PLACET AU ROY
OmE,
Jamais Prince n'a sçû si bien que Vôtre Majesté le difficile art de régner. Les Souverains n'auront à l'avenir qu'à étudier l'Histoire de vôtre vie, pour se rendre dignes de leur rang en Vous imitant. Aussi quelque éclatante que soit la gloire des Charles, des Philippes, et des Louis entre vos Prédécesseurs, celle de Vôtre Migesté la surpasse, ou l'égale. Elle est l'ouvrage admirable de vos Vertus héroïques, SIRE, mais permettez*nous de dire, qu'il faut nécessairement que son immortalité soit celuy de la plume et du cizeau. Sans cet heureux secours la mémoire des grandes actions n'est pas de longue durée. Il n'y a d'immortalité sur la Terre que celle qu'il donne. LeDauphiné, qui a eu l'honneur dans vos premières années, de Vous communiquer son nom dans le titre de Dauphin , a déjà cet avantage, que la plume de quelques-uns de ses Gens de lettres s'est distinguée avec assés de succez dans cette fonction. La ville de Grenoble en est la Capitale par l'établissement de la Politique , et elle mente de l'être par sa fidélité inviolable, et par son zèle respectueux ; ne cédant en cela à nulle autre de la Monarchie. Elle s'est proposée d'employer encore le cizeau pour contribuer autant qu'il luy sera possible à l'éternité de vôtre auguste Nom, qui luy est plus que sacré. Ce sera , SIRE, en érigeant une Statue à Vôtre' Majesté dans la principale de ses Places publiques, si Vous luy faites la grâce de luy en donner la permission. Ses Echevins ont été chargez par une Délibération solemnelle de supplier très humblement Vôtre Msgesté, comme ils font, de la leur accorder.
A GRENOBLE
Chez A. FREMON , Imprimeur de Monseigneur l'Intendant,
en la Place S. André,
à l'entrée de l'Hôtel de Lesdiguieres , 1685.
LES
PRESIDENS VNIQVES
ET
DU