustin en parle soubs ce nom en sa cité de Dieu , il vivoit du temps de cet Empereur.
Plusieurs Romains Tavoient habitée comme nous l'apprennent des inscriptions que je rapporteray en leur rang, et elle fut longtemps le magasin des Romains pendant les guerres dans les Gaules.
Son second agrandissement fut environ Tan 855 , que les Maures s'en emparèrent et en chassèrent r£vesqueËbbon qui en estoit Prince souverain et de tout le Graisivaudan, ne relevant que de l'empire. Us la firent clore de murailles à qui les anciens titres donnent , à cause d'eux, le nom de mûri Sarrasenorum; elles commençoient derrière l'église de Nostre-Dame , continuant où le monastère de Sainte-Claire est basty y entre les rues Bournolenc et Neufve, de Bonne contre l'enclos des FF. Prêcheurs, jusques à l'Isère derrière l'hôtel de l'Esdiguières où l'on en voit encore quelque partie. La porte de Tracloistre les terminoit vers l'Ëvesché^ vers la rue Bournolenc et au commencement estoit une poterne appelée Pertuisière, et à la lin la porte appelée Portetreyne ou porta Trajani.
Son troisième agrandissement a esté l'an 1602 en vertu des lettres patentes du Roy Henry IV de 1596. On mit dans cet enclos tout ce qui estoit depuis risère, le faux-bourg de Tracloistre, la rue Neufve, la rue de Bonne, la place du Breuil , et ce qui fait aujourd'huy le bois et le jardin de l'hostel de l'Ësdiguières qui appartenoientau Dauphin ; et la porte Treyne fut portée à quelques pas de la place du Breuil et prit le nom de Bonne à cause de François de Bonne qui fust ensuite connestable de France aux soins duquel fut fait cet agrandissement.
On mit encore dans ceste enceinte la montagne de Ghalemont, et les rues de St Laurent, et de France. Bien que de ce costé il n'y eust point de murailles auparavant, il y avoit une espèce de redoute et une poterne qui y est encore par où l'on sortoit et descen doit jusques à l'endroit où est la porte de France, car les rochers aboutissoient à la rivière de l'Isère ; il n'y avoit point encore le chemin qu'on y a fait depuis; il est vray aussy qu'au bout de la Perrière il y avoit une ancienne porte mal figurée et, qu'auprès de l'Isère , il y avoit une petite porte par où on allait sur le quai de l'Isère qui , à cause de cela , estoit nommée la porte duQuaix.
Gomme l'on devoit cet agrandissement aux soins de l'Ësdiguières, on en a laissé la mémoire par des inscriptions qui sont
encore sur les quatre portes y telles que je vais les publier.
Ses Portes.
Celle de la porte de France en ces termes :
LUDOVICUS XIII GALLIARUM ET NAVARRiE REX PIUS. FELIX, INUICTUS GRATIANOPOLI MONTE AUCTA , EJUSQUE MURIS, PROPUGNACULIS ET INTERIORIBUS 7EDIFICIIS, PROVIDENTIA SUA ET CURA FRANCISCI BON^DUCIS DIGUERIARUM, PARIS ET MARESCHALLI FRANCIiE, PROREGIS DELPHINATUS , INSTITUTIS ATQUE PERFECTIS PORTAM HANC REGIAM VOCARI JUSSIT MDCXX.
Celle de la porte St Laurent :
FELICIBUS AUSPICIIS ET JUSSU HENRICI IV GALLIAR. ET NAV. REGIS INVICTISSIMI, DECORA MCENIA CIVI- TATIS GRATIANOP. INCHOATA ET EX VOLUNTATE LUDOVICI XIII REGIS CHRISTIANISSIMI PROPUGNA- CULIS ET POMiERIIS AUCTA, FRANCISCUS BONA LESDIGUERIUS, DUX, PAR ET MARESCHALLUS FRAN- CIM, DELPHINATUS PROREX, FIDELISSIMO STUDIO ET CURA SOLERTI ABSOLVIT, ET PORTAM DIVI LAU- RENTII, EXTERIS ET INCOLIS, A FUNDAMENTIS EREXIT ANNO SALUTIS MDCXV.
Celle delà porte de Bonne :
JETTERl^M MEMORIiï: HENRICI IV GALL. ET NAV. REGIS CHRISTIANISS. VERE AUGUSTI OPTIMI CLEMEN- TISS. FORTISS. FELICISSIMIQUE REGNI GALLORUM INSTAURATOR. PATRIE PATRIS, QUOD FRANCISCI BONJELESDIGUERII VIRTUTE, FIDE, MANtJ, SENATUI AUCTORITATEM, CIVITATI PATRIJEQUE UNIVERSiE PACEMRESTITUERIT, URBEMNOVO POM^RIO AMPLI- ARIT, CIVITAS ETPATRIA GRATIAN. MONUMENTUM CIOIOXCV.
Celle de la porte Tracloistre, ainsi nommée du mot Trans^ clattatrumy parcequelle est à la fin d'une rue qui estoit autrefois hors de la porte vers les cloistres de l'église de Nostre-Dame. Elle est semblable à l'autre età la fin CIDIDXCIII.
246 DESCRIPTION UISTORIQUL
Le dernier agrandissement eut lieu en vertu des lettres patentes du Roy du 19 de Jan\ier 1670, et la porte de Bonne y a esté portée , c'est celle qu'on appeloit Portetreyne où il y avoit plusieurs inscriptions Romaines qu'on y voit encore. Cet agrandissement est depuis le bastion St Jacques jusques bien avant au couchant , et comprend quelques rues que je descriray en leur rang. Partie des murailles avoit déjà esté faites par les soins du mesme Lesdiguières qui en avoit déjà fait le projet, mais estant presque ruinées , on les a réparées et fait une porte au bout du quaix contre l'Isère.
Ses Rues.
Passons à la description des rues après avoir parlé de ses portes.
La rue de Tracloistre; j'ay donné son étimologie.
La rueChenoise ou Chaunaise, tire son nom de la famille de Chaunais ancienne, esteinte environ l'an 1450, et c'estoit là ses vergers et les dehors d'un fief qu'elle y avoit ; elle n'estoit point en rue lors du l^r et du 2« agrandissement. Un chartulaire de cette ville de 1360 l'appelle Calnesia.
La Brocherie que les anciens titres nomment via media^ ainsi nommée en un acte de 1330.
La rue Marchande nommée en latin Mercatoria,
La rue du Palais parcequ'elle aboutit au Palais du Parlement , et de la Chambre des Comptes; on l'appeloit autrefois de St Jean parcequ'elle aboutissait à l'Eglise paroissiale de ce nom.
La rue Portetreyne , ou Grande rue , à cause de la Portetreyne qui luy aboutissoit, elle va depuis la place de St André jusqu'à celle du Breuil.
Lame des Prêtres derrière l'Eglise de St André.
La rue des Clercs appelée en un chartulaire de Grenoble de 1389 via capeUanomm sancti Andrew, appelée anciennement Bueiliere.
Une autre de ce nom , derrière Nostrc-Dame , aboutissoit à la place des Tilleuls.
Celle de Nostre-Dame qui va à l'Eglise de ce nom : en un chartulaire de . . . , , rue Peirolière.
Celle deBournolenc ainsy nommée, comme qui diroit Bourg de Nolenc, parceque, après le deuxième agrandissement,
commençant de se remplir de maisons , on l'appela Bourg et Nolenc à cause d'une maison qu'y avoit la famille de Nolenc qui a depuis esté celle de Rabot. On l'a par la rue des Vieux
Jésuites parceque ces Religieux y ont fait leur premier séjour en cette ville.
Celle de la Pertuisière, connue aujourd'huy soubs le nom de Ste Claire, ainsy nommée parcequ'elle aboutissoit à la petite porte de ce nom. On l'a allongée lors de l'agrandissement de 1602 jusques à l'Eglise des Jésuites.
La rue de Paillaret qui va de la rue des Vieux Jésuites à celle des Clercs ou Peyrolière.
Celle du Chapelet, despuis celle de Nostre-Dame jusques à la rue Brocherie.
Celle de Bonne Neufve deiipuis la place du Breuil jusques aux Jésuites.
La Neufve despuis lesdits Pères jusques à celle des Capucins.
Celle-cy aboutit à celle de Tracloistre.
Celle des Ollicrs proche de celle de Tracloistre ainsy nommée à cause qu'on y vendoit des pots de terre appelés vulgairement des ùules.
Une autre petite voisine, sans nom.
La rue de Bonne dans la nouvelle enceinte.
Celle de Créquy.
Celle de St François.
Celle de Lesdiguières.
Celle de Ragny.
Celle de Montorge.
Celle de Sault.
Et une autre construite nouvellement derrière le Verbe Incamé.
Celle de St Jayme proche de la rue Chenoise, corrompue du nom de St Jacques , à cause qu'il y avoit là un hpspital.
Celle du Bœuf a pris son nom d'un enseigne, car dans les anciens titres elle est appelée via monûxfttim, à cause d'un monastère de Ste Claire fondé à Yseron par le dauphin Humbert, qui fut transféré en cet endroit, où les Religieuses moururent toutes de la peste.
Celle du Temple^ aboutissant à celle de Tracloistre , ainsy nommée parceque le temple des Protestants y estoit basty.
Celle de Ste Ursule où est le monastère de ce nom.
Celle des Meuriers parceque , lors de Fagrandissement de 1602, il y avoit grand nombre de ces arbres.
Celle de St Jacques parceque, avant Fagrandissement de 1602, on passoit par là pour aller à St Jacques d'Échiroles.
Celles de St Laurent et de la Perrière sont réputées Faux- Bourgs.
Celle de Chalemon qui va au monastère de la Visitation qui est entre ces deux rues.
Ses Places.
Quant à ses Places^ en voicy Je dénombrement :
Celle de St André, à cause de TÊglise de ce nom.
Celle de Nostre-Dame, de mesme.
Celle du Ban de Mal-Conseil, ainsy nommée parceque la populace y délibéra de tuer TÉvèque Guillaume de Ruin.
Le connestable de L'Esdiguières la fit agrandir et abattre quel ques maisons voisines , en 1606, et en fit une place d*armes.
C'estoit là où Ton vendoit les grains , et où l'on vend aujourd'huy les fruits et les herbages.
Celle du Breuil ou la Grenette, parcequ'on y débite le bled, et les autres grains , les jours de marché. C*estoit où estoient les vergers des FT.Prescheurs. Humbert, Dauphin, Anne son épouse et Guillaume Ëvèque de cette ville la leur avoient donnée en les fondant.
Ses Églises.
Voicy le dénombrement de ses Églises :
La Cathédrale est soubs le vocable de l'Assomption de la Ste Vierge, et est nommée de Nostre-Dame. ^Ue estoit anciennement soubs celuy de St Vincent , parceque Charlemagne qui la fit bastyr de la manière qu'elle est aujourd'huy^ la fit faire sur une chapelle dédiée à St Vincent qui, selon quelques mémoires escrits en un registre de la Chambre des Comptes, avoit esté fondée par Pépin en reconnaissance de la victoire qu'il avoit remportée sur les Sarrazins en la Vallée profonde que nous appelons aijyourd'huy Ghraisivaudan.
Ce sont ces mesmes Maures qui, environ l'an 860, estant revenus en ce pays en chassèrent TÉvêque Ebbon qui se réfugia à St Donnât et qui en furent chassés par TÉvôque Isame environ Pan 960. Ce fut l'an 777 que Charlemagne fit édifier cette église Cathédrale, car despuis Domnin, son premier Évéque, qui assista au concile d'Aquilée Tan 381 , les Ëvéques avoient demeuré en la rue de St Laurent où pour église ils avoient un Ergastule, ou église souterraine qu'on y voit encore et sur laquelle est celle de St Laurent, comme je Texpliqueray en parlant d'elle en particulier.
Gelle-cy estoit tenue par des chanoines séculiers de l'ordre de St Augustin. St Hugues, l'undesesÉvèques, la rendit régulière, en vertu d'une bulle de l'an 1136 qui lui donna pour vocable l'Assomption delà Ste Vierge. Elle fut sécularisée par une bulle du 8 des kal. d'Aoust de Tan 1557.
Contre la muraille de cette Église, et à l'entrée par la petite porte de la place on trouve cette épitaphe (1) :
NON KA.iSETAi.i'fyxof^ BW KONf S. OAlTH ibirCt^fca*
(1) Sur cette^inscription , voir la Notice en tête de la publication.
Il y a encore une autre, sur une des portes des cloistres y d'un chanoine de la famille de Baile , en ces termes :
DEO ET NATURiE REDDO SIMPLICIA ACTA COMPOSITI ; SINT DEO GRATA.
L'Église collégiale de St André. Guignes André , Dauphin, fonda premièrement ce collège à Champagnier le 43 d'Avril 1224, et le transporta à Grenoble le dernier de Février 1226, et fit bastir l'Église sur une chapelle qui estoit à Amédée, prieur de St Martin de Miséré.
Le prioré de St Laurent fut fondé l'an 540 , vingt ans après que l'ordre de St Benoist fut estably. Ce fust sur la montagne audessus du lieu où il est aujourd'huy, et on en voit les vieilles masures sur lesquelles Humbert Dauphin fit bastyr un hermitage en 1343. Estant abattu par le temps, il fust rétably, et l'église bastic sur l'ergastule dont j'ay parlé , ou église souterraine , en laquelle les chrestiens , pendant qu'ils estoient persécutés sous l'empire de Décius , faisaient leur sacrifice.
Le prioré de la Madelaine est appelé de l'Aumône par l'acte de fondation faite par St Hugues, évèque, l'an 1082. Son intention fust pour un hospital ; et en effet les chanoines y ont longtemps servy un hospital voisin dont la maison a esté aliénée en mains séculières. Aymon de Chissé, autre évêque, l'érigea en prioré soubs la règle de St Augustin l'an 1457. Le prioré et les chanoines ont esté incorporés avec le chapitre de Nostre-Dame et sécularisés en mesme temps. Leur église et leur maison sont occupés par des cordeliers. Je diray bientost comment.
Ses Couvents.
Le couvent des Cordeliers fust fondé, l'an 1240, en un lieu hors de la ville au septentrion , où le connestable de L'Esdiguières fit bastir une citadelle appelée Arsenal et les en sortit. On les mit en la maison du prioré de la Madelaine, jusqu'à ce qu'il leur en fust foumy un autre; et ils y sont encore. Les FF. Prescheurs furent appelés en cette ville l'an 1288. Humbert, Dauphin, Anne , son espouse et Guillaume de Sassenage , évoque , leur donnèrent un grand territoire , où leur couvent et leur église
furent bastis, mais avant cette construction ils habitèrent au prioré de St Pierre qui en estoit voisin. Leur église fust abattue en 1561 par les protestants et rebastie où estoit leur réfectoire.
J'ay composé son histoire et celle des autres couvents de cette province où je rapporte plusieurs titres.
Le monastère de Ste Claire des filles de St François est dû à la piété d'une sainte fille appelée Jeanne Baile , fille de Jean Baile , président unique du Parlement de Grenoble. Le Dauphin Louys, après avoir attaqué vainement sa pudeur, admira sa vertu et sa sagesse et lui ayant demandé ce qu'elle souhaitait do luy , elle ne souhaita qu'une place sur les bastions, vers la porte de la Pertuisière, pour y faire bastir un couvent de filles de Ste Claire, ce qu'il luy accorda ; et estant devenu Roy, XI* du nom, il ordonna au gouverneur d'y mettre en son nom la première pierre , ce qu'il fit l'an 1469. Ce fust en vertu d'une bulle du Pape Paul II de cette année. Des religieuses d'Annecy en Savoye furent appelées pour l'occuper. C'est de cette sainte fille dont on conserve chèrement les restes et qu'on expose à la dévotion du peuple un jour de l'année.
Le couvent des Récollets, hors de la ville, est l'un de ceux que le Roy Henry IV fonda en France après sa conversion. Ce fust en vertu de ses lettres patentes du 28 d'Aoust 1607 et on le bastit, en 1609, soubs le vocable de l'Immaculée conception de la Vierge.
Il y en a un autre dans la ville fondé par Jean du Vache, seigneur de l'Albenc , président en la Chambre des Comptes, l'an 1662.
Le couvent des Capucins fust édifié Tan 1610.
Celuy des Augustins Deschaussés l'an 1642.
Celuy des Minimes fondé l'an 1644 par Marguerite de Sassenage, veufve d'Horace du Rivail, seigneur de Blagnieu.
Celuy des Carmes y fust estably en vertu de lettres patentes du Roy de ladite année 1644; ils sont au faubourg de Tracloistre despuis 1644.
Les Pères Jésuites commencèrent par une mission l'an
et en 1651 ils ont eu le collège. Ils |commencèrent d'habiter en la rue Boumolenc, et estant en rue Neufveils commencèrent de construire une église en 1665, ce ne fust qu'en bois, mai§
despuis , ils en on fait construire une très belle à la façon de celle qu'ils ont en la rue St Jacques à Paris ; c'est par les bienfaits du Roy. Le frontispice en est magnifique.
Les prêtres de l'Oratoire de Jésus. Nostre illustre prélat le cardinal le Camus les y a appelés l'an .... et leur a confié son séminaire.
Les Religieuses de la Visitation de Ste Marie ont icy deux monastères , l'un est sur la montagne de Ghalemont et St François de Sales , évéque de Genève, y a rais la première pierre ranl619.
Le deuxième est dans la rue de Tracloitres depuis l'an
Celuy de Ste Cécile de l'ordre de St Bernard l'an
Celuy de Ste Ursule , l'an
Celuy du Verbe incamé l'an . . . son église a esté bastie en 1674.
Celuy des Carmélites Tan . . . .
Les FF. de la Charité l'an
Les Religieuses hospitalières l'an. ... (1)
Ses Paroisses,
Il y a quatre paroisses ou églises paroissiales.
Celle de St Hugues à costé de la Cathédrale.
Celle de St Jean estoit où est la place de St André. Elle fust abattue en vertu d'une bulle du Pape en 1582 , et jointe à celle de St Hugues, et unie à la précédente; mais lorsque l'on a eu construit l'église de St Louys, en 1677, on l'y a. transportée.
Ceste mesme paroisse de St Loys a esté élevée en vertu de lettres patentes du Roy du 15 de Febvrier 1676 , et sa majesté donna pour cela'36,000 liv. pour estre imposées sur les gages des secrétaires greffiers des communautés , à commencer à l'an 1675, à raison de 6,000 liv. par an. Estienne le Camus , évéque de cette ville et cardinal , y a fondé quatre chanoines. On a commencé de la bastyr en 1689 (2).
(1) Toutes ces dates sont en blanc dans le manuscrit original. Cette observation s'applique à tous les blancs ponctués que l'on trouvera dans cette publication. Les autres indiquent la place de mots indéchiffrables.
(î) Huit lignes plus haut, AUard dit qu'elle était construite en 1677. Règle générale, il ne faut accepter les dates de Guy Allard que sous bénéfice de vérification. H. G.
Celle de St Laurent en la rué de ce nom et avec prioré. Celle de St Joseph hors de la porte de Bonne.
Ses Chapelles.
Il y a quelques chapelles séparées.
Celle des iilles pénitentes où il y a une maison gouvernée par des religieuses et où Ton met en refuge des filles débauchées pour les y convertir. Il y en avoit desja une en 1282, car elle est donnée pour confins à la place qui fust accordée aux FF. Prescheurs lors de leur fondation. Il y a encore, vers la montagne de Chalemont, la Tour Dauphine où Ton enferme les obstinées pour les y chastier. La tradition nous apprend que ceste montagne a pris son nom de celuy de Chalumeau , parceque, au son de cet instrument; on conduisoit autrefois ces filles débauchées ornées comine des espousées, les cheveux pendant et couverts de rubans. Il y a deux chapelles de pénitents, Tune en Téglise de St Laurent , soubs le titre de St Sacrement, Vautre de Confalone en la rue Neufve, Il y a encore celle des Orphelines.
Celle de la Propagation de la foy establie en la rue St Jacques l'an 1650.
L'ordre de St Antoine y en a une en la rue de la Perrière desclarée exempte des décimes par lettres du Roy Loys XI du 14 Febvrier 1466. On y faisoit autrefois de grandes offrandes de jambons, soubs le prétexte que^ donnant un pourceau à StÂntoine devant ses images, il estoit le protecteur des cochons. Le curé de St Laurent voulut y avoir part, et par une transaction du. . . on la luy accorda. Comme elle est proche de Thospital de la Providence elle luy sert.
n y en a une sur le pont de bois , et comme au mesme endroit il estoit autrefois de pierre tombé en 1651. Cette chapelle fut dotée en 1422 par Claude Crest, chanoine de Mostre-Dame, de 20 septiers de froment de censé et d'un septier de noyaux pour en faire de Thuilepourla lampe qui devoit touiours estre allumée, et il voulut que si cette chapelle venoit à estre des« truite les consuls disposassent de cette rente. Il y en a une au palais épiscopal soubs le vocable de St Michel. Une autre à la porte de France.
Ses Hospitaux.
Quant aux Hospitaux ,
Le plus ancien fust celuy quo fonda St Hugues, Tan 4082, soubsle nom d*Ausmone, et le vocable de la Madelaine, J'en ai déjà parlé soubsle titre de prioré.
Aymon de Chissé, évéque, en fonda un le 49 d'avril 4334, en la rue Chenoise proche du poisle et vers un endroit qu'on appelle Maupertuis. Il en nomma Directeur les Consuls, et le mit soubs la protection du Conseil Delphinal.
Il fust transféré en Tisle de la Trésorerie hors de la ville , et il est dedans depuis Tagrandissement de 4602 ; c'est là où l'on a destiné l'hospital général, suivant l'intention du Roy par son édit de juin 4662.
Il y avoit encore l'hospital de St Jacques pour les Pèlerins. Laurent Alleman , évèque, en une visite de 4494^ dit qu'il avoit esté fondé par la famille de Theys. Il n'est plus, et la maison est possédée par des séculiers. J'y ay veu une chapelle où l'on disoit la messe, mais elle n'y est plus en cet estât depuis quelques années. Nostre illustre prélat Cardinal le Camus ayant trouvé à propos de la supprimer.
Celuy de la Providence pour les malades en la rué de la Perrière^ proche de la chapelle de St Antoine, a esté commencé il y a environ 40 ans par les soins de quelques dames. On a raison de l'appeler ainsy , car il n'a aucun revenu que des charitez qu'on luy fait, et la providence est si grande que, bien qu'on y traite plusieurs malades, il ne leur manque de rien. Il est dirigé par des dames charitables.
Celuy de la Charité est servy par les FF. Religieux de ce nom. C'est pour les pauvres hommes malades. Estably en 4662.
n y en a un pour les femmes , servy par des religieuses hospitalières , estably en avril 4666.
Celuy de St Roch en Tisle hors de la porte de Tracloistre fondé par Gras d'Ancelle, le 42 de may 4477, par son testament et en donna la direction aux consuls. Il la dota de peu de chose , mais dans un autre testament du dernier de janvier 4485, il luy légua cinq mille florins pour le bastir, et en donna la direction
à Jean Rabot ^ conseiller au Parlement, sa veufvei en fust
la directrice pendant sa vie.
Gomme j'ay composé l'histoire Ecclésiastique de cette province, je rapporte plusieurs titres concernant ses priorés^ églises, monastères et hospitaux.
Ses PonU.
Il y a deux ponts sur la rivière d'Isère.
L'un est aux extrémités de la ville vers le couchant et de pierre de trois arches , basty en 1670.
L'autre est de bois et construit en quatre arches depuis une petite rué appelée du Pont, de Tautre costé aboutissant à la montée de Chalemont, entre les deux rues de St Laurent et de la Perrière.
n y en avoit un de pierre qui fust abattu par un déluge en 1651 . Il y avoit une haute tour dans laquelle il y avoit une horloge , et on y avoit mis cette Inscription en vers latins, qu'on a eu soin de recueillir et de me la communiquer.
TOLLEMORASFUGIUNTTACITONUNCTEMPORACURSU NEC TIBI PR^TERITOS RESERUNT HORARIA MENSES.
C'est d'un costé de la Tour, et de l'autre :
DURA FEROX SVhlKJE CERNIS QUM MARMORA TURRIS OBSTULERAT MAVORS FLUMINIS ARTE SUO
CUNCTIS OPTATiE JAM NON SINE NOMINE PACIS LAUTE STRACTA DIU NON PERITURA MANENT.
Son Hostel de Ville.
Son hostel politique ou de ville, est composé d'un Maire, de quatre Consuls.
n n'y avoit point de Maire et il fut crée avec d'autres dans le royaume.
Le premier Consul est toujours noble , on le tire de la noblesse de l'espée une fois, et l'autre de la robe; le deuxième. Procureur; le troisième, Marcliand; le quatrième, du fauxbourg de la Perrière, ou de St Laurent.
n y a tousjours eu un secrétaire.
II y avoit un avocat et un procureur de ville qui ont esté supprimés et on a créé en .... un procureur.
Les autres o£Qciers sont de création nouvelle.
Au sujet des loyers des maisons il y a plusieurs arrests du Parlement qui ont jugé qu'on n'en devoit point pendant la guerre , entre autres en 1461 et 1468. On y entre la feste de la croix de septembre , qui est le 14, et il faut se contremander avant celles des Roys, autrement on n'y est plus recevable, ainsy jugé le 14 d'octobre 1510. François Marc, en ses décisions^ vol. ly marque la manière de le faire, qtMst, 10 55.
Fief.
Il y a un seul fief en cette ville qui est une tour fort ancienne qui appartenoit à la famille de Chaunais qui n'est plus il y a WO ans; ce fief s'estendoit bien avant, et il en fut pris une partie pour faire la rué qui , de son nom , a esté appelée Chaunaise , comme j'ay desja dit. Aymar de Chaunais vendit cette tour à François sgr. de Sassenage, au mardy avant la feste de St Michel de l'an 1301, pour 325 liv.: les confins y sont. Elle est encore à cette famille, et on l'appelle la Tour Sassenage. Elle est ronde, fort haute, et toute de briques avec des crénaux.
Ses Foires.
Il y a 4 foires : à Ste Barbe, à St Vincent, aux Rameaux et à la my aoust.
Universités.
Il y avoit une Université fondée par Humbert, Dauphin, en 1342, unie à celle de Valence l'an 1566.
Gouverneurs.
Il y a un Gouverneur qui l'est aussy de la vallée de Graisivaudan et de l'arsenal ayant pour gages, pour la ville 1,500 liv., pour la vallée 500 liv. et pour l'arsenal 300 liv. Laurent Emé C«« de Marcieu l'est aujourd'huy de l'une et de l'autre ; Guy Baltasar son père Ta esté.
DE LÀ VILLE DE GRENOBLE. ifi7
Parlement.
Il y a un Parlement fondé par le Dauphin Humbert , en 1337 , dans le lieu de Si Marcellin, soubs le titre de Conseil Delphinal transféré à Beauvoir en 1328 (sic) et en cette ville Tan 1340. Le Dauphin Loysluy eschangea son nom de Conseil en celuy de Parlement en 1453. Il y 'a 10 Présidents , 54 Conseillers y 1 Garde des sceaux, 3 Avocats généraux, 1 Procureur général, 9 Substituts, 8 Secrétaires, 11 Huissiers et. . . Procureurs, et 2 Chevaliers d'honneur. â;
Chambre des Comptes.
Une Chambre des Comptes très ancienne dont les Officiers estoient anciennement appelés Rationaux, unie au Parlement jusqu'en 1628 qu'elle en fust séparée. Il y a. . . Présidents, . . . Maistres, ... Correcteurs, ... Auditeurs, 1 Avocat gênerai, 1 Procureur gênerai, 4 Secrétaires, . . . Huissiers, , . . Procureurs.
Bureau des Finances.
Le Bureau des finances où il y a un premier Président créé
par éditdu 4 autres Présidents, , . . Trésoriers, un avocat
et un Procureur du Roy , . . . Secrétaires, . . . Huissiers. Ce fust en 1551 que le Roy Henry H créa des Trésoriers généraux. Charles IX les confirma en 1579. Il leur fut permis d'avoir des buraux en ....
BaiUiage.
Un Bailliage composé du Baillif , son Lieutenant appelé Général ou Vibaillif, un Lieutenant particulier, deux Assesseurs, un Avocat du Roy, un Procureur du Roy, un Substitut, un Greffier et un Huissier. Ce Bailliage est le premier de Graisivaudan. Le Baillif estant noble personnellement, le Vibaillif de même.
SS8 BI8CRIPTI0N mSTORIOVE
Élection.
Une Élection y crée en 1628, composée d'un Président , un Lieutenant, . . . eleus , lui Procureur du Roy , deux Greffiers , 4 Procureurs.
La Judicature y est alternative entre le Juge du Roy Dauphin et celuy de FEvéque. Il y a un Procureur du Roy et un Huissier. Chacun a son Greffier; les Procureurs du Bailliage y postulent.
Un Lieutenant général de police crée par édit du ....
Il y a un Chastelain qui est le Concierge des Prisons ; il peut juger jusques à 60 sols, suivant une ordonnance du Conseil Delphinal du 7 juillet 1889.
Il y avoit un Célirier; St Hugues en inféoda la charge en 1210.
U y a une Milice , ou Pennonage , de 18 compagnies.
n y avait une charge de Bannier dont TEveque pourveut le 1^ Janvier 1407 où il est dit qu'il pouvait flûre saisir le bétail en dommage.
Il y a trois Vigueriei, de Gière, de Portetreyne et de Glerieu.
Il y a un Hosiel de monnaye en la rue de St Laurent, autrefois à Isi Tronche hors de la porte de ce nom. U a cessé quelques années. Mais on Ta restabli. Ses monnoyes sont conformes pour le poids à celles de France, mais on y met les armes de Dauphiné escartelées avec celles de ce royaume, et la marque est la lettre Z. En un protocole de Pilati est la création des Officiers de la monnoye de la Tronche.
On y mesure le bled par quintal; celuy du froment y p^e 41 livres. La mesure est moindre que celle de Montibonod d'un 8» suivant un compte de 1523.
n y a un Péage qui est au Roy Dauphin.
Une Leyde suivant un registre tangent, gratian, fol. 375 qui marque la manière de la lever.
Saint Augustin parle de cette ville en sa Cité de Dieii^ liv. 2, chap. Vm.
Ayant parcouru le répertoire des titres de la Chambre des Comptes j'y en ay trouvé plusieurs qui concernent cette ville,
mais comme j'en ignore les années je n'ay pu leur donner un ordre chronologique en cette histoire, mais ils me paroissent essentiels , je n'ay pas cru les devoir supprimer.
Aul gêner alia fol. 255 est une taxe pour la vente des perdrix , et des conils en cette ville.
Au 6 copiarum fol. 69 est une déclaration concernant ses privilèges.
Au 19 generalia fol. 29 est un règlement entre les trois ordres au sujet de l'entrée du vin en cette ville.
En un chartulaire de cette ville de 1331, il est dist que le Dauphin avoit icy une leyde despuis la feste de St Jullien jusques à celle de tous les SS.
En un autre de 1361 , qu'il y avoit un four en la rué Chenoiss accensé à 6 d. et un gros Tourn. et 18 d. de plaît.
Au 2 copiarum cotté B sont ses limites.
Au 3 copiarum fol. 652 sont des lettres patentes du Roy au sujet des officiers de l'évêque.
Au livre de mandatis domini Humherti est la création d'un procureur fîscal en la cour commune avec défense d'occuper pour les autres que pour le Dauphin.
Dénombrement des chasteaux du ressort de la Cour msyeure de Grenoble et de leur valeur en un parchemain.
Inscriptions Romaines.
Après que Jules César eut conquis oeste province plusieurs Romains y furent establys pour y exercer des charges différentes, ou pour y jouir des récompenses de leurs services par la con* cession de plusieurs domaines , terres, ou seigneuries qu'il leur donna. Aux uns ce fust gratuitement aux autres soubs des redevances qui furent appelées cens , et plusieurs auteurs ont escrit, et entre autres Duarénus, que c'est l'origine du cens ou de la rente dont les Lombards compilèrent l'usage et la juridiction que l'Empereur Frédéric 1°^ confirma ou ajouta en 1178. Soit par ce moyen, ou par la seule intention ou volonté des Romains, plusieurs s'habituèrent dans cette ville comme on le connoit par plusieurs inscriptions 'qu'on y a trouvées. J'en vais donner quelques unes; je les tiens en partis^d'un recueil qu'en avoit Dût
Estienne Barlet , avocat en ce Parlement , qui vivoit Tan 1570 et que le célèbre Denys de Salvaing , seigneur de Boissieux , premier Président en la Chambre des Comptes y m'a communiqué. Chacun sçait qu'il n'estoit pas seulement sçavant en toute littéi^ure mais qu'il l'estoit de l'antiquité et qu'il avoit fait des curieuses et rares receptes, s'il ne s'estoit pas rendu immortel par sa vertu, son mérite , son sçavoir et son ouvrage et que je fusse digne de porter son nom à la postérité la plus éloignée, je luy devrois ce témoignage de la reconnoissance que je suis obligé d'avoir pour les marques obligeantes et sincères qu'il m'a donné de son estime et de sa bienveillance , et je dois ne l'oublier jamais.
Dnous reste peu des Inscriptions que je veux rendre publiques. Jean de St Marcel d'Avançon, avocat général en ce Parlement, avait eu le soin de faire porter, dans la maison qu'il avoit en cette ville, les pierres où plusieurs estoient gravées; cette maison ayant esté acquise par les PP. Minimes ils n'en ont pas connu le prix, car ils les ont fait ensevelir dans les fondements de leur église. N'est-ce pas une espèce de barbarie, ou si Ton veut d'une crasse ignorance I Quel outrage à la sacrée antiquité, et quelle injure à la curiosité des sçavants qui doivent encore une grande obligation aux recherches de Barlet.
Comme toutes les Gaules estoient payennes, il est certain que ee qui compose aujourd'huy le Dauphiné et qui compose une partie de la Celtique l'estoit de mesme.
Les premiers roys gaulois estendirent leur domination despuis le Rhin jusqu'à la Méditerranée, ainsy la ville de Grenoble, soubs le nom de Cularo, n'eut pas d'autre culte que celuy des dieux des payens.
Lorsque Jules César vînt dans les Gaules, et qu'il séjourna mesme longtemps à Vienne ^ il trouva que ce pays adoroit ses dieux, et les empereurs payens qui luy ont succédé n'y ont pas commis des tribuns , des préfets et des presteurs qui ayent eu une autre religion.
Les Flamines , les Flaminiques et les autres prestres qu'ils y ont souffert n'y ont pas fait d'autres sacrifices qu'à la manière des payens, aussy avons nous eu des Inscriptions qui nous ont appris les noms de leurs dieux, ceux de leurs prestres, et de ceux qu'ils ont commis au gouvernement de ce pays.
Ce ne furent apparemment que des gens de distinction et relevés qui ont eu le soin de consacrer leur nom et leur mémoire à la postérité. Nous le connoistrons par les termes avec lesquels ils se sont expliqués en leurs inscriptions ou épitaphes.
Il est certain que [les dieux révérés par les payons Font esté en cette ville. Nous' avons eu des inscriptions dédiées à Junon, à Mercure et à quelques autres de ces fausses divinités. Eh voicy deux qui le prouvent.
MERCURIO NUMINIB. AUC